Toujours et jamais, ces adverbes extrémistes

Depuis quelque temps, je remarque que mes enfants utilisent de tout-petits mots qui résonnent à mes oreilles avec la délicatesse d’un bulldozer. Lorsqu’ils s’expriment, ils y vont dans les extrêmes, sans nuance ni retenue. À partir du moment que ces paroles extrémistes et agaçantes ont été une révélation pour moi, mes oreilles ont été à l’affût de ces paroles sans appel ni retour. Malheureusement, le constat fut prévisible, la majorité des êtres humains les utiles avec aisance et à toutes les sauces.

Nous avons tendance à les utiliser autant dans les critiques que dans les généralités de la vie courante.

Je ne serai jamais capable…

Tu es toujours en retard.

Il fait toujours froid.

Nous n’aurons jamais des bonnes notes .

Vous ne serez jamais capable de respecter les consignes.

Ils se moquent toujours de moi.

Ces petits mots qui nous viennent si rapidement en bouche ont une énorme portée négative sur nos perceptions et celles d’autrui. Elles créent une ambiance lourde où aucun espoir n’est permis. Ils ajoutent du mordant à nos critiques reproches.

Une personne qui a de la difficulté à s’organiser et qui depuis son plus jeune âge se fait dire qu’il est toujours en retard finira par assimiler qu’être retardataire est un trait de sa personnalité qu’il ne peut pas changer.

Une personne qui utilise ses mots en lien avec la météo sera probablement dépressive à longueur d’année. Pourquoi planifier des vacances, il mouille toujours, peu importe où je vais? 

Un enfant qui se fait dire régulièrement par son parent exaspéré «tu ne m’écoutes jamais» aura peut-être inconsciemment ou non le réflexe de ne plus écouter attentivement, car peu importe, l’idée de son parent est déjà faite à son sujet. En plus, il risque de vivre de la frustration ou de l’angoisse en sa présence.

Que ces extrêmes soient utilisés de vive voix, en sous-entendu ou encore en musique d’ambiance dans votre tête, sachez les repérer et les modifier. Il y a une expression qui dit que l’on doit tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler et je crois que prendre quelques secondes supplémentaires avant d’exprimer ce que l’on ressent à autrui nous permettra de faire un choix de mot plus nuancé.

Lorsque je dis «modifier», je ne fais pas seulement référence au vocabulaire, mais aussi à notre perception des choses, des évènements, des situations, d’autrui et autres. Depuis quelques années, j’essaie de voir une même situation sous divers angles et je dois avouer que parfois, mon opinion change naturellement, tout comme les émotions plus négatives comme la jalousie, la frustration et l’angoisse.

Pour aider nos enfants à nuancer leurs propos et à être plus ouverts d’esprit, il faut tout simplement commencer par changer notre propre façon de communiquer, de percevoir notre environnement et la vie en générale. On peut aussi aider notre enfant à voir l’autre côté de la médaille à l’aide de questions qui l’amèneront à pousser plus loin sa réflexion. On peut aussi utiliser l’humour pour mettre en évidence sa perception fataliste. Par exemple, si votre enfant bougonne devant la fenêtre en vous disant «c’est vraiment plate, je ne peux jamais jouer dehors, car il pleut toujours», vous pouvez lui dire avec un petit air rieur «ah oui, il pleut tous les jours depuis un mois ?».

Toujours et jamais, deux adverbes que l’on peut doit mettre de côté sauf en situation de réel drame, de situation fatale.

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