Souffrez-vous du syndrome de la poule pas de tête ?

L’année dernière, j’ai écrit le texte Syndrome de la poule pas de tête dans un contexte où la mère que je suis était à bout de souffle de courir sans cesse, sans trop savoir pourquoi ni quelle direction emprunter pour atteindre le fil d’arriver. Je voulais cuisiner de bons petits plats pour ma tendre famille, avoir une cuisine étincelante de propreté et des toilettes bien récurées, tout en jouant à la cachette avec mes fillettes et en jonglant avec mes mille et un projets. Je voulais discuter avec mon amoureux, un thé à la main, dans une ambiance digne des spas et pouvoir déguster chaque bouché de mes repas santé. Je voulais répondre aux nombreuses demandes de mes deux enfants avec une patience à toute épreuve, même contre les appels incessants de «mamans» déployés sous toute une gamme d’émotions et de volume. Entre vouloir et avoir, il y a la réalité pour nous rappeler que rêver n’égal pas travail acharné. À cette époque, je me culpabilisais pour tout ce que je croyais devoir être et que je n’étais pas, selon mes perceptions perfectionnistes de ce qu’était un bon parent. 

J’avais traité ce sujet du point de vue d’une mère, car c’est ainsi que je me définissais en premier lieu à l’époque, pas si lointaine j’en conviens. Depuis, j’ai réalisé que nous sommes avant tout des êtres à part entière accomplissant différentes tâches en fonction des rôles que nous occupons. Être parent est un rôle parmi tant d’autres et malgré l’immense importance que nous lui accordons, il n’a pas l’exclusivité du «syndrome de la poule pas de tête».

Suis-je la seule qui parfois fonctionne tel un automate, tentant de cocher le plus de tâches possible sur la liste des «choses à faire», oubliant même parfois de respirer et de prêter attention aux gens qui l’entourent ?

Si tu réponds à la négative à cette question, il se peut que, tout comme moi, tu disposes de ce syndrome  non scientifique, inspiré de la célèbre expression «courir comme une poule pas de tête».

Tu es probablement une poule pas de tête si…

Tu marches d’un pas déterminé vers une pièce de ta maison et une fois rendue, tu te demandes ce que tu étais venu y faire.

Au moment de te coucher, tu te rends compte que ton lit est recouvert d’une montagne de vêtements à plier que tu as tristement oubliée, car tu accomplissais simultanément d’autres tâches. Ces dernières ont-elles eu la chance d’être complétées ou furent-elles, à leur tour, abandonnées de façon cavalière ?

Tu éprouves de la difficulté à prendre une pause pour écouter d’une oreille attentive ton interlocuteur, sans faire autre chose en même temps ni penser à ce qui pourrait être fait.

Pourquoi s’impose-t-on cette course folle quotidienne ?

Selon mes observations et constats de la vie, plusieurs d’entre nous portent des lunettes anti-bonheur qui amplifient les petites choses agaçantes du quotidien. Les êtres perfectionnistes en portent et s’assurent de leur propreté constante afin de s’assurer de corriger toutes imperfections se trouvant sur leur passage. Ce n’est donc pas surprenant, avec cette vision irréaliste, que nous courions dans tous les sens question de corriger un maximum d’éléments défaillants dans les différentes sphères de notre existence.

Est-ce réaliste comme démarche considérant l’ampleur de ces tâches sans fin et du fait que nous n’avons aucun contrôle sur ce qui nous est extérieur ? 

Certains croient que s’ils n’y parviennent pas, c’est qu’ils sont incompétents. Ces derniers réagiront soit en déserteur de leur propre existence en choisissant, parfois inconsciemment, de faire seulement le minimum pour assurer leur survie afin de se protéger du sentiment d’être en échec constant. À l’opposé, certains réagiront en guerrier, en redoublant leurs efforts au détriment de leur santé mentale et de leur vie sociale afin de se prouver qu’eux aussi peuvent promouvoir leur vie parfaite comme les starlettes de ce monde. Le seul hic, c’est qu’il n’y pas que leur corps qui sont photoshopés, leur vie médiatique aussi. Est-ce logique de vouloir comparer notre «vraie vie» avec leur vie artificielle ?

Certaines personnes semblent aimer cette course effrénée quotidienne qui les revigore et les stimule à poursuivre. Tandis que d’autres, au contraire, se sentent épuisées, déconnectées de la réalité et de leurs objectifs de vie. Quand ce marathon devient un mode de vie qui nous malheureux, il est temps d’agir avant que nous nous effondrions telle une poule à l’agonie.

Quelques trucs pour ralentir afin d’être productif et serein: 

1- Faire des listes de «choses à faire» plus réaliste, avec possibilité de repousser à une date ultérieur. Se fixer un seul objectif prioritaire par jour et les autres,  c’est si le temps et l’humeur le permettent.

Notre liste des «choses à faire» pour la journée est généralement irréaliste, ne tenant pas compte des imprévus, des baisses d’énergie de fin de journée et des gens qui nous entourent. Nous avons tendance à faire plus d’une chose à la fois, désirant augmenter le rythme et réussir avec brio tout ce que l’on entreprend. Puis, nous devenons épuisés, moins concentrés et moins efficaces dans nos tâches.  À cela s’ajoute la possibilité de ressentir de la culpabilité en raison de notre indisponibilité pour nos proches ainsi qu’un sentiment d’incompétence.

2- Être capable de dire non, sans avoir recours, idéalement, au mensonge pour esquiver une invitation.

3- Prendre des pauses pour refaire le plein d’énergie et respirer profondément.

Nous pourrons ainsi réfléchir efficacement, avec jugement et faire des choix en fonction de ce qui nous importe réellement.

4- Organiser notre agenda et notre environnement de façon à maximiser notre temps et augmenter notre joie de vivre.

C’est plus agréable et productif lorsque nous n’avons pas à faire une battue pour retrouver nos clés de voiture chaque matin ou encore, le chargeur de notre cellulaire. C’est bien de travailler, mais il faut aussi prévoir du temps pour s’amuser. On peut aussi avoir du plaisir tout en accomplissant notre boulot.

5- Prendre des notes de ce qui nous passe par la tête et que nous jugeons utile afin de ne pas les oublier.

Utiliser notre cellulaire est une meilleure option que nos petites notes écrites sur des Post-it, éparpillés, égarés et éventuellement oubliés.

De mon côté, plus je vieillis, plus je ressens l’appel de la simplicité, de la légèreté et de l’authenticité. J’ai envie de profiter davantage de la vie et  trouver l’équilibre entre les différentes sphères de celle-ci. Je ne veux plus courir comme une poule pas de tête, car il se trouve que contrairement à elle,  j’en ai une. Je compte bien l’utiliser à bon escient afin de profiter, en toute conscience et sereinement, de chaque instant de plaisir et d’épanouissement que l’avenir me réserve.

 

 

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