Une vie zen : Est-ce vraiment ce que je veux ?

Quand je dis zen, ce n’est pas juste faire quelques séances de yoga par semaine, je parle d’un mode de vie complètement calme et serein. La zénitude, sérénitude : 24h/24, 7 jours/7, beau temps mauvais temps…

La vie va si vite. Mais pas moi. Du moins, plus maintenant, selon les réactions de mon corps et de ma tête. Par contre, mon coeur et mon âme semblent d’avis contraires; ils vagabondent sans cesse dans tout mon être, à la recherche d’une issue, mais il n’y en a pas!

À l’intérieur de moi, ça rugit comme un lion prêt à attaquer sa proie et ça gronde comme le tonnerre qui se déchaîne et dont nous ne pouvons ignorer la prestance. Ça tremble aussi, comme un tremblement de terre de faible intensité, avec de petites fluctuations de temps à autre, et ce depuis très longtemps. En fait, du plus loin que je me souvienne pour être bien franche!

Tout mon être semble confus, peut-être même en désaccord sur la tangente à prendre afin que mon corps, ma tête, mon coeur et mon esprit soient en parfaite harmonie, en équilibre, en homéostasie.

J’ai besoin de bouger, de laisser courir mon lion dans la savane; de permettre à mon énergie de se libérer, mais mes muscles sont comme les chaînes d’un pont-levis lorsque le gardien aperçoit l’ennemi, elles se rétractent et l’envahisseur frappe un mur.

J’ai besoin de me détendre, de prendre de grandes bouffées d’air frais… Mais le tonnerre qui m’habite préfère de loin la musique rythmée, expressive et explosive, que le chant des baleines du sud de la Californie. Alors, après quelques minutes à me faire à croire que dans une autre vie je devais probablement être une moniale bouddhiste, ne parvenant plus à me retenir davantage, je laisse échapper un soupir qui en dit long sur mon niveau d’impatience. Puis, je me relève en maudissant mon être d’être aussi immature en entretenant une vieille querelle dont j’ai l’impression qu’aucune des parties en cause ne se souvient du quoi, où, quand, comment et surtout, POURQUOI ils en sont arrivés là…

Il y a de fortes chances que vous aussi vous ayez oubliés quelque chose… Mais de quels «partis en cause» parle-t-elle ? Je parle de mon corps, ma tête, mon coeur et mon âme!

Au fond de moi, je sais que c’est à moi que revient le mandat d’agir à titre de médiatrice entre ces divers partis; de les écouter, de leur faire des propositions, de leur apprendre à faire des compromis, sans maugréer… Difficile à faire et vachement épuisant par moment, surtout quand chacun dit ce qu’il pense en faisant fi des conventions usuelles de politesse.

Bref, dans ce tumulte intérieur, je me demande sincèrement comment devenir une personne sereine, zen et inébranlable devant l’adversité.

Peut-être aussi que cette façon de vivre (sérénitude / zénitude) au jour le jour n’est tout simplement pas faite pour moi… En fait, j’en suis certaine, car ça ne respecte pas le besoin de certaines parties de mon être…

Et si je faisais fausse route en ce qui concerne ma vision de ce que c’est «être zen»?

Après tout, mon image d’un Yogi vêtu de blanc et s’enfilant une ligne de rayon de soleil chaque matin, lors de son levé, buvant que de l’eau pure de l’Himalaya, mangeant que luzerne et tofu, et s’adonnant à une séance de yoga matin, midi et soir me semble quelque peu exagéré…

Bon, j’sais ben que ce que j’ai écrit n’était que pure fiction, mais c’était ma façon de représenter l’intensité poussée à l’extrême que certaines personnes en déroute peuvent choisir comme mode de vie survie. Et moi, je ne veux pas «survivre» à ma vie, je veux la VIVRE!

Pour moi, zen, c’est être bien, être serein. J’ai regardé la définition de sérénité, sur Larousse.fr:

« État de calme, de tranquillité, de confiance sur le plan moral. ».

Peut-on réellement être, en permanence, dans cet état ?

Moi personnellement, je n’y crois pas.

Ce qui capte mon attention dans la définition, c’est « confiance sur le plan moral », donc avoir confiance en soi, en ses capacités… Si on réussit à avoir une véritable confiance sur le plan moral, nous devrions, selon ma logique du moins,  nous sentir en sécurité, donc de ne pas être en mode « survie », alors d’être en mesure de prendre le temps de chercher diverses suggestions et solutions qui sont à notre portée.

À partir de là, pour une vie saine et adaptée à nous, à nos besoins, on peut piger, tel un menu à la carte, une idée, un concept qui nous interpelle, ici et là, un peu partout, sans se restreindre à une seule proposition. Notre vie ressemblera peut-être à un repas gastronomique cinq services ou encore, à un véritable buffet!!!

En y réfléchissant bien, la sérénité (ou la zénitude) c’est quand on se sent profondément bien, paisible, en paix avec soi-même et j’oserai même dire léger. Puis, ce qui nous procure cet état de bien-être est propre à chacun de nous. Chacun à sa propre recette: ingrédients spécifiques, quantités uniques. Les grands chefs disent, il me semble en tout cas, que c’est important de connaître ses bases en cuisine, mais qu’il faut aussi user d’intuition, de créativité et d’audace pour inventer un plat aux saveurs incroyables. Cela s’applique aussi à la vie…

Et la mienne, je la veux colorée et rafraichissante, avec des pauses « thé vert, livres ouverts et contemplation de l’univers »!

Et toi, ta vie, tu la veux comment ?

 

La nuit porte-t-elle vraiment conseil ?

On connait tous le proverbe « la nuit porte conseil » utilisé par quiconque devant un esprit tourmenté pour l’inviter à aller au lit se reposer afin de refaire le plein d’énergie physique, éclaircir dans sa tête les possibilités/solutions s’offrant à lui devant ses soucis.

Quand je me suis mise au lit la veille, mon corps me faisait encore subir, après quelques heures de douleurs, le fait que j’avais ignoré ses avertissements au profit de tâches ménagères banales, récurrentes, mais essentielles telles que la vaisselle et la lessive. Physiquement, ce n’est clairement pas moi qui avais le contrôle, mais je savais que psychologiquement c’était moi qui étais aux commandes et que c’était à moi de choisir le plan de match pour la suite des évènements.

La meilleure option était d’offrir à mon « adversaire temporaire » ce qu’il réclamait depuis que mes mains avaient terminé de laver les assiettes pleines de miettes de mes fillettes, sans négociation, soit offrir le repos à ce corps me donnant l’impression d’avoir subi une ruée de coups lors d’une bagarre dans une ruelle par des agresseurs fantômes. Je me suis endormie immédiatement, sauf qu’au courant de la nuit, deux situations hors de mon contrôle ont perturbé mon sommeil; mes deux filles qui l’une après l’autre, après un bref retour dans les bras de Morphée, me réclamaient et sollicitaient le déplacement de mon être jusqu’à leur chambre.

Lorsque la musique sonnant le réveil pour mon conjoint et ma fille devant se préparer pour une journée au boulot/à l’école, j’ai eu besoin d’une quarantaine de minutes pour émerger et m’assoir dans mon lit, telle une épave échouée à la fin du jour précédent et constatant, au levé du suivant, que son corps était dans le même état; rien ne s’était amélioré et ayant pour seule consolation qu’au moins rien ne s’était détérioré.

Difficile de débuter une nouvelle journée avec du soleil dans le cœur quand même Dame Nature n’a pas jugé bon de se pointer, ayant même le culot de m’informer via l’appli. Météo Média que ce n’était pas du tout dans ses plans de venir faire acte de présence dans mon coin, car après tout, un nouveau jour n’est pas une raison suffisante de célébrer et répandre ses puissants rayons! ÇA, c’est son opinion, pas la mienne!

Malgré que je sois généralement de nature optimiste, il m’arrive parfois dans des situations comme celle que je vis en écrivant ces lignes, de me sentir envahit par le désespoir, laissant le doute en mes capacités de résilience, d’adaptation, se faufiler et ouvrir la porte de mes craintes refoulées face à l’obtention de la vie que j’ai rêvée par le passé puis modifiée à maintes reprises dans les derniers mois démontrant que je suis pleinement consciente de ma nouvelle réalité et de mon fort désir de m’y adapter. Par contre, tout comme mon corps, mon esprit à ses limites et sur certains aspects, il refuse toutes négociations.

Après cette vague de découragement, mon combattant intérieur, mon véritable allié, depuis le jour de ma naissance prématurée, est venu réitérer sa fidélité et son engagement à combattre avec fierté et dévouement à mes côtés. L’espoir m’a envahi de nouveau, c’est alors que je me suis levé, j’ai salué ma gang, j’ai préparé mon smoothie énergie d’un vert douteux et j’ai trainé mon corps manquant de coopération jusqu’à ma lampe de luminothérapie.

La nuit porte-t-elle vraiment conseil ?

J’aurais tendance à répondre par l’affirmative, à condition d’accepter la présence de son combattant intérieur… et de ses proches bien aimés et bien aimants.

Mon combattant m’a dit, avec un accent français : « Donne m’en cinq » en grimaçant un clin d’oeil, fier de ma décision, brandissant dans les airs sa main prête à recevoir la mienne. J’ai souri et tout en tapant dans sa main, j’ai répliqué :

« Je n’ai pas dit mon dernier mot, tiens-toi bien, on fonce dans la vie nous aussi! »

Les petites attentions de l’être aimé, les voit-on ?

 

Voir ou ne pas voir n’est pas seulement une question de santé visuelle. Entendre ou ne pas entendre n’est pas seulement une question de santé auditive. Et si plusieurs de nos difficultés relationnelles, dont celles vécues de temps à autre au sein de notre couple, avaient pour cause les messages reçus par notre cerveau?

 

Demain, c’est la St-Valentin. Cette fête où l’amour est supposé être mis en valeur et non pas le cash que ça prend pour acheter un méga cadeau à son valentin ou à sa valentine. L’amour devrait être mis en valeur tous les jours, de façon spontanée et naturelle, pas seulement une fois par an!

Dimanche dernier, j’ai réalisé à quel point mon conjoint était un amoureux attentionné et que certains de ses petits gestes à mon égard n’étaient pas retenus par mon cerveau comme étant significatifs, importants. Pourtant, ils le sont! Je n’avais pas encore pris conscience de toutes ses petites attentions quotidiennes qu’il me porte tout bonnement, par affection, par amour, par souci de mon bien-être.

 

Et c’est là que mon alarme culpabilité s’est faite entendre :

«Et toi, que fais-tu pour lui, par affection, par amour, par souci de son bien-être ?»

 

Puis, j’ai défilé dans ma tête les souvenirs des derniers mois. J’ai pu arrêter mon système d’alarme interne, car sans m’en rendre compte, j’avais moi aussi été attentionné à son égard en posant de petits gestes anodins, gratuits, rien de grandiose, mais démontrant que je me soucie réellement de lui.

 

Se pourrait-il que l’on oublie parfois que dans la vie tout ne s’évalue pas à coup de données, de statistiques et d’argent ?

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Parfois, j’entends des gens critiqués leur conjoint, de façon subtile, ou pas du tout, leur reprochant, entre autres, de ne pas se soucier d’eux. Suite à ma prise de conscience, je me questionne à savoir si les reproches de ces conjoints frustrés sont réellement fondés.

 

Est-on devenu aveugle en amour lorsque le train-train quotidien nous a ajoutés sur son trajet ?

 

Il y a quelques années, j’ai réalisé que j’avais de la difficulté à vivre le moment présent. Mes yeux regardaient et mes oreilles écoutaient, mais pas mon cerveau. Étant occupé à traiter des dossiers plus prioritaires que MOI je lui avais ordonné. Encore aujourd’hui, il m’arrive d’oublier que l’essentiel dans la vie, c’est d’avoir conscience qu’au-delà de la nôtre et de nos préoccupations, la vie est partout, sous différentes formes et continuellement en mouvement.

Quand ça ne va pas, je prends une marche et observe avec attention la nature, les animaux, les insectes, les piétons et les automobilistes, et je me dis que peu importe mes soucis, ce n’est pas la fin du monde; la terre continue de tourner et la vie de se manifester. Ce que je vous décris n’a rien d’extraordinaire et ce n’est pas un concept nouveau, c’est ce que l’on appelle « la pleine conscience ».

Pas étonnant que l’on ne perçoive pas toujours totalement ce que notre conjoint dit ou fait pour nous, pour notre couple si l’on considère que vivre pleinement l’instant présent demande toute notre attention et notre volonté, ce qui est souvent incompatible avec le style de vie que l’on a choisi.

L’amour n’est pas matériel ni monnayable, c’est un sentiment qui nous habite, jour après jour, pas seulement une fois par année à l’occasion de la St-Valentin. Il faut voir le 14 février comme un rappel aux amoureux qu’il ne faut pas prendre l’autre pour acquis, se demander si on lui offre toute l’attention qu’il mérite chaque jour et si la place que l’on fait à notre couple dans notre vie nous convient vraiment.

La Saint-Valentin, bien évidemment, ne sert pas à se rattraper pour les fautes commises durant l’année ou à quantifier notre amour à coup de chocolats et de roses. Un simple souper en tête-à-tête, sans distraction technologique à notre portée (on devrait les exclure plus souvent, on est devenu intoxiqué et ça affecte la qualité de nos relations) à discuter comme on le faisait à nos débuts, de nos rêves, de nos désirs, de nos projets respectifs et communs.

Je crois que c’est important de développer des projets en amoureux, petits ou grands, à court, moyen ou à long terme, ça nous permet de partager autre chose que notre simple quotidien, ça nous sort de notre routine, de notre zone de confort et ça nous offre des occasions de voir ou même de redécouvrir la personne que l’on côtoie chaque jour, mais dans un autre contexte.

 

La prochaine fois que notre amoureux nous prépare à déjeuner, nous offre un verre de vin à notre retour du boulot, masse notre dos endolori ou tout simplement, nous ouvre ses bras, suspectant quelconque tracas et tout en nous caressant le dos, nous demande ce qui nous tourmente, disons-nous que ÇA, c’est une preuve que notre partenaire s’intéresse et se souci sincèrement de nous.

 

Questions à mijoter en ce mois où le rouge, le rose et les  de tous formats sont omniprésents :

 

Et vous, quels sont les petits gestes quotidiens que vous faites avec plaisir pour votre amoureux ?

Et de son côté, quels sont les petits gestes qu’il fait pour vous ?

Comment réagissez-vous à ses petites ( parfois plus grandes) attentions ?

Et lui, comment réagit-il à vos petites (parfois plus grandes) attentions ?

 

Vos réponses seront probablement une source d’inspiration pour certains, et pour d’autres, une prise de conscience.

 

 

Bonne Saint-Valentin les amoureux! 

 

 

10 façons d’être un modèle à suivre pour nos ados

 

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Lorsque Le Huffington Post Québec m’a invité à participer au projet “Tête à têtes” sur la santé mentale des adolescents, j’ai dit oui sans aucune hésitation. Je n’ai pas de contacts avec ce groupe d’âge depuis que je suis majeure, soit quinze ans. Par contre, j’observe et analyse les différents messages, souvent incohérents, que l’on envoie aux adolescents depuis leur plus jeune âge.

J’ai effectué un court sondage auprès des adolescents et des parents via les réseaux sociaux, afin de prendre le pouls sur la réalité des ados d’aujourd’hui. J’ai pu constater que leurs préoccupations sont les mêmes que j’avais à cet âge. Les thématiques sont presque les mêmes que celles des adultes, mais vécus différemment, comme l’amour, l’amitié et l’avenir. La seule différence entre les ados de ma génération ainsi que les précédentes et ceux des dernières années, c’est la présence des réseaux sociaux et du web dans leur vie.

Lorsque j’étais adolescente, j’observais les adultes et j’analysais leurs faits et gestes. J’utilisais mes observations pour réfléchir à qui je voulais être et surtout ne pas être, lorsque je serais en âge de quitter le nid familial et voler de mes propres ailes.

Je savais que je voulais exercer un métier dont je serais fière et motivée à me lever chaque matin pour m’y rendre. J’avais de l’ambition et je voulais croire que tout était possible. Je voulais être avec des gens confiants, déterminés et carburant avec cette énergie puissante et fort stimulante. Je trouvais pathétique et déprimante l’idée de passer ma vie active à rêver de ma retraite.

Je savais que je voulais être heureuse et entourée de gens dans ce même état d’esprit.

Je savais que je ne voulais pas accorder plus de temps aux tâches ménagères qu’aux gens que j’aime.

Je savais que je ne voulais pas que mes discussions sociales soient basées sur les commérages et les jugements.

Je savais que je ne voulais pas avoir besoin d’alcool ou de drogue pour relaxer et m’amuser.

Je savais que je ne voulais pas vivre dans la fumée causée par la cigarette.

Je savais que je voulais être libre de penser, de choisir et d’être qui je suis réellement, sans cachoterie ni artifice.

Je savais que je ne voulais pas d’une vie où mes sujets de prédilections seraient en lien avec le poids, l’importance de la minceur pour se balader en bikini, le maquillage pour dissimuler mes imperfections, les gestes à poser pour être l’amante rêvée de tous les mecs de la planète, les exercices à faire pour avoir des fesses du tonnerre à en faire baver la gent masculine et rendre dingue de jalousie les bonnes femmes. Bref, les sujets superficiels que l’on retrouvait dans les magazines féminins et les mêmes que l’on retrouve encore aujourd’hui dans les versions papier et électroniques, sous différentes formes.

Maintenant que je suis adulte à mon tour, je ne peux ignorer le fait que je suis un modèle de comparaison pour quelqu’un, quelque part.

Question d’augmenter mon niveau d’anxiété de performance quotidien ainsi que celui de mon amoureux, nous sommes aussi parents deux filles âgées de 5 et 8 ans. Dans quelques années, notre progéniture sera en mesure d’observer et d’analyser notre vie d’adulte. Elles se feront une idée, plus ou moins précise, de ce qu’elles veulent ou ne veulent pas pour l’avenir.

C’est pour cette raison que je crois qu’il est important, pour les adultes en général, mais davantage pour nous, les parents, d’être à l’image de qui nous sommes réellement, sans se laisser influencer par la une superficielle de certains magazines et des émissions de téléréalités promouvant la minceur, les gros «pipes», les gros «totons», la dérive du jugement, du bon goût et de l’intelligence de la race humaine.

10 façons d’être un modèle à suivre pour nos ados

1- Leur montrer «qui nous sommes réellement», mais avec indulgence et dignité à notre égard.

2- Acceptez, sans dissimuler ni critiquer, ce que nous considérons comme nos imperfections physiques, mais aussi psychologiques.

3- Reconnaitre et mettre en valeur nos forces, nos talents et nos passions.

C’est une excellente idée de mettre en évidence ce que nous trouvons joli de notre corps, mais mettons autant, sinon plus d’énergie, à prendre soin, à cultiver et à partager nos valeurs et notre intelligence.

4- Nous accorder le droit a l’erreur, sans se torturer et se mépriser, en le percevant comme une occasion d’apprentissage et non comme un échec.

5- Savoir s’excuser avec sincérité, sans s’apitoyer sur son sort, si on a commis une erreur affectant la vie d’autrui.

6- Reconnaitre et accepter le fait que nous ne savons pas tout. Nous aurons toujours des choses à apprendre et nos «enseignants» seront autant des adultes que des enfants, des hommes que des femmes, des riches que des pauvres.

7- Vivre un jour à la fois. C’est normal de planifier nos rendez-vous et nos prochaines vacances, mais il faut savoir s’adapter et improviser face à l’imprévu. L’imprévu n’est pas seulement d’ordre matériel, c’est aussi l’être humain, avec ses émotions, ses désirs et sa santé globale.

8- Être conséquent entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Si on dit à nos enfants qu’ils passent trop de temps devant leurs écrans, mais que c’est exactement ce nous faisons aussi, nous perdons toute crédibilité. Nous risquons d’engendrer de la frustration et de les voir manifester devant l’injustice qui gronde dans notre maison, avec raison à mon avis. C’est aussi la même chose en ce qui concerne les valeurs qui nous habitent, que l’on clame et les actions que l’on pose.

9- Agir avec autrui, ce qui inclut nos enfants, comme on désire que l’on agisse avec nous.

10- Savoir utiliser les différentes ressources mises à notre disposition quand nous avons besoin d’aide psychologique. Parler aussi ouvertement de notre dernier rendez-vous chez notre psy que celui de routine chez notre médecin de famille ou notre dentiste.

Bref, pour être un bon modèle pour nos enfants, on se doit d’être authentique, cohérent et conséquent.

 

 

 

 

* Ce texte a initialement été publié sur  Le Huffington Post Québec et il fait partie de la série Tête à têtes.

Mes 10 constats pour une vie saine et sereine dès l’adolescence

J’étais une fille ordinaire, peu populaire et très studieuse. De mon point de vue, les autres me trouvaient énervante et sans intérêt. L’adolescente que j’étais ne s’aimait pas, s’estimait peu, souffrait d’un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et d’anxiété généralisée, non diagnostiqué à cette époque.

Je réalise que mon «cerveau avait besoin de lunettes» et que mon cœur avait besoin de câlins. Je me sentais différente, une une extraterrestre parmi les terriens et j’aimais beaucoup cet aspect de ma personnalité. Par contre, je me sentais dans une classe à part, jugée, voire rejetée par les ados normaux.

En apparence, je pouvais donner l’impression d’être confiante, de tout savoir et d’avoir une opinion sur tout. Au fond de moi, c’était tout le contraire. J’essayais de préserver mon orgueil, prévenir les éventuelles moqueries et combler mon besoin d’attention, peut-être aussi d’affection.

Il y a neuf ans, après un un évènement marquant, a débuté la route des changements en direction du bonheur et de la zénitude.

Grâce au soutien psychologique de mon entourage, à la médication pour le TDAH, aux rencontres avec des psychologues et à ma personnalité, j’ai appris et compris que dans la vie, tout part de soi.

«Dans la vie, tout part de soi», si j’avais compris cette notion psychologique et sociale, au début de mon adolescence, cette période de ma vie aurait été plus heureuse et harmonieuse. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, je vous partage dix de mes constats pour une vie saine et sereine.

Ce que j’aurais voulu comprendre à l’adolescence:

1- Pour aimer sainement, il faut d’abord s’aimer soi-même.

2- Pour être respecté, je dois tout d’abord me respecter et respecter les autres.

Au-delà des formules de politesse que l’on nous a apprises, il faut être capable de s’affirmer et être à l’écoute des autres. Par exemple, être capable de dire «non» quand nous ne voulons pas et accepter le «non» des autres sans reproche ni moquerie.

3- Pour que les autres s’intéressent à moi, je dois tout d’abord m’intéresser à eux, avec sincérité.

4- La seule chose que je peux contrôler dans ma vie, c’est mes choix.

Étonnamment, j’ai toujours un choix à faire. Les options proposées ne me satisfont peut-être pas, mais je peux malgré tout choisir celle qui me convient le mieux. Je suis la seule responsable de mes actions et réactions.

Un mauvais choix ne signifie pas que je suis une mauvaise personne, seulement que je suis humaine et que je me suis trompée. Je peux choisir de me pardonner, de m’excuser, de réparer mon erreur, de discuter avec une personne de confiance de mes difficultés ou de mes inquiétudes, etc.

5- Un problème ne vient jamais seul. Si je suis attentive, patiente et courageuse, les solutions se présenteront à moi le moment venu.

6- Demander de l’aide ne signifie pas que je suis faible. Au contraire, ça démontre que je suis une personne forte, persévérante et déterminée.

7- Je dois accepter mon passé, vivre pleinement le moment présent et percevoir mon futur comme une histoire que je n’ai pas encore écrite.

Ce n’est pas grave si je n’ai aucune idée de ce que je ferai dans un mois, un an, cinq ans ou dix ans. Le plus important, c’est de vivre pleinement le moment présent, une minute à la fois. Ce n’est pas parce que je suis attristée ou en colère présentement que je serai dans le même état d’esprit dans une heure. Ce que j’aime du futur, c’est qu’il est inconnu et plein de possibilités!

8- Je dois me méfier de mes perceptions.

J’ai réalisé en regardant de vieilles photos de moi à l’adolescence que j’étais plus jolie que ce que je croyais à l’époque. J’avais établi mes critères de beauté en fonction des jeunes starlettes hollywoodiennes très minces, maquillées et faussement parfaites. Je mettais l’emphase sur ce que je n’aimais pas de mon corps et non sur ce que j’appréciais. Maintenant, j’aime mon corps, j’en prends soin et je le respecte.

Je sais maintenant que je peux supposer des pensées des autres à mon égard, mais n’étant pas dans leur tête, je ne peux savoir si mes suppositions sont fondées ou pas.

À l’opposé, je suis consciente que je porte des jugements, fondés ou pas, sur les autres en fonction de ce que je vois, perçois ou de ce que j’ai entendu directement ou indirectement.

Finalement, je ne peux que constater que l’être humain est naturellement programmé pour juger et que je n’ai aucun contrôle sur ses pensées.

Parfois, lorsque j’attribue des pensées négatives aux autres à mon égard, c’est que moi-même je ne suis pas totalement en accord avec ce que j’ai fait ou prévoit faire, que je ne m’assume pas ou que je doute de moi-même.

9- Me mentir à moi-même sur ce que je veux ou ressens ne m’apportera que mal être et confusion.

J’aime rendre les gens heureux et je n’aime pas avoir l’impression de déplaire. Il m’est arrivé de taire ma petite voix intérieure afin de ne pas occasionner de conflits ou d’émotions négatives. Les autres étaient peut-être bien, mais pas moi. J’étais anxieuse, frustrée et j’avais une faible estime de moi. Maintenant, je sais que je dois accepter ce que je veux ou ressens et le communiquer adéquatement aux autres, si nécessaire.

Ma psychologue me répétait souvent que ce que les autres pensent ou ressentent ne m’appartient pas et effectivement, elle avait raison. Ce qui ne veut pas dire que je ne peux éprouver de la compassion, mais je dois laisser à chacun sa gestion de ses émotions.

10- Je dois accorder plus d’importance à mes cinq sens. Ils me permettent de prendre conscience que la vie va au-delà de ma propre personne. Ils me permettent de voir, d’écouter, de goûter, de sentir et de ressentir tout ce que la nature, la base de la vie, peut m’offrir si je m’ouvre à elle.

J’aime me balader dans les rues, observer le paysage, écouter les différents bruits, prendre de grandes respirations et sentir les rayons du soleil ou la brise fraîche caresser mon visage.

Pendant que je me concentre sur ce qui se passe à l’extérieur de moi, je n’accorde plus d’importance à ce qui se passe dans ma tête, mon cœur et tout mon corps.

Peu importe mes soucis, la terre n’arrêtera pas de tourner et la vie d’y être célébrée. Il y aura toujours quelqu’un, quelque part, prêt à m’écouter, à m’offrir un câlin et à faire la fête à mes côtés.

Ce texte a initialement été publié sur Le Huffington Post Québec

Souffrez-vous du syndrome de la poule pas de tête ?

L’année dernière, j’ai écrit le texte Syndrome de la poule pas de tête dans un contexte où la mère que je suis était à bout de souffle de courir sans cesse, sans trop savoir pourquoi ni quelle direction emprunter pour atteindre le fil d’arriver. Je voulais cuisiner de bons petits plats pour ma tendre famille, avoir une cuisine étincelante de propreté et des toilettes bien récurées, tout en jouant à la cachette avec mes fillettes et en jonglant avec mes mille et un projets. Je voulais discuter avec mon amoureux, un thé à la main, dans une ambiance digne des spas et pouvoir déguster chaque bouché de mes repas santé. Je voulais répondre aux nombreuses demandes de mes deux enfants avec une patience à toute épreuve, même contre les appels incessants de «mamans» déployés sous toute une gamme d’émotions et de volume. Entre vouloir et avoir, il y a la réalité pour nous rappeler que rêver n’égal pas travail acharné. À cette époque, je me culpabilisais pour tout ce que je croyais devoir être et que je n’étais pas, selon mes perceptions perfectionnistes de ce qu’était un bon parent. 

J’avais traité ce sujet du point de vue d’une mère, car c’est ainsi que je me définissais en premier lieu à l’époque, pas si lointaine j’en conviens. Depuis, j’ai réalisé que nous sommes avant tout des êtres à part entière accomplissant différentes tâches en fonction des rôles que nous occupons. Être parent est un rôle parmi tant d’autres et malgré l’immense importance que nous lui accordons, il n’a pas l’exclusivité du «syndrome de la poule pas de tête».

Suis-je la seule qui parfois fonctionne tel un automate, tentant de cocher le plus de tâches possible sur la liste des «choses à faire», oubliant même parfois de respirer et de prêter attention aux gens qui l’entourent ?

Si tu réponds à la négative à cette question, il se peut que, tout comme moi, tu disposes de ce syndrome  non scientifique, inspiré de la célèbre expression «courir comme une poule pas de tête».

Tu es probablement une poule pas de tête si…

Tu marches d’un pas déterminé vers une pièce de ta maison et une fois rendue, tu te demandes ce que tu étais venu y faire.

Au moment de te coucher, tu te rends compte que ton lit est recouvert d’une montagne de vêtements à plier que tu as tristement oubliée, car tu accomplissais simultanément d’autres tâches. Ces dernières ont-elles eu la chance d’être complétées ou furent-elles, à leur tour, abandonnées de façon cavalière ?

Tu éprouves de la difficulté à prendre une pause pour écouter d’une oreille attentive ton interlocuteur, sans faire autre chose en même temps ni penser à ce qui pourrait être fait.

Pourquoi s’impose-t-on cette course folle quotidienne ?

Selon mes observations et constats de la vie, plusieurs d’entre nous portent des lunettes anti-bonheur qui amplifient les petites choses agaçantes du quotidien. Les êtres perfectionnistes en portent et s’assurent de leur propreté constante afin de s’assurer de corriger toutes imperfections se trouvant sur leur passage. Ce n’est donc pas surprenant, avec cette vision irréaliste, que nous courions dans tous les sens question de corriger un maximum d’éléments défaillants dans les différentes sphères de notre existence.

Est-ce réaliste comme démarche considérant l’ampleur de ces tâches sans fin et du fait que nous n’avons aucun contrôle sur ce qui nous est extérieur ? 

Certains croient que s’ils n’y parviennent pas, c’est qu’ils sont incompétents. Ces derniers réagiront soit en déserteur de leur propre existence en choisissant, parfois inconsciemment, de faire seulement le minimum pour assurer leur survie afin de se protéger du sentiment d’être en échec constant. À l’opposé, certains réagiront en guerrier, en redoublant leurs efforts au détriment de leur santé mentale et de leur vie sociale afin de se prouver qu’eux aussi peuvent promouvoir leur vie parfaite comme les starlettes de ce monde. Le seul hic, c’est qu’il n’y pas que leur corps qui sont photoshopés, leur vie médiatique aussi. Est-ce logique de vouloir comparer notre «vraie vie» avec leur vie artificielle ?

Certaines personnes semblent aimer cette course effrénée quotidienne qui les revigore et les stimule à poursuivre. Tandis que d’autres, au contraire, se sentent épuisées, déconnectées de la réalité et de leurs objectifs de vie. Quand ce marathon devient un mode de vie qui nous malheureux, il est temps d’agir avant que nous nous effondrions telle une poule à l’agonie.

Quelques trucs pour ralentir afin d’être productif et serein: 

1- Faire des listes de «choses à faire» plus réaliste, avec possibilité de repousser à une date ultérieur. Se fixer un seul objectif prioritaire par jour et les autres,  c’est si le temps et l’humeur le permettent.

Notre liste des «choses à faire» pour la journée est généralement irréaliste, ne tenant pas compte des imprévus, des baisses d’énergie de fin de journée et des gens qui nous entourent. Nous avons tendance à faire plus d’une chose à la fois, désirant augmenter le rythme et réussir avec brio tout ce que l’on entreprend. Puis, nous devenons épuisés, moins concentrés et moins efficaces dans nos tâches.  À cela s’ajoute la possibilité de ressentir de la culpabilité en raison de notre indisponibilité pour nos proches ainsi qu’un sentiment d’incompétence.

2- Être capable de dire non, sans avoir recours, idéalement, au mensonge pour esquiver une invitation.

3- Prendre des pauses pour refaire le plein d’énergie et respirer profondément.

Nous pourrons ainsi réfléchir efficacement, avec jugement et faire des choix en fonction de ce qui nous importe réellement.

4- Organiser notre agenda et notre environnement de façon à maximiser notre temps et augmenter notre joie de vivre.

C’est plus agréable et productif lorsque nous n’avons pas à faire une battue pour retrouver nos clés de voiture chaque matin ou encore, le chargeur de notre cellulaire. C’est bien de travailler, mais il faut aussi prévoir du temps pour s’amuser. On peut aussi avoir du plaisir tout en accomplissant notre boulot.

5- Prendre des notes de ce qui nous passe par la tête et que nous jugeons utile afin de ne pas les oublier.

Utiliser notre cellulaire est une meilleure option que nos petites notes écrites sur des Post-it, éparpillés, égarés et éventuellement oubliés.

De mon côté, plus je vieillis, plus je ressens l’appel de la simplicité, de la légèreté et de l’authenticité. J’ai envie de profiter davantage de la vie et  trouver l’équilibre entre les différentes sphères de celle-ci. Je ne veux plus courir comme une poule pas de tête, car il se trouve que contrairement à elle,  j’en ai une. Je compte bien l’utiliser à bon escient afin de profiter, en toute conscience et sereinement, de chaque instant de plaisir et d’épanouissement que l’avenir me réserve.

 

 

Parent en solo, en raison du boulot

Mon conjoint et moi étions des êtres presque inséparables les premières années de notre vie commune. Nos emplois respectifs nous permettaient, la majorité du temps, de déjeuner, de souper et de profiter de nos soirées ensemble. Quelques années plus tard, mon conjoint a changé de responsabilités au travail et les courts séjours à l’extérieur sont devenus plus fréquents, surtout à certaines périodes de l’année. En plus d’être confrontés à l’absence de l’être aimé, nous étions en apprentissage et en période d’adaptation dans notre nouveau rôle de parents.

Je dois vous avouer que les premières années furent parfois difficiles. Lorsque je me retrouvais seule dans notre lit conjugal, mon sommeil en était grandement affecté, me sentant moins en sécurité. Au réveil, je devais faire fi de mon état endormi pour gérer en solo la routine du matin avec nos deux filles. La course contre la montre pour arriver à l’heure au boulot était une source considérable de stress pour l’anxieuse que je suis. Puis après une journée éreintante au travail, la routine du soir débutait. Dans mon cas, cette dernière était vécue comme un marathon où, malgré l’épuisement qui sévissait, je me battais contre moi-même afin de rester debout, efficace et amusante aux yeux de notre progéniture. 

Le plus difficile quand je suis seule avec la marmaille, c’est de ne pas avoir accès immédiatement au support moral et à la présence de mon conjoint, le père de nos deux gamines. En sa présence, j’ai l’option de lui demander d’intervenir avant que mon piston saute, que l’impatience se transforme en hystérie et que celle-ci prenne possession de tout mon être. Quand je suis seule, j’ai l’obligation de faire face à nos petits anges cornus même si je ne suis pas dans un état d’esprit optimal, de mon point de vue, pour y parvenir.

Il y a quelques semaines, j’ai recueilli via les réseaux sociaux quelques témoignages de familles vivant une situation similaire à la mienne. Après lecture, réflexion et quelques constats, j’ai formulé ces quelques conseils.

5 conseils pour vivre ces périodes d’éloignement plus harmonieusement :

1- Communiquer avec respect

Le respect est à la base de toute relation harmonieuse, même lorsque nous sommes débordés et épuisés.

2- Choisir le bon moment qui convient à tous pour discuter.

Plus nos enfants sont jeunes, plus nous sommes ancrés dans une routine et moins nous avons de temps à consacrer pour tout le reste. Afin de permettre à nos enfants d’échanger quelques mots ou quelques grimaces avec l’autre parent grâce à la technologie, dans une ambiance zen et chaleureuse, déterminons à l’avance les moments idéaux pour nous contacter.

3-  Se mettre dans la peau de l’autre afin de comprendre sa réalité.

Il ne faut pas oublier que le parent qui s’absente vit lui aussi des difficultés. Il s’ennuie probablement de sa famille et peut-être qu’il se sent coupable de ne pas être présent pour eux. Le parent qui travaille à l’extérieur n’a pas nécessairement la vie plus facile que celui qui s’occupe des enfants à la maison. J’ai accompagné mon conjoint à quelques reprises et c’est ainsi que j’ai pu comprendre sa réalité. Nous n’avons peut-être pas d’enfants sous notre aile, mais nous avons d’autres obligations. Notre routine est complètement chamboulée et nous avons peu de temps libres, seul à la chambre d’hôtel. La source de l’épuisement diffère peut-être, mais le résultat est similaire.

4- Accepter le fait qu’en notre absence l’autre parent fera les choses à sa façon. 

Accepter, c’est respecter cette différence et reconnaître ouvertement sa valeur. La perfection n’existe pas et ce que moi je considère comme la bonne façon de faire auprès des enfants n’est probablement pas la même pour «Pierrette, Jeanne, Jacqueline». Veuillez noter ici ma piètre tentative de féminiser l’expression «Pierre-Jean-Jacques», car malgré le fait que plusieurs d’entre-nous militent pour l’égalité des sexes, certaines femmes croient encore détenir la seule et unique méthode par excellence pour éduquer leurs enfants. De mon point de vue, il n’y a pas qu’une seule façon d’éduquer nos enfants et ces derniers ont besoin autant d’une présence féminine que masculine qui s’affirment.

5- Percevoir ces moments comme une occasion de communiquer différemment avec l’être aimé

Nous sommes bien plus que des parents, nous sommes aussi des amoureux. Nous pouvons percevoir ces moments d’éloignements comme une occasion de communiquer différemment. Certes, on peut se parler de vive voix de la pluie et du beau temps, mais c’est terriblement ennuyant n’est-ce pas ? Pourquoi ne pas s’écrire comme lorsque nous étions au début de notre relation, à l’affût d’en apprendre davantage sur l’être aimé? On n’oublie que tout comme nous, notre partenaire vit, vieillit, explore et découvre mille et une choses influençant ses goûts, ses opinions et ses rêves. Pourquoi ne pas s’amuser entre amoureux via la webcam, une fois les enfants endormis, afin de ne pas oublier que nous sommes aussi des amants ?

Au début, cette réalité d’être seul avec nos enfants ou encore d’être loin de ceux-ci en raison du travail peut être vécue difficilement. Par contre, si nous abordons ces périodes d’éloignements de façon zen et  que nous communiquons avec l’être aimé, en toute franchise et honnêteté, nous réalisons que «loin des yeux» ne signifie pas «loin du coeur». 

Et si on parlait trop ?

Dans un contexte où le silence est une denrée rare et que les voix s’entremêlent aux nombreux sons ambiants, il n’est pas étonnant que les enfants ne nous écoutent pas systématiquement. Depuis quelques mois, je parle un peu moins  lors de mes interventions auprès de mes enfants et ceux de la garderie. Désormais, je contribue un peu plus à la réduction de la pollution sonore, j’investis dans ma santé psychologique et  celle des tout-petits en utilisant davantage la communication non verbale.

J’ai constaté au fil des ans que dans certaines situations, le fait d’utiliser des mots pour véhiculer notre message allait à l’encontre du résultat souhaité.

Le contexte de la sieste, autant à la garderie qu’à la maison, est souvent un moment propice aux interventions verbales incohérentes. On demande à l’enfant d’être silencieux, de notre belle voix parfois exaspérée, en faisant des “chut” pas très discret, désirant créer le plus rapidement possible un climat calme et propice à l’endormissement. Quand ça ne fonctionne pas, par réflexe on hausse le ton et on ajoute des mots “Julia silence, c’est le temps de faire dodo”.

Les enfants ne voient pas nécessairement la sieste comme une chance incroyable de reposer tout leur être et de favoriser leur bon développement. Ils la perçoivent comme un temps ennuyeux où ils ne peuvent pas jouer ni converser.

Quant aux enfants anxieux, plongés dans la noirceur et étant les seuls témoins de leur  cerveau bouillonnant de pensées et d’images, je peux comprendre que la sieste est un moment de grande agitation et où rejoindre les bras de Morphée n’a rien d’invitant ni de poétique. Il n’est pas étonnant que les enfants  tentent de rester éveillés, en contact avec nous, en gigotant, en parlant et parfois même en s’opposant vivement à ce besoin évident de repos.

Si on parle à notre tour, on contribue à leur état d’agitation, on leur confirme que leur technique d’obtention de l’attention fonctionne à merveille et on devient complètement incohérent, l’exemple à ne pas suivre. On demande oralement à l’enfant d’être en silence, généralement à plusieurs reprises, sans appliquer nous-mêmes cette consigne. On peut très bien être présent à leurs côtés, les aider à se détendre et les rassurer sans avoir recours à la parole.

J’aime beaucoup utiliser le non verbal pour souligner les réussites d’un enfant et l’encourager à poursuive ses bons comportements.

J’ai l’impression qu’un sourire, un pouce en l’air ou une main ébouriffant affectueusement les cheveux de l’enfant à plus d’impact positif dans l’immédiat, mais aussi à long terme que l’usage de la parole seulement. À mon avis, l’utilisation de simples petits gestes contribue à la continuité de ses bons comportements, au développement d’une bonne estime de soi ainsi que l’établissement d’une relation chaleureuse, respectueuse et de confiance avec nous.

Évidemment, ceci est une réflexion que je me suis faite à moi-même il y a quelque temps déjà et que j’essaie de mettre en application le plus possible quand le contexte s’y prête. Il y a longtemps que j’ai compris que la perfection n’existe pas et que malgré mon bon vouloir, je ne le suis pas non plus! Je fais encore des interventions incohérentes auprès de mes filles et que dire de mon niveau d’exaspération et d’impatience à certains moments. La grande différence, c’est qu’une fois qu’on prend conscience d’un élément à modifier, le changement commence déjà à s’effectuer selon notre niveau de motivation ou d’atteinte dans nos valeurs.

La prochaine fois que vous aurez l’impression de parler dans le vide avec votre enfant, au lieu depogner les nerfs et hausser le ton comme on le fait tous à un moment ou un autre, rejoignez votre enfant et obtenez son attention à l’aide de votre main sur son épaule. Une fois son regard dirigé vers vous, vous pourrez lui communiquer calmement avec des mots et ou des gestes ce que vous désirez, en n’oubliant pas le «s’il te plait». Cette technique est très efficace pour que votre enfant vous écoute, mais ne garantit pas qu’il fera tout ce que vous désirez, immédiatement et sans rouspéter! Par contre, une fois qu’il aura répondu positivement à une de vos demandes, vous pourrez lui témoigner votre reconnaissance en arborant votre plus beau sourire suivi d’un simple «merci» sincère.

Grosso modo, agissons avec nos enfants comme nous désirons que l’on agisse avec nous, soit avec respect et indulgence.

Être parent et vivre sa vie de couple, c’est souhaitable et formidable

C’était un dimanche soir comme les autres, chacun étant assis à une extrémité de notre divan datant d’une époque bien révolue, celle où nous étions que de simples amoureux. Puis d’un geste machinal, sa main s’est mise à tâter les coussins dans les moindres recoins à la recherche de cette extension moderne de notre bras, la manette de la tivi. Nous étions le 1er mai 2016 et nous regardions Tout le monde en parle comme on le fait chaque dimanche. Julie Snyder était la première invitée de la soirée et Guy A. Lepage lui posa quelques questions sur son mariage ainsi que sa rupture avec Pierre-Karl Péladeau. Lors de cette entrevue, la populaire animatrice conseilla ceci aux parents «On dit souvent : l’important c’est la famille, mais si tu ne travailles pas ta vie de couple, la vie de couple c’est le solage de ta famille pis ta famille a tiendra pas si le couple tient pu».

Mon regard s’est posé sur l’homme que j’aime depuis l’été de mes 17 ans. Déjà 16 ans que nous sommes en couple, 8 ans que nous sommes parents et 6 ans que nous sommes mariés. Le temps passe vite et dans cette course quotidienne parfois effrénée, nous avons dû nous ajuster de crainte de nous perdre de vue. Lorsque ses yeux ont regardé les miens, mes lèvres ont laissé échappés une pensée me trottant dans la tête depuis quelques semaines déjà “une chance que nous avons compris ça avant qu’il ne soit trop

À l’époque où nous étions un couple sans enfant, s’aimer rimait avec simplicité et liberté. Lorsque nous n’étions pas au boulot, on faisait ce qui nous plaisait, quand on le voulait, et ce presque à toutes heures du jour… et de la nuit.

Nous n’étions pas très familiers avec les conflits. Certes nous avions des désaccords, mais on avait le temps d’en discuter, d’exprimer chacun nos points de vue et trouver des solutions gagnantes pour tous les deux. Nous avions le temps, mais aussi l’énergie pour écouter attentivement l’autre. Nous avions l’ouverture d’esprit nécessaire pour se soucier de ses opinions et de ses émotions.

Puis, nous sommes devenus parents. Depuis ce jour magnifique où notre premier enfant, le fruit de notre amour, a vu le jour, notre attention se porte naturellement vers lui. Quelques années plus tard, ce fut autour du deuxième d’égayer notre vie et de recevoir à son tour toute notre attention bienveillante.

Désormais, le temps nous file entre les doigts et nos moments de spontanéités se doivent maintenant d’être planifiés. Nous avons de longues listes de choses à faire, nous devons penser productivité. Nous discutons tout en faisant la vaisselle, le lavage et le ménage en ayant l’impression que nous passons enfin du temps ensemble.

Nous sommes peut-être un à côté de l’autre, mais soyons honnêtes, nous ne sommes pas totalement disponibles et à l’écoute de l’autre. Notre cerveau est concentré sur la tâche en cour, celles qui suivront et sur nos enfants en action.

Le manque de temps pour le plaisir, pour nous et pour le couple affecte nos émotions et notre relation de couple. Il y a alors augmentation des conflits ou accumulation de petites frustrations quotidiennes menaçant d’exploser à tous moments.

Il y a quelques mois, nous avons constaté que nous agissions surtout comme des parents, accordant seulement une toute petite place à notre couple au sein de notre belle famille. La routine et probablement notre vision de la parentalité étaient au banc des accusés. Le processus de destruction du couple avait commencé quelques années auparavant, lentement, à notre insu.

Heureusement, nous n’avions aucun doute sur le fait que nous ressentions encore de l’amour l’un pour l’autre. La flamme était toujours là, mais plus discrète qu’autrefois. Nous avons décidé qu’il fallait permettre à cette petite flamme d’envahir tout notre être comme jadis, à l’époque où nous n’étions que deux.

C’est le constat que nous avons fait il y a quelques mois. Nous avons décidé qu’il fallait que notre couple reprenne sa place au sein de notre petite famille.

Désormais, nous nous accordons plus de temps de qualité ensemble. Au lieu de machinalement ouvrir la télé lorsque nos enfants sont couchés, nous discutons. Nous prévoyons plus fréquemment des moments sans les enfants pour faire autre chose que l’épicerie et les lavages.

Nous avons refusé d’accueillir le sentiment de culpabilité lorsque nous prenons du temps en couple, les enfants étant heureux d’être chez Grand-maman et Grand-papa ou chez Mononc et Matante.

Les clés du succès, pour demeurer un couple amoureux et uni après la venue de la cigogne, résident dans le fait d’être conscient que nous sommes bien plus que de simples parents. Que l’amour n’est pas une tâche à planifier et à ajouter dans nos listes de choses à faire. L’amour se vit naturellement au quotidien, à travers de petites attentions et des mots tendres à l’égard de l’être aimé. On se soucie réellement de l’autre, on se respecte, on se regarde dans les yeux, on se sourit tendrement et on se caresse amoureusement.

Être parent et vivre sa vie de couple, c’est souhaitable et formidable!

Lettre à toi, mère moderne

Chère mère moderne,

Toi qui lira peut-être ces quelques lignes en diagonale entre deux brassées de lavage ou assise dans la cour, à côté de ton enfant te concoctant un festin royal avec cet ingrédient craquant sous-estimé, le sable, sache que je pense souvent à toi, à ce que tu vis et ressens.

Ma vie ne ressemble plus tout à fait à celle d’avant et une partie de moi s’est également transformée. Probablement que tu as fait le même constat que moi la journée où tes cernes sont devenus aussi imposants que ta montagne de vêtements à plier, te narguant de ton incapacité à tout faire à la perfection en une seule journée.

Tu sais, outre la fatigue, les tâches ménagères, les crises quotidiennes et les trop nombreux conflits à désamorcer entre mes deux enfants, je constate que ce qui m’épuisait le plus dans ma vie de mère, c’était l’immense culpabilité que je ressentais de ne pas être à la hauteur selon mes critères irréalistes et sévères.

Pourtant, mes enfants étaient heureux et épanouis. Moi, pas vraiment. Je ne pouvais m’inspirer et profiter des moments de bonheur de ma progéniture, étant trop occupée à noircir de longues listes de choses à faire afin d’avoir une maison propre, d’offrir à ma marmaille des repas sains et équilibrés, d’assurer leur santé en allant bouger dans la cour, de les éduquer, de les divertir, et j’en passe, l’énumération étant fastidieuse, ennuyante et franchement démoralisante.

Mère moderne, te reconnais-tu dans ce portrait réaliste que nous avons peint et créé de nos propres mains?

Et si on décidait toutes les deux de mettre fin au sabotage de notre propre vie depuis que le statut de «mère» s’y est ajouté?

Et si nous choisissions d’être heureuses et épanouies en y mettant la même énergie que nous le faisons avec plaisir et dévouement envers nos enfants?

N’oublie pas que tu es la personne la plus importante de ta vie, et ne me dis pas que c’est faux et que ce sont tes enfants, car si tu t’écroules d’épuisement ou que la vie ne représente qu’une routine dont chaque tâche est accomplie de façon automatique, machinale, sans saveur ni plaisir, tes enfants en seront affectés eux aussi.

Les enfants ont beaucoup à nous apprendre et, malheureusement, on l’oublie souvent. Voici quelques exemples de messages qu’ils nous envoient, mais qu’on ignore ou décode faussement.

Quelques heures ou minutes après avoir complété ton ménage hebdomadaire, tu trouves de petites empreintes de marmots dans le miroir ainsi que des jouets éparpillés ici et là, allant du sous-sol au deuxième étage.

Ton enfant aime sentir que cette maison lui appartient aussi et y laisse sa trace. En tant qu’adulte, tu peux faire la route des vins. Eh bien lui, il veut faire la route des jouets!

Tu prends le temps de plier chacun de ses vêtements et de les placer minutieusement dans ses tiroirs. Plus tard, tu ouvres le tiroir contenant ses vêtements de nuit et constates que le fouillis y règne. Ton trésor de 3 ans te répond avec le sourire qu’il voulait son pyjama des Minions.

Comment peut-il trouver ce qu’il cherche dans des vêtements pliés à la perfection, cachant les images qui charment ses yeux et son petit cœur?

Tu lui as préparé le repas santé par excellence qui va combler tous ses besoins nutritifs, et lui présente le tout de façon magistrale dans son assiette préférée. Il arrive avec énergie à la table, affamé depuis une heure. Du moins, c’est ton estimation plus ou moins fiable, car la mesure a été prise avec ton horloge interne de patience, ton petit te disant d’un ton répétitif et généralement désagréable : «J’ai faim!!!» Il regarde l’assiette, utilise son ustensile pour amuser ses aliments, à défaut d’éprouver lui-même du plaisir à les porter à sa bouche.

Je ne t’écris pas ça dans le but que tu arrêtes de te soucier de son alimentation et des tâches ménagères, mais de lâcher prise parfois sur certaines choses, afin de prioriser plus souvent ton bien-être, et ce, sans culpabilité.

Mère moderne, tu es importante pour ta famille! Elle adore te voir rayonner de joie et entendre ton rire résonner dans leurs oreilles. Elle préfère de loin ta présence chaleureuse et ta bonne humeur au bruit de l’aspirateur ou au ménage impeccable de la salle de jeu.

La fête des Mères étant à nos portes, je te souhaite, mère moderne, de chasser la culpabilité de ton quotidien, de te percevoir comme une personne importante dans ta vie et dans celles des gens de ton entourage, et de te prioriser comme tu le fais si bien quand il s’agit de tes enfants.

Tu es beaucoup plus qu’une mère, tu es un être humain extraordinaire!

Mère moderne, bonne fête des Mères!