Prévention des agressions: 10 conseils pour faciliter la discussion avec nos enfants

Il y a des sujets beaucoup plus faciles que d’autres à aborder avec notre progéniture. Lorsqu’il s’agit de mentionner les cruautés dont la race humaine est capable, j’étouffe ma colère, ma peine et mon angoisse afin d’être capable d’exprimer à mon enfant que les méchants ne sont pas juste à la télé et dans les jeux vidéo.

Dernièrement, j’ai lu avec ma fille le livre Ma sexualité de 6 à 9 ans de la sexologue Jocelyne Robert qui, le temps d’un très court chapitre, explique aux enfants comment se protéger des prédateurs sexuels. Ces quelques paragraphes ont été le déclencheur de plusieurs discussions dans les jours qui ont suivi.

Chacune de ses questions occasionnait un stress et une réflexion qui se devait d’être rapide, mais malgré tout profonde. J’avais l’impression de marcher sur un terrain miné où à tout moment je pouvais traumatiser mon enfant, affecter son sommeil et nuire au déploiement de ses ailes lui permettant de s’envoler avec confiance vers d’autres horizons, loin des jupes de sa mère et des baskets de son père.

Plusieurs questions et réflexions défilent dans ma tête depuis quelques jours.

Comment expliquer à un enfant ce qu’est un prédateur sexuel?

Comment dire à un enfant sans faire éclater sa bulle dorée que, dans la vie, personne n’est totalement digne de confiance?

Comment expliquer à un enfant qu’il ne doit pas aider un homme inquiet à la recherche de son chien disparu?

Nous tentons d’inculquer à nos jeunes l’importance d’entrer en relation avec autrui, de socialiser, de discuter au lieu de prendre la fuite, et d’être confiant dans la vie. À l’opposé, nous devons les prévenir que la vie n’est pas rose, que la confiance est une notion fragile et perméable, et qu’aider son prochain peut être un geste risqué, voire lourd de conséquences.

Nous ne sommes pas préparés à présenter à nos enfants, avec délicatesse et honnêteté, les deux côtés de la réalité.

«Ce soir, dans le ring de la vie, vous aurez droit à tout un combat. Du côté gauche, avec de grands yeux bleus de biche et une auréole magique, voici Espoir Labonté! Du côté droit, arborant un regard de feu et deux cornes acérées, voici Enfer Méchanceté!»

Soyons honnêtes, nous ne sommes pas très à l’aise de discuter des dangers avec nos enfants, car ils nous effraient nous aussi. On essaie de les protéger, tout comme on essaie de se protéger nous-mêmes de tous ces monstres, dissimulés ou non, rôdant ici et là, dans les rues de la ville et devant nos écrans, la réalité ayant rejoint la fiction et vice-versa.

Nous devons aborder avec nos enfants comment, quand et pourquoi se protéger face à autrui, mais sans leur présenter la réalité comme un tableau noir et rouge où l’inquiétude et la panique doivent régner.

Il faut seulement amener nos enfants à prendre conscience qu’ils pourraient peut-être faire face un jour à une personne voulant leur faire du mal, mais peut-être pas non plus. Notre but est de les outiller afin de les protéger, pas de les paniquer.

10 conseils pour discuter des possibles dangers de la vie avec notre enfant

• Ayez un ton calme et en contrôle.

• Donnez quelques règles de sécurité et utilisez des mots adaptés à son âge. Pour amorcer les questions de sécurité, vous pouvez utiliser un livre pour enfants abordant ce sujet.

• N’entrez pas dans les détails. Il se peut que votre enfant vous demande ce que fait la personne à l’enfant qu’elle a enlevé. Je ne suis pas psychologue, et j’avoue que j’aurais aimé savoir ce qui est suggéré de dire ou de faire. Si un psychologue lit cet article, j’aimerais bien connaître son opinion!

• Soyez honnête et dites-lui que les enfants n’ont pas à connaître tous les détails, ou que nous ne sommes pas à l’aise de répondre.

• Rassurez votre enfant régulièrement sur le fait qu’il peut avoir confiance en vous, que vous allez être là pour l’écouter, le soutenir et le guider.

• Soyez clair sur le fait qu’inconnu n’égale pas agresseur ou voleur d’enfants. On parle tous à des inconnus, que ce soit la caissière à l’épicerie ou aux parents d’un enfant jouant au parc en même temps que le nôtre.

• Allez au-delà de ses questions afin de cibler ses perceptions et ses émotions. Est-ce qu’il est inquiet? De quoi est-il inquiet exactement? Est-ce qu’il a peur?

• Faites attention de ne pas ridiculiser ou banaliser ce que votre enfant ressent. Débutez votre réponse par «je comprends que notre discussion peut te faire peur, c’est tout à fait normal, mais…» et rassurez-le.

• Retournez-lui la question, demandez-lui ce qu’il en pense.

• Écoutez-le, laissez-le parler sans tout commenter lorsqu’il ne vous pose pas de questions.

Ce que l’on veut, ce n’est pas apprendre la méfiance à nos enfants, mais la vigilance!

La météo qui déraille: Dame Nature et Fée Clochette au banc des accusés

Ma vision de l’hiver gracieuseté de Disney et de ses lunettes roses

«J’en ai marre qu’on me pointe du doigt dès que la météo ne convient pas au désir des gens. Les Québécois sont un peuple exigeant côté météo. Ils aiment parler de moi, plusieurs fois par jour, dans mon dos en plus. Ne croyez pas que j’hallucine, vos paroles me sont relatées par des sources fiables et dignes de confiance. Je dois vous avouer que parfois j’ai peur. On me traite comme si j’étais la seule responsable des tempêtes de neige, du verglas et des pannes de courant, en raison de ma supposée mauvaise humeur. On blasphème contre mon manque de timing, mais sachez que je ne contrôle pas grand-chose. Je suis un peu comme une reine, je suis l’emblème de la météo, mais outre l’image et les paparazzis qui me pourchassent, je ne suis plus en contrôle de rien depuis des lustres. Au lieu de m’accuser à tout vent, vous devriez vous rendre au pays imaginaire, dans la Vallée des fées, rencontrer les fées des saisons. Ce sont elles les créatrices des saisons, maintenant, pas moi !» commente avec frustration et découragement Dame Nature.

Malheureusement, je n’ai pu me rendre au pays imaginaire pour interroger les fées, car seuls les adultes ayant conservé leur cœur d’enfant trouve l’accès pour s’y rendre. Mes recherches sur le web et mes heures de visionnement de films d’animation mettant en vedette Fée Clochette ont fortement ébranlé mes croyances. Je vous invite à visionner la bande-annonce du film La Fée Clochette afin de mieux comprendre le rôle des Fées dans l’alternance des saisons.

C’est l’arrivée de Fée Clochette qui a foutu la pagaille dans ce système efficace mené avec rigueur par les fées des saisons. C’est du moins ce que l’on apprend dans ce film d’animation de Disney. Je dois vous avouer que les allégations de Dame Nature me semblent dorénavant véridiques et que nous devrions lui permettre de se reposer loin de tout ce cynisme météorologique et de toute cette attention médiatique.

Un expert du pays imaginaire désirant garder l’anonymat m’a révélé avoir eu une liaison de courte durée avec Clochette et m’a demandé d’y aller doucement en termes d’accusations.

«La pauvre fille vit avec un outil dans les mains qu’elle n’a pas voulu, étant née fée bricoleuse, et tente par tous les moyens d’être ce qu’elle n’est pas, et est malheureusement la cause de nombreuses problématiques dans le déroulement des saisons. On ne peut pas lui en vouloir, elle est en quête d’identité. Heureusement, ses nombreuses thérapies l’amènent chaque jour à accepter davantage qui elle est et à aimer ce que la vie lui a offert à sa naissance. Après tout, elle est née grâce à un rire d’enfant.»

Cette conversation avec cet expert et ancien amant de Clochette m’a amené à réfléchir longuement. Et si au lieu de chercher le coupable à tout prix, on s’inspirait du parcours de Clochette ?

Acceptons ce pays hivernal dans lequel nous avons grandi et aimons toute cette belle richesse blanche et froide qui a su émerveiller et faire rire tant d’enfants depuis si longtemps.

Lorsque vous sortirez pelleter, au lieu de grommeler, imaginez que chaque flocon est le résultat d’un rire d’enfant !

Amour et parentalité : contre vents et marées

Lorsque j’étais gamine, le mariage ne faisait pas partie de mes rêves. Je n’étais pas de celles qui rêvaient de ressembler à une princesse et encore moins d’être le centre d’attention.

Je dois aussi vous avouer que je ne me voyais pas avec des enfants.

Puis, à la fin de l’adolescence, j’ai rencontré l’homme de ma vie.

J’entends déjà rouspéter certaines personnes désillusionnées face à l’amour: «Franchement, elle est vraiment naïve pour croire que ce gars-là sera l’amour de sa vie. Réalise-t-elle qu’une vie, c’est vraiment long et qu’un des deux va se tanner de se lever tous les matins avec le même corps à regarder et à toucher? Attends que l’homme de sa vie la sacre là pour aller en rejoindre une autre, elle va tomber de haut pis lâcher sa vision de l’amour version Disney».

Vous savez quoi, mes rabat-joie? J’accepte le fait que l’amour, la vie en général quoi, ne se contrôle pas et que oui, tout peut se terminer un jour. Si on ne fait rien par crainte de souffrir, qu’on a peur d’avoir peur, eh bien, on ne vit pas. Vivre implique qu’une multitude d’émotions, positives et négatives, nous transporte chaque jour, et les éviter c’est renoncer à de magnifiques moments de bonheur.

Lorsque j’ai rencontré l’homme de ma vie, il ne fallut pas plus que quelques semaines pour que je sache que c’était lui. Celui avec qui je me voyais, assis sur notre balcon, nos rides sillonnant nos visages et nos cheveux blancs célébrant l’âge d’or, discuter de nos petits-enfants rendus grands.

Je n’avais que 17 ans et, déjà le plan, que je m’étais fixé quelques mois auparavant se modifiait. J’ai rapidement ressenti l’appel de la maternité, mais j’ai dû le mettre en attente afin de terminer mes études et travailler dans mon domaine. Je n’ai pas l’habitude d’attendre très longtemps lorsque je veux quelque chose, mais heureusement, mon amoureux était là pour me raisonner et me dire d’être patiente, deux tâches ardues.

Après 5 ans de vie de couple, il me demanda de l’épouser. Au départ, on s’était dit que l’on était fiancés et que c’était suffisant. J’avais une bague, je la portais fièrement et je n’avais pas besoin de plus. Lui non plus.

Puis, un bébé plus tard, je me suis dit que s’il me demandait à nouveau de l’épouser officiellement, j’en serais très heureuse.

Finalement, nous avons décidé de nous marier après 10 ans d’amour. Ce mariage fut la plus belle journée de ma vie, venant tout juste après la naissance de nos deux enfants.

Est-ce que la vie de couple est toujours agréable et facile? Bien sûr que non. Il y a des périodes plus difficiles, plus nombreuses depuis l’arrivée de nos enfants. Ce qui n’est pas étonnant, surprenant, car nous avons moins de temps à roucouler ensemble, yeux dans les yeux, juste nous deux, sans les enfants gravitant autour de nous.

Nous ne pouvons pas non plus ignorer le fait que la communication est parfois chaotique, nos paroles se perdant dans le flot des rires et des cris de nos petits anges cornus. C’est comme le jeu du téléphone: entre le message envoyé et celui reçu, il y a parfois une incohérence et une absurdité amplifiée par nos perceptions. Alors les conflits ou les frustrations s’accumulent et, parfois, le piston saute.

Quand le piston saute à répétition, l’ambiance devient toxique. C’est là qu’il faut faire un choix: rester et se parler, ou se quitter. C’est l’amour qui entre en ligne de compte. Dans les moments plus difficiles, on se dit nos quatre vérités, on pleure, puis on se rapproche. Notre amour se solidifie et, chaque fois, on prend la décision de poursuivre.

On a compris il y a longtemps que tant qu’il y a de l’amour et du respect, on veut être ensemble contre vents et marées. Nous savons que la clé du succès, c’est de passer du temps ensemble et de se parler honnêtement, malgré l’agitation de la marmaille à nos côtés.

Je peux affirmer qu’après plus de 15 ans ensemble, notre amour est toujours là, plus fort et différent à la fois.

À toi mon chéri, mon premier amour, sache que ma vie à tes côtés avec nos enfants formidables et dynamiques me comble de bonheur, même si parfois mes yeux cernés et mon manque d’enthousiasme semblent indiquer tout le contraire. On a beau être amoureux, il reste que l’on est des êtres humains, avec des jours plus heureux que d’autres.

Pour citer Cabrel, « Je t’aimais, je t’aime, je t’aimerai».

Ces femmes qui ne veulent pas d’enfants

La maternité est un sujet qui sera éternellement d’actualité. C’est une source incroyable de discussions et de débats en raison des valeurs de chacun. Peu importe les choix que l’on fait, d’avoir des enfants ou non, on devra continuellement se justifier. C’est la réflexion qui m’est venue suite au visionnement du documentaire Non, je ne veux pas d’enfants, maintenant disponible sur Illico .

Ce documentaire aborde le choix de certaines femmes de ne pas vouloir d’enfant. Je suis d’accord avec ce fait, bien évidemment. Par contre, il a créé chez moi quelques réflexions et haussements de sourcils suite à certains commentaires des femmes invitées, de différents âges, mais ayant tous en commun le fait de ne pas vouloir d’enfant.

Une participante justifie son choix, entre autres, en mentionnant qu’elle est végane et qu’elle essaie de réduire le plus possible son empreinte écologique. Il serait absurde d’ajouter un être humain de plus ! C’est certain qu’un enfant va augmenter ton empreinte écologique, ma chère, mais tant qu’à ça un chat ou un chien aussi, non ?

Ceci dit, avoir des enfants et être écolo sont deux domaines qui peuvent très bien cohabiter de nos jours, c’est même tendance ! Tu ne veux pas avoir d’enfants, je respecte ton choix, mais s’il-te-plaît, assume-toi et dis seulement qu’au fond de tes tripes tu ne ressens pas ce désir.

Je dois mettre quelque chose au clair. Le temps où seules les femmes s’occupaient de la marmaille et que l’homme était surtout pourvoyeur, ne savait pas changer une couche ni partir une brassée de lavage, est révolu. Maintenant, les hommes prennent un congé de paternité et certains prennent même le parental. Alors j’aimerais que le discours change et que, dorénavant, on dise «parentalité» au lieu de «maternité» lorsqu’il s’agit des enfants!

Mesdames, je vous l’accorde…

Être parent, ce n’est pas se simplifier la vie. Ce n’est pas non plus un avantage pour notre portefeuille. Le parent n’est pas le centre d’attention principale pour l’autre parent, ni de quiconque en général. Le parent a peu de temps pour lui, ses amis et ses projets personnels. Le parent doit s’absenter plus souvent de son travail. Le parent doit faire certains sacrifices.

Mesdames, ce que vous devez savoir

Être parent, c’est développer des capacités au niveau de l’organisation, de la planification et de la gestion. C’est aussi apprendre que dans la vie, on ne peut pas tout contrôler. C’est aussi apprendre à faire des choix selon nos priorités, à lâcher prise sur l’inutile et admettre que l’on ne sait pas tout.

C’est aussi apprendre à connaître nos limites et revoir notre façon de percevoir la vie. Être parent, c’est pour la vie, mais on peut prendre de petits congés de temps à autre grâce à des gens de confiance et aller se ressourcer, sans les enfants.

Être parent, c’est un emploi à temps plein et pour toute la vie, mais plus tu gagnes en ancienneté, plus tu disposes de jours de repos et de pauses quotidiennes.

Le plus important, mesdames, c’est que peu importe le choix que nous faisons d’avoir ou non des enfants, il faut s’assumer et être honnête !

Miroir, miroir… clique j’aime et commente son corps

Il y a quelques mois déjà, je naviguais sur le célèbre réseau social Facebook et mon regard s’est posé sur le commentaire d’une mère, sur un forum quelconque pour les parents, dont à mon avis il y en a beaucoup trop sur Facebook. Ceux-ci ne font malheureusement pas toujours ressortir les qualités parentales de tous !

Une mère écrivait que son garçon d’environ 7 ou 8 ans se trouvait laid et a eu l’idée de publier une photo de lui en demandant la collaboration des autres parents pour lui écrire combien ils le trouvaient joli, et que par la suite elle lui lirait les commentaires.

Là, mon coeur s’est arrêté de battre, mes yeux sont sortis de leurs orbites, tel Jean-Luc Mongrain en état de crise d’indignation, en regardant directement la caméra ! Quoi ? Pardon, est-ce une blague madame ? Dites-moi que ce que je lis est une mauvaise blague, s’il-vous-plaît !

Malheureusement, cette mère était très sérieuse !

J’ai envie de laisser aller ma révolte et mon découragement face à notre société et son immense besoin de se percevoir à travers autrui en utilisant les Facebook, Twitter et Instagram !

Certaines personnes publient mille et une photos d’eux-mêmes et de leurs enfants, attendant impatiemment que leurs proches leur disent combien ils ont la famille la plus belle et la plus mignonne qui soit. Parfois, nous avons même droit à un selfie de madame en maillot, en faisant une moue se voulant sexy, dans le but de se faire dire des commentaires remplis d’éloges sur sa silhouette. Les hommes ne sont pas en reste avec leurs photos de nombril au vent, ou encore avec les muscles mis en évidence.

Cette maladie du miroir social m’inquiète au plus haut point quand il s’agit du modèle que certains inculquent à leur progéniture. Tu doutes de toi-même, de ton image, ce que tu vaux. Rien de mieux, de plus facile que de consulter la communauté virtuelle qui est reconnue pour son authenticité et son opinion de bon goût !

Au lieu de montrer à nos enfants à se percevoir selon l’opinion des autres, demandez-leur ce qu’ils aiment chez eux, physiquement, mais aussi et surtout dans leur personnalité, leurs qualités. C’est normal de ne pas aimer certaines parties de notre corps ou encore un trait de notre personnalité. Il ne faut pas nier ce que nos enfants ressentent, mais les écouter, les aider à s’accepter et à dédramatiser.

Il faut leur apprendre à miser, à se concentrer, sur leurs points forts. Apprenez-leur à s’aimer à travers leur propre miroir, leurs propres yeux, et à développer leur estime de soi pour la belle personne qu’ils sont à l’intérieur et à l’extérieur.

Soyez un modèle pour eux, regardez-vous dans le miroir avec un sourire, pas avec le regard d’un inspecteur à la recherche du bourrelet en trop ou grimaçant devant les vergetures sillonnant vos cuisses.

Même chose pour les étrangers, jetez aux ordures votre analyste corporel qui a tendance à dire tout haut ce qu’il devrait garder pour lui :«Ouach, as-tu vu la madame qui a des bourrelets au genou», ou encore «il est donc ben laid, lui, avec ses bas blancs et ses oreilles de Dumbo».

Pour aider nos enfants à s’aimer, il faut tout d’abord s’aimer soi-même !

Bonne réflexion !

Lettre au Père Noël

Cher Père Noël,

J’ai 32 ans et je n’ai jamais cru en toi. Ce n’est pas par choix ou en raison de ma grande maturité lorsque je mesurais trois pommes, mais tout simplement la vie et mon rang au sein de ma famille. Être la petite dernière d’une famille de quatre occasionne parfois un éveil plus tôt de la réalité, généralement dénudée de cette petite touche de magie.

Père Noël, ne crois pas que j’étais malheureuse de la situation. Bien au contraire, je me sentais la détentrice de la vérité et je ne me gênais pas pour répandre cette triste nouvelle aux enfants de ma classe. Je me souviens qu’en première année, la majorité des enfants ne croyaient plus en toi. Ceux qui y croyaient étaient la cible de moqueries.

Que s’est-il passé pour que les jeunes d’aujourd’hui croient en toi si fermement ?

Est-ce que leurs parents encouragent plus intensément et plus longuement la féérie de Noël que ceux de l’époque ?

J’éprouve un inconfort à inventer des réponses aux questions de ma grande fille d’âge scolaire qui depuis quelques années déjà semblent avoir des doutes à ton sujet. Elle semble avoir noté quelques incohérences, mais semble tenir à vous. C’est pour cette raison que je continue de garder ton secret sur ta non-existence, afin de préserver son besoin de croire à la magie. Je dois aussi vous avouer que je le fais pour sa petite soeur qui mérite elle aussi de croire à l’irréelle encore quelque temps.

La magie de Noël, ce n’est pas le nombre de cadeaux emballés impeccablement sous un arbre aux mille bougies. Ce n’est pas non plus la visite des lutins toutes les nuits avant Noël. Ce n’est pas la rencontre d’un père Noël louche dans un centre d’achat hyper bondé où notre enfant doit attendre patiemment que ce soit son tour!

La magie de Noël, c’est difficile à expliquer. C’est comme l’amour, ça ne s’explique pas. Ça se vit agréablement. Ça se voit dans les yeux brillants des tout-petits et des grands!

Pour conclure, mes filles et moi avons composé un petit poème qui résume notre vision de cette célébration.

Noël

La magie de Noël

C’est bien plus que des bébelles

Il y a le calendrier de l’avent

Qui au retour de l’école

Dissipe presque tous mes tourments

Tout en étant amusant

Il y a les lutins coquins

Mais jugés trop mesquins

Papa et maman les refusent en vain.

Je ne peux ignorer notre immense sapin

Dont les nombreuses boules font japper notre chien

Nous dégustons beaucoup de tourtières

En plus des nombreux desserts

Dans la vie, tout est relatif

L’année 2015 s’achève et amène avec elle son bilan annuel. Cette période de réflexion est souvent la source de nos résolutions du Nouvel An.

Avant de se fixer de nouveaux objectifs, je vous invite à réfléchir sur ce que vous voulez vraiment. Est-ce que ce désir est réel, sincère ou vous voulez suivre le courant de ce qui est tendance ou non dans la société moderne? J’ai réalisé il y a quelques mois que parfois nos attentes envers nous-mêmes et notre famille sont très élevées. Notre liste de choses à faire est interminable et parfois on se sent coupable dès que l’on déroge de ce qui est considéré comme un incontournable dans notre société moderne, stérilisée et de consommation. Mon constat est le suivant: dans la vie, tout est une question de relativité, de point de vue.

Tout d’abord, survolons rapidement les facteurs influençant nos perceptions sur les êtres qui nous entourent, notre propre personne, les évènements, la société et la vie en général.

Il y a notre tempérament de base avec lequel on nait et avec qui on doit cohabiter pour le reste de nos jours. On peut l’influencer et travailler fort pour le modifier, mais c’est une tâche ardue. Certes difficile, mais pas impossible avec beaucoup de motivation!

Il y a la famille dans laquelle nous avons grandi. Telles de petites éponges, nous avons absorbé les bonnes valeurs transmises, mais aussi les petits défauts et travers de tous.

Deux enfants de la même famille n’auront pas nécessairement les mêmes souvenirs et les mêmes interprétations d’un même évènement. Tout simplement en raison de notre unicité, fortement teintée par notre caractère de base.

Certains voient la vie en rose, d’autres en noirs et certains alternent leur lunette au gré de leurs humeurs du moment.

Puis, il y a les autres sphères de notre vie, autant dans l’enfance qu’à l’âge adulte, comme nos cercles d’amis, nos boulots, nos loisirs et les membres du personnel des écoles que nous avons fréquentés pendant de nombreuses années.

Il y a aussi les moments heureux et les moments plus dramatiques.

Bref, cette addition de facteurs s’ajoute à nos lunettes, nous permettant de voir la vie d’un autre œil. Notre vision évolue au gré de nos péripéties, à moins de détester le changement et de rester accrochée à nos vieilles histoires ou croyances!

Maintenant, voici quelques exemples de cette notion de relativité qui pourraient modifier vos perceptions ainsi que l’échelle de vos priorités:

La beauté

Certains préfèrent la maigreur, d’autres la rejettent du revers de la main. Certains préfèrent les courbes des seins et des hanches, d’autres pas si on se fie aux magazines et aux mannequins défilant sur les passerelles et les panneaux publicitaires. D’autres préfèrent les gens avec un surplus de poids. Et d’autres, comme moi, s’en moquent!

La beauté, ce n’est pas une question de poids, mais d’amour pour soi. Quand on est bien dans son corps, nous en prenons soin et choisissons des vêtements pour le mettre en valeur. On se tient le dos droit, on sourit aisément et on regarde les autres dans les yeux.

La beauté réside dans l’acceptation de qui nous sommes autant physiquement que psychologiquement. La beauté n’a pas besoin d’être camouflée par plusieurs couches de maquillages quotidiennement!

L’alimentation

Pour certains, le guide alimentaire canadien est la bible de la bonne alimentation. Pour d’autres, il faut enlever la viande et manger du tofu. Certains boudent les fruits et légumes s’ils ne sont pas biologiques.

À travers le monde, il y a des gens qui ne mangent que quelques bouchées d’aliments pas frais chaque jour, trouvés dans les poubelles. D’autres décèdent de complications liées à la sous-alimentation ou à la suralimentation.

L’important c’est de manger à sa faim, la vraie, pas la gourmandise!

L’hygiène corporelle

Certains se lavent une fois par jour. D’autres au deux jours. Certains deux fois par jours. Nos ancêtres le faisaient une fois par semaine, malgré leur dur labeur dans les champs!

L’important c’est d’être bien dans son corps et de sentir bon… ou rien du tout!

Si les gens vous parlent en détournant le visage afin de camoufler un haut-le-coeur, vous saurez qu’il est temps de modifier votre fréquence sous la douche! Honnêtement, je vous souhaite de vous en rendre compte bien avant cette situation gênante et de mon point de vue, humiliante!

Tout est une question de relativité dans la vie. Plus nous serons sensibles à cette notion, plus on appréciera ce que nous possédons et qui nous sommes. De plus, nous accepterons peut-être davantage la différence chez autrui, ce qui ferait grand bien à l’humanité.

À votre tour de trouver des exemples de relativité dans la société!

Les petites pestes de Noël: 10 raisons d’empêcher ces lutins d’entrer

Depuis quelques années, dès le 1er décembre, je vois déferler dans mon fil d’actualité Facebook des photos et des statuts de parents surexcités. Ils sont dans cet état, car ils ont consacré des heures après le coucher des enfants à mettre sur pied un scénario de série B, mettant en vedette de petits lutins farceurs.

Je m’interroge beaucoup sur cette pratique à la mode qui semble devenir, à mon grand désarroi, une tradition de Noël. Voici 10 raisons pour lesquelles je refuse qu’ils visitent ma demeure, et ce avec un brin d’exagération!

1- Suis-je la seule qui a peur d’eux ? Ils pourraient remplacer Chucky sans problème! On dirait des petits diables, on est loin de l’idée que je me fais de la magie de Noël. Zut, je viens peut-être d’inspirer un scénariste de film d’horreur!

2- Je m’inquiète des enfants anxieux qui ont déjà de la difficulté à s’endormir et qui doivent se coucher en sachant qu’il y aura peut-être des lutins qui feront des mauvais coups dans leur maison pendant la nuit. Toute cette action nocturne à l’insu de leurs parents qui sont censés être là et veiller sur eux. S’ils ne se rendent même pas compte que des petits êtres verts affreux foutent le bordel dans la maison, quel message envoient-ils à leur progéniture?

3- Le parent invente un mauvais coup, fait la mise en place et prend mille et une photos. Ensuite, une fois que l’enfant a constaté cette blague, à mon avis douteuse, il doit tout ramasser. Le parent bien évidemment, pas l’enfant, à moins d’être complètement cinglé! Pourquoi se donner autant de trouble ?

4- Quel exemple ces lutins donnent-ils à vos enfants ? Si vos enfants déroulent tous vos rouleaux de papier de toilette, en font des banderoles dans votre salon et recouvrent le plancher de la cuisine de farine, est-ce que vous allez rire aux éclats et tout ramasser en chantonnant au réveil ? Honnêtement, je me transformerais en Hulk et exigerait illico que mes enfants ramassent tout ce fouillis.

5- Si les réseaux sociaux n’étaient pas là, est-ce que les parents se donneraient tout ce trouble pour créer des scénarios de plus en plus grandioses ? On dirait un concours du parent le plus original, hot et dévoué pour son enfant. Selon moi, s’il y a seulement vos enfants qui sont témoins des blagues des lutins, ces derniers ne viendraient pas si souvent ou peut-être pas du tout.

6- Ces lutins ne sont pas gratuits et en plus, leurs mauvais coups entrainent parfois un gaspillage de certaines ressources qui elles non plus ne sont pas gratuites!

7- Ces lutins augmentent l’excitation des enfants en cette période de fébrilité d’avant Noël et votre niveau de patience diminue fort probablement de jour en jour! Je ne suis pas météorologue, mais je prévois de fortes rafales de crises de nerfs et d’abondantes précipitations de «va réfléchir dans ta chambre».

8- Le temps de préparation pour ces petits tours éphémères pourrait être utilisé pour créer quelque chose de concret et durable pour votre enfant. Par exemple, inventez-lui une histoire de Noël, un poème ou une chanson. Tricotez-lui un foulard ou faites-lui un beau dessin qu’il pourra accrocher dans sa chambre.

9- Quand mes enfants sont couchés, je prends du temps pour moi et pour mon couple, car c’est important de recharger ses batteries, surtout avant le marathon des partys et des heures de sommeil supprimées!

10- La magie de Noël réside à mon avis dans la simplicité. Si vous désirez surprendre vos enfants au réveil, faites-le avec l’odeur des crêpes qui embaument la maison, leur chanson de Noël préférée ou encore, une petite invitation pour faire avec vous un bonhomme de neige ou une balade après le repas.

Évidemment, ce n’est que ma vision de ce phénomène et je respecte les parents qui s’amusent avec cette chasse aux lutins. Je vous donne le droit de dire que je suis beaucoup trop peureuse pour mon âge et que je suis légèrement paresseuse! 🙂

Rose, bien plus qu’une couleur

Il y a quelques semaines, je m’imaginais via une lettre virtuelle que ma fille de 7 ans était rendue une adolescente et que je lui confiais une parcelle de vie vécue par son père et moi avant son apparition sur cette planète. J’étais loin de me douter que quelques semaines plus tard, ma grande et moi serions assises sur son lit à regarder son album de naissance et qu’elle allait me poser la question suivante: «maman, pourquoi dans mon long nom, il y a Rose?». Ma première réaction fut de paniquer à l’intérieur et de répondre machinalement «je t’expliquerai quand tu seras plus grande». Elle m’a demandé de lui dire maintenant, de ne pas attendre. J’ai su à cet instant que je me devais de tout lui expliquer, car elle risquait de s’imaginer mille et un scénarios dramatiques qu’elle viendrait me présenter à tout instant.

En quelques secondes, mes émotions et mes valeurs ont pris place au conseil des affaires familiales gérées par une zone de mon cerveau en effervescence et ont statué sur les mots et le ton à utiliser. Je lui ai expliqué que quelques mois avant sa venue, il y avait eu Rose qui avait séjourné 24 semaines dans mon ventre. Elle était décédée à cause d’une maladie qui ne lui aurait pas permis de vivre sans moi, la triploïdie 69. J’ai été à l’hôpital et j’ai accouché de ce petit être. À ce moment-là, une infirmière m’a dit que l’on se reverrait dans un an pour mettre au monde un bébé en santé. Elle avait raison, un an et un jour plus tard, naissait ma grande fille. Elle m’a demandé de voir les photos de Rose et je lui ai dit que ce n’était pas le moment. Elle ne ressemblait pas à un petit bébé comme les autres et que je préférais attendre qu’elle soit plus vieille. Heureusement, elle n’a pas insisté.

Le lendemain, ma fille est venue me voir avec un collage à la main. Lorsque j’ai lu ce qui était écrit en lettres autocollantes, l’émotion m’a envahie. Sur son collage, elle y avait inscrit Rose 0 ainsi que le nom de sa soeur et le sien avec leur âge à côté. De temps à autre, elle me parle de Rose et me dit qu’elle en a parlé avec ses amis et sa professeure. Je respecte son besoin d’en parler, mais je lui ai demandé de ne pas en parler devant sa soeur de 4 ans, car je ne crois pas qu’elle comprendrait la situation. Malgré tout, je sais que c’est une question de temps avant que ma grande en discute avec sa soeur, alors quand ma plus jeune viendra me voir, je convoquerai à nouveau mes émotions et mes valeurs à une réunion extraordinaire et improviserai une réponse selon l’ambiance du moment.

Depuis ce jour où j’ai mis au monde cet être sans vie ressemblant à un magnifique petit Alien, j’ai su qu’un jour viendrait où je devrais en discuter avec mes enfants. Après tout, ce n’est pas un secret, seulement un évènement troublant et triste, malheureusement fréquent. On aimerait protéger nos enfants de cette triste réalité que la vie n’est pas éternelle et qu’elle peut se terminer rapidement, sans qu’on y soit préparé. Malheureusement, on ne peut les y soustraire, alors vaut mieux jouer franc jeu, mais en portant une grande attention aux mots que l’on utilise en fonction de l’âge de notre enfant.

Cette discussion était étonnamment agréable, malgré l’émotion qui régnait dans la chambre. J’avais à mes côtés ma fille qui par ses questions et ses réactions me démontrait à quel point elle était intelligente et empathique. Je ne regrette pas mon élan de spontanéité, il m’aura permis de constater à quel point mon enfant vieillit  et est doté d’une magnifique sensibilité.

Toujours et jamais, ces adverbes extrémistes

Depuis quelque temps, je remarque que mes enfants utilisent de tout-petits mots qui résonnent à mes oreilles avec la délicatesse d’un bulldozer. Lorsqu’ils s’expriment, ils y vont dans les extrêmes, sans nuance ni retenue. À partir du moment que ces paroles extrémistes et agaçantes ont été une révélation pour moi, mes oreilles ont été à l’affût de ces paroles sans appel ni retour. Malheureusement, le constat fut prévisible, la majorité des êtres humains les utiles avec aisance et à toutes les sauces.

Nous avons tendance à les utiliser autant dans les critiques que dans les généralités de la vie courante.

Je ne serai jamais capable…

Tu es toujours en retard.

Il fait toujours froid.

Nous n’aurons jamais des bonnes notes .

Vous ne serez jamais capable de respecter les consignes.

Ils se moquent toujours de moi.

Ces petits mots qui nous viennent si rapidement en bouche ont une énorme portée négative sur nos perceptions et celles d’autrui. Elles créent une ambiance lourde où aucun espoir n’est permis. Ils ajoutent du mordant à nos critiques reproches.

Une personne qui a de la difficulté à s’organiser et qui depuis son plus jeune âge se fait dire qu’il est toujours en retard finira par assimiler qu’être retardataire est un trait de sa personnalité qu’il ne peut pas changer.

Une personne qui utilise ses mots en lien avec la météo sera probablement dépressive à longueur d’année. Pourquoi planifier des vacances, il mouille toujours, peu importe où je vais? 

Un enfant qui se fait dire régulièrement par son parent exaspéré «tu ne m’écoutes jamais» aura peut-être inconsciemment ou non le réflexe de ne plus écouter attentivement, car peu importe, l’idée de son parent est déjà faite à son sujet. En plus, il risque de vivre de la frustration ou de l’angoisse en sa présence.

Que ces extrêmes soient utilisés de vive voix, en sous-entendu ou encore en musique d’ambiance dans votre tête, sachez les repérer et les modifier. Il y a une expression qui dit que l’on doit tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler et je crois que prendre quelques secondes supplémentaires avant d’exprimer ce que l’on ressent à autrui nous permettra de faire un choix de mot plus nuancé.

Lorsque je dis «modifier», je ne fais pas seulement référence au vocabulaire, mais aussi à notre perception des choses, des évènements, des situations, d’autrui et autres. Depuis quelques années, j’essaie de voir une même situation sous divers angles et je dois avouer que parfois, mon opinion change naturellement, tout comme les émotions plus négatives comme la jalousie, la frustration et l’angoisse.

Pour aider nos enfants à nuancer leurs propos et à être plus ouverts d’esprit, il faut tout simplement commencer par changer notre propre façon de communiquer, de percevoir notre environnement et la vie en générale. On peut aussi aider notre enfant à voir l’autre côté de la médaille à l’aide de questions qui l’amèneront à pousser plus loin sa réflexion. On peut aussi utiliser l’humour pour mettre en évidence sa perception fataliste. Par exemple, si votre enfant bougonne devant la fenêtre en vous disant «c’est vraiment plate, je ne peux jamais jouer dehors, car il pleut toujours», vous pouvez lui dire avec un petit air rieur «ah oui, il pleut tous les jours depuis un mois ?».

Toujours et jamais, deux adverbes que l’on peut doit mettre de côté sauf en situation de réel drame, de situation fatale.