10 façons d’être un modèle à suivre pour nos ados

 

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Lorsque Le Huffington Post Québec m’a invité à participer au projet “Tête à têtes” sur la santé mentale des adolescents, j’ai dit oui sans aucune hésitation. Je n’ai pas de contacts avec ce groupe d’âge depuis que je suis majeure, soit quinze ans. Par contre, j’observe et analyse les différents messages, souvent incohérents, que l’on envoie aux adolescents depuis leur plus jeune âge.

J’ai effectué un court sondage auprès des adolescents et des parents via les réseaux sociaux, afin de prendre le pouls sur la réalité des ados d’aujourd’hui. J’ai pu constater que leurs préoccupations sont les mêmes que j’avais à cet âge. Les thématiques sont presque les mêmes que celles des adultes, mais vécus différemment, comme l’amour, l’amitié et l’avenir. La seule différence entre les ados de ma génération ainsi que les précédentes et ceux des dernières années, c’est la présence des réseaux sociaux et du web dans leur vie.

Lorsque j’étais adolescente, j’observais les adultes et j’analysais leurs faits et gestes. J’utilisais mes observations pour réfléchir à qui je voulais être et surtout ne pas être, lorsque je serais en âge de quitter le nid familial et voler de mes propres ailes.

Je savais que je voulais exercer un métier dont je serais fière et motivée à me lever chaque matin pour m’y rendre. J’avais de l’ambition et je voulais croire que tout était possible. Je voulais être avec des gens confiants, déterminés et carburant avec cette énergie puissante et fort stimulante. Je trouvais pathétique et déprimante l’idée de passer ma vie active à rêver de ma retraite.

Je savais que je voulais être heureuse et entourée de gens dans ce même état d’esprit.

Je savais que je ne voulais pas accorder plus de temps aux tâches ménagères qu’aux gens que j’aime.

Je savais que je ne voulais pas que mes discussions sociales soient basées sur les commérages et les jugements.

Je savais que je ne voulais pas avoir besoin d’alcool ou de drogue pour relaxer et m’amuser.

Je savais que je ne voulais pas vivre dans la fumée causée par la cigarette.

Je savais que je voulais être libre de penser, de choisir et d’être qui je suis réellement, sans cachoterie ni artifice.

Je savais que je ne voulais pas d’une vie où mes sujets de prédilections seraient en lien avec le poids, l’importance de la minceur pour se balader en bikini, le maquillage pour dissimuler mes imperfections, les gestes à poser pour être l’amante rêvée de tous les mecs de la planète, les exercices à faire pour avoir des fesses du tonnerre à en faire baver la gent masculine et rendre dingue de jalousie les bonnes femmes. Bref, les sujets superficiels que l’on retrouvait dans les magazines féminins et les mêmes que l’on retrouve encore aujourd’hui dans les versions papier et électroniques, sous différentes formes.

Maintenant que je suis adulte à mon tour, je ne peux ignorer le fait que je suis un modèle de comparaison pour quelqu’un, quelque part.

Question d’augmenter mon niveau d’anxiété de performance quotidien ainsi que celui de mon amoureux, nous sommes aussi parents deux filles âgées de 5 et 8 ans. Dans quelques années, notre progéniture sera en mesure d’observer et d’analyser notre vie d’adulte. Elles se feront une idée, plus ou moins précise, de ce qu’elles veulent ou ne veulent pas pour l’avenir.

C’est pour cette raison que je crois qu’il est important, pour les adultes en général, mais davantage pour nous, les parents, d’être à l’image de qui nous sommes réellement, sans se laisser influencer par la une superficielle de certains magazines et des émissions de téléréalités promouvant la minceur, les gros «pipes», les gros «totons», la dérive du jugement, du bon goût et de l’intelligence de la race humaine.

10 façons d’être un modèle à suivre pour nos ados

1- Leur montrer «qui nous sommes réellement», mais avec indulgence et dignité à notre égard.

2- Acceptez, sans dissimuler ni critiquer, ce que nous considérons comme nos imperfections physiques, mais aussi psychologiques.

3- Reconnaitre et mettre en valeur nos forces, nos talents et nos passions.

C’est une excellente idée de mettre en évidence ce que nous trouvons joli de notre corps, mais mettons autant, sinon plus d’énergie, à prendre soin, à cultiver et à partager nos valeurs et notre intelligence.

4- Nous accorder le droit a l’erreur, sans se torturer et se mépriser, en le percevant comme une occasion d’apprentissage et non comme un échec.

5- Savoir s’excuser avec sincérité, sans s’apitoyer sur son sort, si on a commis une erreur affectant la vie d’autrui.

6- Reconnaitre et accepter le fait que nous ne savons pas tout. Nous aurons toujours des choses à apprendre et nos «enseignants» seront autant des adultes que des enfants, des hommes que des femmes, des riches que des pauvres.

7- Vivre un jour à la fois. C’est normal de planifier nos rendez-vous et nos prochaines vacances, mais il faut savoir s’adapter et improviser face à l’imprévu. L’imprévu n’est pas seulement d’ordre matériel, c’est aussi l’être humain, avec ses émotions, ses désirs et sa santé globale.

8- Être conséquent entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Si on dit à nos enfants qu’ils passent trop de temps devant leurs écrans, mais que c’est exactement ce nous faisons aussi, nous perdons toute crédibilité. Nous risquons d’engendrer de la frustration et de les voir manifester devant l’injustice qui gronde dans notre maison, avec raison à mon avis. C’est aussi la même chose en ce qui concerne les valeurs qui nous habitent, que l’on clame et les actions que l’on pose.

9- Agir avec autrui, ce qui inclut nos enfants, comme on désire que l’on agisse avec nous.

10- Savoir utiliser les différentes ressources mises à notre disposition quand nous avons besoin d’aide psychologique. Parler aussi ouvertement de notre dernier rendez-vous chez notre psy que celui de routine chez notre médecin de famille ou notre dentiste.

Bref, pour être un bon modèle pour nos enfants, on se doit d’être authentique, cohérent et conséquent.

 

 

 

 

* Ce texte a initialement été publié sur  Le Huffington Post Québec et il fait partie de la série Tête à têtes.

Mes 10 constats pour une vie saine et sereine dès l’adolescence

J’étais une fille ordinaire, peu populaire et très studieuse. De mon point de vue, les autres me trouvaient énervante et sans intérêt. L’adolescente que j’étais ne s’aimait pas, s’estimait peu, souffrait d’un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et d’anxiété généralisée, non diagnostiqué à cette époque.

Je réalise que mon «cerveau avait besoin de lunettes» et que mon cœur avait besoin de câlins. Je me sentais différente, une une extraterrestre parmi les terriens et j’aimais beaucoup cet aspect de ma personnalité. Par contre, je me sentais dans une classe à part, jugée, voire rejetée par les ados normaux.

En apparence, je pouvais donner l’impression d’être confiante, de tout savoir et d’avoir une opinion sur tout. Au fond de moi, c’était tout le contraire. J’essayais de préserver mon orgueil, prévenir les éventuelles moqueries et combler mon besoin d’attention, peut-être aussi d’affection.

Il y a neuf ans, après un un évènement marquant, a débuté la route des changements en direction du bonheur et de la zénitude.

Grâce au soutien psychologique de mon entourage, à la médication pour le TDAH, aux rencontres avec des psychologues et à ma personnalité, j’ai appris et compris que dans la vie, tout part de soi.

«Dans la vie, tout part de soi», si j’avais compris cette notion psychologique et sociale, au début de mon adolescence, cette période de ma vie aurait été plus heureuse et harmonieuse. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, je vous partage dix de mes constats pour une vie saine et sereine.

Ce que j’aurais voulu comprendre à l’adolescence:

1- Pour aimer sainement, il faut d’abord s’aimer soi-même.

2- Pour être respecté, je dois tout d’abord me respecter et respecter les autres.

Au-delà des formules de politesse que l’on nous a apprises, il faut être capable de s’affirmer et être à l’écoute des autres. Par exemple, être capable de dire «non» quand nous ne voulons pas et accepter le «non» des autres sans reproche ni moquerie.

3- Pour que les autres s’intéressent à moi, je dois tout d’abord m’intéresser à eux, avec sincérité.

4- La seule chose que je peux contrôler dans ma vie, c’est mes choix.

Étonnamment, j’ai toujours un choix à faire. Les options proposées ne me satisfont peut-être pas, mais je peux malgré tout choisir celle qui me convient le mieux. Je suis la seule responsable de mes actions et réactions.

Un mauvais choix ne signifie pas que je suis une mauvaise personne, seulement que je suis humaine et que je me suis trompée. Je peux choisir de me pardonner, de m’excuser, de réparer mon erreur, de discuter avec une personne de confiance de mes difficultés ou de mes inquiétudes, etc.

5- Un problème ne vient jamais seul. Si je suis attentive, patiente et courageuse, les solutions se présenteront à moi le moment venu.

6- Demander de l’aide ne signifie pas que je suis faible. Au contraire, ça démontre que je suis une personne forte, persévérante et déterminée.

7- Je dois accepter mon passé, vivre pleinement le moment présent et percevoir mon futur comme une histoire que je n’ai pas encore écrite.

Ce n’est pas grave si je n’ai aucune idée de ce que je ferai dans un mois, un an, cinq ans ou dix ans. Le plus important, c’est de vivre pleinement le moment présent, une minute à la fois. Ce n’est pas parce que je suis attristée ou en colère présentement que je serai dans le même état d’esprit dans une heure. Ce que j’aime du futur, c’est qu’il est inconnu et plein de possibilités!

8- Je dois me méfier de mes perceptions.

J’ai réalisé en regardant de vieilles photos de moi à l’adolescence que j’étais plus jolie que ce que je croyais à l’époque. J’avais établi mes critères de beauté en fonction des jeunes starlettes hollywoodiennes très minces, maquillées et faussement parfaites. Je mettais l’emphase sur ce que je n’aimais pas de mon corps et non sur ce que j’appréciais. Maintenant, j’aime mon corps, j’en prends soin et je le respecte.

Je sais maintenant que je peux supposer des pensées des autres à mon égard, mais n’étant pas dans leur tête, je ne peux savoir si mes suppositions sont fondées ou pas.

À l’opposé, je suis consciente que je porte des jugements, fondés ou pas, sur les autres en fonction de ce que je vois, perçois ou de ce que j’ai entendu directement ou indirectement.

Finalement, je ne peux que constater que l’être humain est naturellement programmé pour juger et que je n’ai aucun contrôle sur ses pensées.

Parfois, lorsque j’attribue des pensées négatives aux autres à mon égard, c’est que moi-même je ne suis pas totalement en accord avec ce que j’ai fait ou prévoit faire, que je ne m’assume pas ou que je doute de moi-même.

9- Me mentir à moi-même sur ce que je veux ou ressens ne m’apportera que mal être et confusion.

J’aime rendre les gens heureux et je n’aime pas avoir l’impression de déplaire. Il m’est arrivé de taire ma petite voix intérieure afin de ne pas occasionner de conflits ou d’émotions négatives. Les autres étaient peut-être bien, mais pas moi. J’étais anxieuse, frustrée et j’avais une faible estime de moi. Maintenant, je sais que je dois accepter ce que je veux ou ressens et le communiquer adéquatement aux autres, si nécessaire.

Ma psychologue me répétait souvent que ce que les autres pensent ou ressentent ne m’appartient pas et effectivement, elle avait raison. Ce qui ne veut pas dire que je ne peux éprouver de la compassion, mais je dois laisser à chacun sa gestion de ses émotions.

10- Je dois accorder plus d’importance à mes cinq sens. Ils me permettent de prendre conscience que la vie va au-delà de ma propre personne. Ils me permettent de voir, d’écouter, de goûter, de sentir et de ressentir tout ce que la nature, la base de la vie, peut m’offrir si je m’ouvre à elle.

J’aime me balader dans les rues, observer le paysage, écouter les différents bruits, prendre de grandes respirations et sentir les rayons du soleil ou la brise fraîche caresser mon visage.

Pendant que je me concentre sur ce qui se passe à l’extérieur de moi, je n’accorde plus d’importance à ce qui se passe dans ma tête, mon cœur et tout mon corps.

Peu importe mes soucis, la terre n’arrêtera pas de tourner et la vie d’y être célébrée. Il y aura toujours quelqu’un, quelque part, prêt à m’écouter, à m’offrir un câlin et à faire la fête à mes côtés.

Ce texte a initialement été publié sur Le Huffington Post Québec

Un livre a fait rêver une adolescente

Il y a quelques semaines, j’ai participé à un concours littéraire pour lequel je devais écrire une chronique sur un auteur, un livre ou un évènement en lien avec la littérature. À ma grande déception, je n’ai pas gagné. J’ai envie de vous le partager, car ce texte n’a pas été écrit sur un coin de table en quelques minutes, j’y ai consacré du temps et j’espère que l’auteure dont il est question lira ces lignes. Je tiens à préciser que j’ai modifié très légèrement ce texte de l’original soumis aux organisateurs! Voilà, soyez indulgent, ceci est ma première participation à un concours de ce genre 🙂

Un livre a fait rêver une adolescente

Le soleil estival éclairait le salon familial et mon regard balayait les différents titres des bouquins placés côte à côte telles des sardines, l’odeur en moins, bien évidemment! Un titre m’a intrigué, Fol espoir et je l’ai libéré sur le champ. Des chevaux sur la couverture m’ont interpelée, malgré le fait que l’adolescente que j’étais n’y avait pas d’intérêt particulier. Le descriptif au verso me convainquit et la voix maternelle dans mon dos me donna le feu vert pour l’emprunter. J’étais loin de me douter à ce moment-là que cette lecture allait faire de moi une curieuse et avide lectrice. J’ai dévoré ce premier roman, dont j’ai propagé, sans gêne ni retenue, tout mon enthousiasme à son égard lors d’un exposé oral en secondaire 3. La suite (Bonaventure) parue quelques années plus tard est venue me confirmer le talent de l’écrivaine Christine Martin et ainsi me faire ressentir une fois de plus une belle gamme d’émotions.

Ces romans m’ont fait découvrir le monde équestre, milieu qui m’était totalement inconnu. En plus du côté éducatif non négligeable, la psychologie de ses personnages si attachants me fascine encore aujourd’hui et que dire de cette fabuleuse histoire où amitié, amour, joie, déceptions et autres sentiments se côtoient avec une si belle aisance. Il y a quelques années, j’ai rencontré cette auteure quasi inconnue de ma génération et je n’ai pu m’empêcher de lui demander si un tome trois était prévu et sa réponse positive m’a rendue si heureuse. Par la suite, nous avons communiqué par courriel. Elle a été d’une très grande générosité et m’a fait parvenir un petit livre Un animal a fait grandir un enfant (décembre 1997, éditions des Glanures) qui est en quelque sorte l’histoire de sa vie.

Christine Martin est née au Québec en 1966 et a grandi au sein d’une famille montréalaise de quatre enfants, heureuse et amoureuse des animaux. Il faut dire que chaque enfant avait son cheval, ce qui m’a impressionné et surtout, étonné! Lors des vacances estivales et hivernales, ils se dirigeaient à Pointe-à-la-Garde en Gaspésie, région natale de sa mère. Elle a entamé l’écriture de Fol espoir à l’adolescence, mais faute de temps à y consacrer, la conception lui a pris plusieurs années. Il est publié en octobre 1997 chez Libre Expression soit quelques semaines après la naissance de son premier enfant. La suite de cette œuvre, Bonaventure, est parue en janvier 2000. À ce jour, c’est malheureusement le dernier roman publié au nom de Christine Martin.

Que se passe-t-il dans ce roman de si incroyable pour que je vous en parle une décennie plus tard? Voilà, j’y arrive, ne soyez pas si impatients chers lecteurs! C’est l’histoire de Pascale Vladek qui quitte sa Gaspésie natale pour le Kentucky, royaume des amateurs de chevaux. Cette jeune femme à l’allure peu féminine, mystérieuse, farouche et entêtée, nous donne envie de la suivre page après page afin de percer son terrible secret et je dois bien l’admettre, pour vivre avec elle l’amour naissant et parfois compliqué entre deux êtres si différents.

Mon dernier moment en tête à tête avec cette héroïne remonte déjà à quelques années, mais de vous communiquer mon immense intérêt à son égard me donne envie de galoper, à nouveau et à toute vitesse vers son univers. J’espère encore qu’il y aura une suite, car je ne peux me résoudre à ne pas savoir ce qui adviendra de la vie amoureuse et professionnelle de cette passionnée des chevaux. En général, la patience a ses limites, mais il faut croire que l’espoir en a moins !

Pourquoi j’admire cette auteure? Cette question a trotté dans ma tête pendant quelques heures, puis la réponse m’a paru si évidente. Je caresse le rêve d’être écrivaine, presque en cachette. J’ai des idées plein la tête et j’adore écrire. J’ai toujours eu mon monde imaginaire ancré en moi et des tonnes de personnages qui ne demandent que de naître sur papier. Depuis que je suis toute petite, j’écris différentes choses pour le plaisir, mais aucun de mes projets littéraires n’est achevé, ils sont en suspens dans le temps et occupent un dossier fictif « Si un jour ». Quand je regarde le parcours de cette femme qui a écrit trois romans, en parallèle d’une vie probablement fort occupée au niveau professionnel et personnel, je me dis que mon rêve est à ma portée et qu’un jour, je l’espère pas si lointain, mon premier roman sera entre les mains d’un grand nombre de lecteurs assoiffés et avides de lire la suite de mon intrigue, comme je le suis si souvent depuis mon adolescence.

Vous avez envie de vous laisser aspirer dans ce tourbillon d’émotions, sachez que vous devrez fréquenter votre bibliothèque de quartier, car malheureusement ces deux œuvres sont épuisées. Qui sait, peut-être que mon texte ravivera le désir des lecteurs, qu’ils réapparaitront sur les tablettes des libraires et que l’auteure entendra mon cri de désespoir et publiera ce dernier tome si réclamé. Ah l’espoir, ce fol espoir !

Et vous, avez-vous un livre ou un auteur ayant marqué votre enfance ou votre adolescence? Partagez-le avec nous 🙂