Parent en solo, en raison du boulot

Mon conjoint et moi étions des êtres presque inséparables les premières années de notre vie commune. Nos emplois respectifs nous permettaient, la majorité du temps, de déjeuner, de souper et de profiter de nos soirées ensemble. Quelques années plus tard, mon conjoint a changé de responsabilités au travail et les courts séjours à l’extérieur sont devenus plus fréquents, surtout à certaines périodes de l’année. En plus d’être confrontés à l’absence de l’être aimé, nous étions en apprentissage et en période d’adaptation dans notre nouveau rôle de parents.

Je dois vous avouer que les premières années furent parfois difficiles. Lorsque je me retrouvais seule dans notre lit conjugal, mon sommeil en était grandement affecté, me sentant moins en sécurité. Au réveil, je devais faire fi de mon état endormi pour gérer en solo la routine du matin avec nos deux filles. La course contre la montre pour arriver à l’heure au boulot était une source considérable de stress pour l’anxieuse que je suis. Puis après une journée éreintante au travail, la routine du soir débutait. Dans mon cas, cette dernière était vécue comme un marathon où, malgré l’épuisement qui sévissait, je me battais contre moi-même afin de rester debout, efficace et amusante aux yeux de notre progéniture. 

Le plus difficile quand je suis seule avec la marmaille, c’est de ne pas avoir accès immédiatement au support moral et à la présence de mon conjoint, le père de nos deux gamines. En sa présence, j’ai l’option de lui demander d’intervenir avant que mon piston saute, que l’impatience se transforme en hystérie et que celle-ci prenne possession de tout mon être. Quand je suis seule, j’ai l’obligation de faire face à nos petits anges cornus même si je ne suis pas dans un état d’esprit optimal, de mon point de vue, pour y parvenir.

Il y a quelques semaines, j’ai recueilli via les réseaux sociaux quelques témoignages de familles vivant une situation similaire à la mienne. Après lecture, réflexion et quelques constats, j’ai formulé ces quelques conseils.

5 conseils pour vivre ces périodes d’éloignement plus harmonieusement :

1- Communiquer avec respect

Le respect est à la base de toute relation harmonieuse, même lorsque nous sommes débordés et épuisés.

2- Choisir le bon moment qui convient à tous pour discuter.

Plus nos enfants sont jeunes, plus nous sommes ancrés dans une routine et moins nous avons de temps à consacrer pour tout le reste. Afin de permettre à nos enfants d’échanger quelques mots ou quelques grimaces avec l’autre parent grâce à la technologie, dans une ambiance zen et chaleureuse, déterminons à l’avance les moments idéaux pour nous contacter.

3-  Se mettre dans la peau de l’autre afin de comprendre sa réalité.

Il ne faut pas oublier que le parent qui s’absente vit lui aussi des difficultés. Il s’ennuie probablement de sa famille et peut-être qu’il se sent coupable de ne pas être présent pour eux. Le parent qui travaille à l’extérieur n’a pas nécessairement la vie plus facile que celui qui s’occupe des enfants à la maison. J’ai accompagné mon conjoint à quelques reprises et c’est ainsi que j’ai pu comprendre sa réalité. Nous n’avons peut-être pas d’enfants sous notre aile, mais nous avons d’autres obligations. Notre routine est complètement chamboulée et nous avons peu de temps libres, seul à la chambre d’hôtel. La source de l’épuisement diffère peut-être, mais le résultat est similaire.

4- Accepter le fait qu’en notre absence l’autre parent fera les choses à sa façon. 

Accepter, c’est respecter cette différence et reconnaître ouvertement sa valeur. La perfection n’existe pas et ce que moi je considère comme la bonne façon de faire auprès des enfants n’est probablement pas la même pour «Pierrette, Jeanne, Jacqueline». Veuillez noter ici ma piètre tentative de féminiser l’expression «Pierre-Jean-Jacques», car malgré le fait que plusieurs d’entre-nous militent pour l’égalité des sexes, certaines femmes croient encore détenir la seule et unique méthode par excellence pour éduquer leurs enfants. De mon point de vue, il n’y a pas qu’une seule façon d’éduquer nos enfants et ces derniers ont besoin autant d’une présence féminine que masculine qui s’affirment.

5- Percevoir ces moments comme une occasion de communiquer différemment avec l’être aimé

Nous sommes bien plus que des parents, nous sommes aussi des amoureux. Nous pouvons percevoir ces moments d’éloignements comme une occasion de communiquer différemment. Certes, on peut se parler de vive voix de la pluie et du beau temps, mais c’est terriblement ennuyant n’est-ce pas ? Pourquoi ne pas s’écrire comme lorsque nous étions au début de notre relation, à l’affût d’en apprendre davantage sur l’être aimé? On n’oublie que tout comme nous, notre partenaire vit, vieillit, explore et découvre mille et une choses influençant ses goûts, ses opinions et ses rêves. Pourquoi ne pas s’amuser entre amoureux via la webcam, une fois les enfants endormis, afin de ne pas oublier que nous sommes aussi des amants ?

Au début, cette réalité d’être seul avec nos enfants ou encore d’être loin de ceux-ci en raison du travail peut être vécue difficilement. Par contre, si nous abordons ces périodes d’éloignements de façon zen et  que nous communiquons avec l’être aimé, en toute franchise et honnêteté, nous réalisons que «loin des yeux» ne signifie pas «loin du coeur». 

Garderie: l’importance de la relation parent-éducatrice

Un des aspects les plus importants de ma profession d’éducatrice, outre prendre soin de mes petits trésors au quotidien est de communiquer avec leurs parents. Au fil des années, j’ai observé et constaté la grande importance d’une bonne relation entre les éducatrices et les parents. Je suis éducatrice depuis plus de 10 ans, mais aussi maman de deux enfants, alors je comprends la réalité de ses deux métiers, car il ne faut pas se méprendre, être parent est un boulot à temps plein, même lorsque nos Bouts de choux sont à la garderie. 

C’est pour cette raison que j’ai envie de vous expliquer pourquoi, à mon avis, il est essentiel d’établir et maintenir une bonne relation avec les éducatrices de votre enfant ainsi que quelques conseils pouvant vous être utiles.

Je tiens à préciser que j’ai privilégié le mot «éducatrices» à éducateurs tout au long de ce billet, car les hommes exerçant ce métier sont très peu nombreux dans les garderies. 

Pourquoi faut-il établir une bonne relation parents-éducatrices ?

* Pour le bien-être de votre enfant. Tout comme vous, nous voulons lui offrir ce qu’il y a de mieux pour faire de son quotidien un moment agréable, harmonieux et stimulant au sein de cette mini-société où il y a plus d’enfants que d’adultes! 

* Pour faciliter l’observation, la compréhension et les interventions de l’éducatrice. Ce que vous nous dites nous aide à mieux comprendre certaines réactions de votre enfant et oriente parfois notre observation vers des éléments précis. Votre enfant est unique et nous voulons personnaliser notre approche à son égard en fonction de sa réalité. 

* Pour recevoir des informations sur votre enfant dans un contexte différent de la maison, échanger sur son développement ainsi que recevoir de petits trucs et conseils si tel est votre désir. 

* Pour permettre à l’éducatrice d’en savoir davantage sur la vie de votre enfant au sein de sa famille. De plus, elle pourra utiliser certaines informations pour entrer en relation avec lui ou encore, lui proposer de nouvelles activités en fonction de ses intérêts. 

* Votre enfant a confiance en vous, vous écoute et est sensible à votre non verbal. Vous êtes son modèle pour valider s’il doit ou non faire confiance aux gens qui s’en occupent en votre absence. Si votre enfant perçoit que son parent apprécie son éducatrice, il se sentira en sécurité ce qui lui permettra d’établir à son tour une relation harmonieuse avec elle. 

* Qui dit bonne relation, dit aussi bonne communication. Certaines informations sont importantes afin d’assurer le bien-être physique et psychologique optimal de votre enfant. Nous aimons être informé que votre enfant a mal dormi et la raison, qu’il a mal quelque part, qu’il a pris un médicament et à quelle heure (afin d’éviter une surdose d’acétaminophène par exemple), qu’il vit un deuil, que ses parents se séparent ou qu’un de ses parents est absent pour quelques jours. Bref, tout ce qui peut affecter sa santé physique et psychologique afin que l’éducatrice puisse adapter ses interventions afin de répondre adéquatement à ses nouveaux besoins. De plus, elle sera en mesure de mieux comprendre son changement de comportement et lui apporter l’aide et le soutien dont il a besoin.

Quelques conseils pour entretenir une bonne relation avec les éducatrices de votre enfant

· Percevoir l’éducatrice comme une alliée dans le développement de votre enfant.

· Comme dans toute relation saine, le respect et la politesse sont essentiels. Prendre le temps de saluer, échanger quelques mots au sujet de votre enfant et dire au revoir. Encourager aussi votre enfant à dire «bonjour» et «bye bye» en regardant son éducatrice.

· Reconnaitre quand c’est le bon moment pour aborder certains sujets qui requièrent plus de temps. Il faut se rappeler que tout en discutant avec vous, elle observe les enfants et intervient lorsque nécessaire, donc les conversations sont généralement courtes et il se peut qu’elles soient interrompues en raison d’une intervention ou de l’arrivée d’un autre parent. La communication quotidienne se fait naturellement lors de l’arrivée et du départ de votre enfant dans le «cadre de porte» et via son agenda. Vous pouvez aussi demander à l’éducatrice s’il serait possible d’avoir une rencontre privée avec elle si nécessaire. 

· Lorsque vous avez une interrogation ou un inconfort quelconque, n’attendez pas et discutez avec elle afin d’éviter tout malheureux malentendu.

· Répondre aux demandes relatives à votre enfant comme amener des couches, des lingettes ou des vêtements de rechange.

· Avoir confiance aux éducatrices qui prennent soin de votre enfant. L’enfant le ressent et ça le sécurise!

La parole est à vous chers parents

Avez-vous une belle relation avec les éducatrices de votre enfant? 

Est-ce que la communication se fait aisément ?

Toujours et jamais, ces adverbes extrémistes

Depuis quelque temps, je remarque que mes enfants utilisent de tout-petits mots qui résonnent à mes oreilles avec la délicatesse d’un bulldozer. Lorsqu’ils s’expriment, ils y vont dans les extrêmes, sans nuance ni retenue. À partir du moment que ces paroles extrémistes et agaçantes ont été une révélation pour moi, mes oreilles ont été à l’affût de ces paroles sans appel ni retour. Malheureusement, le constat fut prévisible, la majorité des êtres humains les utiles avec aisance et à toutes les sauces.

Nous avons tendance à les utiliser autant dans les critiques que dans les généralités de la vie courante.

Je ne serai jamais capable…

Tu es toujours en retard.

Il fait toujours froid.

Nous n’aurons jamais des bonnes notes .

Vous ne serez jamais capable de respecter les consignes.

Ils se moquent toujours de moi.

Ces petits mots qui nous viennent si rapidement en bouche ont une énorme portée négative sur nos perceptions et celles d’autrui. Elles créent une ambiance lourde où aucun espoir n’est permis. Ils ajoutent du mordant à nos critiques reproches.

Une personne qui a de la difficulté à s’organiser et qui depuis son plus jeune âge se fait dire qu’il est toujours en retard finira par assimiler qu’être retardataire est un trait de sa personnalité qu’il ne peut pas changer.

Une personne qui utilise ses mots en lien avec la météo sera probablement dépressive à longueur d’année. Pourquoi planifier des vacances, il mouille toujours, peu importe où je vais? 

Un enfant qui se fait dire régulièrement par son parent exaspéré «tu ne m’écoutes jamais» aura peut-être inconsciemment ou non le réflexe de ne plus écouter attentivement, car peu importe, l’idée de son parent est déjà faite à son sujet. En plus, il risque de vivre de la frustration ou de l’angoisse en sa présence.

Que ces extrêmes soient utilisés de vive voix, en sous-entendu ou encore en musique d’ambiance dans votre tête, sachez les repérer et les modifier. Il y a une expression qui dit que l’on doit tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler et je crois que prendre quelques secondes supplémentaires avant d’exprimer ce que l’on ressent à autrui nous permettra de faire un choix de mot plus nuancé.

Lorsque je dis «modifier», je ne fais pas seulement référence au vocabulaire, mais aussi à notre perception des choses, des évènements, des situations, d’autrui et autres. Depuis quelques années, j’essaie de voir une même situation sous divers angles et je dois avouer que parfois, mon opinion change naturellement, tout comme les émotions plus négatives comme la jalousie, la frustration et l’angoisse.

Pour aider nos enfants à nuancer leurs propos et à être plus ouverts d’esprit, il faut tout simplement commencer par changer notre propre façon de communiquer, de percevoir notre environnement et la vie en générale. On peut aussi aider notre enfant à voir l’autre côté de la médaille à l’aide de questions qui l’amèneront à pousser plus loin sa réflexion. On peut aussi utiliser l’humour pour mettre en évidence sa perception fataliste. Par exemple, si votre enfant bougonne devant la fenêtre en vous disant «c’est vraiment plate, je ne peux jamais jouer dehors, car il pleut toujours», vous pouvez lui dire avec un petit air rieur «ah oui, il pleut tous les jours depuis un mois ?».

Toujours et jamais, deux adverbes que l’on peut doit mettre de côté sauf en situation de réel drame, de situation fatale.