À la garderie comme à la maison, les enfants vivent des émotions et des difficultés

À l’automne dernier, la campagne télévisuelle  de naître et grandir sur les habiletés sociales m’a fait sourire et réfléchir. En tant que parent, gérer les émotions de nos petits est parfois difficile, voire éprouvant. Nous constatons alors que la gestion de nos propres émotions représente tout un défi! Imaginez l’ampleur de la tâche pour un jeune enfant qui n’a pas tout notre bagage, les mots justes pour s’exprimer,  la maturité requise pour réfléchir à ce qu’il ressent et raisonner sur ce qui est moralement acceptable ou non en société.

Dans le cadre de mon travail d’éducatrice, j’entends souvent des parents dirent «je ne sais pas comment vous faites, j’en ai juste un à gérer et je trouve ça difficile». Sachez que je vous comprends, je suis un parent moi aussi!

Lorsque nous devenons parents, nous ne sommes pas préparés à affronter les crises de colère ou de larmes en public, le harcèlement psychologique du type «moi je veux», les cris incessants et les mots nous blessant droit au cœur comme «je t’aime pas». Je me sens choyée dans mon rôle de parent d’avoir une formation et une expérience dans le domaine de la petite enfance qui m’est utile chaque jour avec mes propres enfants.

Qu’en est-il de la gestion des émotions dans un contexte de garderie ?

Comment interviennent les éducatrices lorsque des enfants sont en crises ou vivent des conflits avec leurs pairs ?

Que font-elles pour aider les jeunes enfants à développer leurs habiletés sociales ?

Les éducatrices favorisent et stimulent le développement global des enfants

Évidemment, il est primordial de stimuler les sphères sociale, morale et langagière dans l’optique du développement des habiletés sociales. Un enfant qui est capable d’exprimer avec des mots ce qu’il vit aura plus de facilité à interagir avec ses pairs, mais c’est aussi l’aisance dans les autres sphères de son développement (cognitive, affective, motrice) ainsi que dans la réponse positive de tous ses besoins de bases qui favoriseront la création d’un contexte favorable à l’apprentissage des habiletés sociales.

Elles observent les enfants et adaptent leurs activités et interventions au besoin de chacun

À la garderie, chaque moment de la journée est une occasion pour exploiter les différentes sphères du développement que ce soit lors des repas, des activités dirigées, des périodes de jeux libres, de transition ou à l’extérieur. Certaines périodes sont planifiées en fonction de l’analyse de nos observations tandis que pour d’autres, on saisit les occasions observées au quotidien en intervenant immédiatement en fonction de ce que vive les enfants (conflits, difficultés, succès…) en verbalisant leurs émotions, en soulignant leurs bons coups, en les soutenant et en les guidant dans leurs résolutions de problème ainsi qu’en proposant de nouvelles activités ou en étant flexible dans la routine afin de répondre à leurs besoins (besoin d’être seul, de dormir, de boire ou manger, de se défouler…).

Pour une même problématique, les éducatrices n’utiliseront pas automatiquement la même intervention en fonction du contexte (pourquoi, comment, quand, avec qui, où), de la fréquence du comportement, de l’éducatrice (forces, aisance, formations, préférences) et bien évidemment de l’enfant (personnalité, besoins, particularités).

Les techniques fréquemment utilisées au quotidien sont la discussion auprès des enfants concernés ou en grand groupe (causerie), l’ignorance, le retrait de la situation problématique (si elle ne correspond pas au besoin de l’enfant à ce moment-là en lui offrant une activité ou un lieu adapté), guider et soutenir à proximité ou non avec la parole ou le non verbal, la diversion et adapter les lieux, l’activité, la routine ou le jumelage des enfants.

Lorsqu’il s’agit de la sécurité d’un ou des enfants, le retrait est immédiat le temps que l’enfant retrouve un état de calme. Lorsqu’il s’agit d’une problématique récurrente, il y a un plan d’intervention mis sur place incluant généralement des mesures préventives ainsi que l’intervention à utiliser lorsque la problématique survient.

Elles favorisent les contextes pour guider et pratiquer les habiletés sociales avec les enfants en adaptant ou modifiant ses activités, les consignes ou la disponibilité du matériel afin de leur permettre de se familiariser à attendre son tour, à formuler de belles demandes et à expérimenter les étapes de la résolution de problèmes.

Certains outils comme Brindami (ateliers sur les habiletés sociales animées par «Brindami la souris», marionnette manipulée par l’éducatrice) et la collection de livres Au pays de Magiri que je vous recommande chers parents (mises en situation réalistes que vivent les jeunes enfants au quotidien avec leurs amis et familles avec pistes de solutions) sont fréquemment utilisés en petite enfance.

La clé du succès dans l’apprentissage des habiletés sociales réside dans l’expérimentation et la répétition dans différents contextes avec le soutien des différents intervenants !

Elles sont un modèle pour les enfants

Lorsqu’elles communiquent avec les enfants ainsi qu’avec les parents et collègues, elles utilisent les formules de salutation et de politesse. Lorsqu’elles s’adressent aux enfants, elles s’approchent doucement, se placent à leur hauteur et établissent un contact visuel leur démontrant qu’elles les respectent, les apprécient et s’intéressent à ce qu’ils ont à dire. Elles offrent des câlins, les couvrent de sourires et les écoutent. L’établissement de relations chaleureuses, respectueuses et de confiance avec les différents intervenants, dont vous chers parents, leur permettront de transposer de façon inconsciente ses gestes et paroles avec autrui.

Que ce soit à la maison ou à la garderie, les enfants vivent des émotions et des problématiques. Ce sont deux contextes différents, mais nécessitant le même soutien de gens de confiance et sur qui ils peuvent prendre exemple pour développer leurs habiletés sociales.

L’Association des haltes-garderies communautaires du Québec a mis en ligne récemment deux capsules intéressantes et abordant le même sujet que cet article. Si ça vous intéresse: Les habiletés sociales et J’exprime mes besoins à ma façon !

Et vous chers parents, vivez-vous des difficultés à la maison en ce qui concerne l’apprentissage ou la gestion des habiletés sociales de votre enfant ?

Prévention des agressions: 10 conseils pour faciliter la discussion avec nos enfants

Il y a des sujets beaucoup plus faciles que d’autres à aborder avec notre progéniture. Lorsqu’il s’agit de mentionner les cruautés dont la race humaine est capable, j’étouffe ma colère, ma peine et mon angoisse afin d’être capable d’exprimer à mon enfant que les méchants ne sont pas juste à la télé et dans les jeux vidéo.

Dernièrement, j’ai lu avec ma fille le livre Ma sexualité de 6 à 9 ans de la sexologue Jocelyne Robert qui, le temps d’un très court chapitre, explique aux enfants comment se protéger des prédateurs sexuels. Ces quelques paragraphes ont été le déclencheur de plusieurs discussions dans les jours qui ont suivi.

Chacune de ses questions occasionnait un stress et une réflexion qui se devait d’être rapide, mais malgré tout profonde. J’avais l’impression de marcher sur un terrain miné où à tout moment je pouvais traumatiser mon enfant, affecter son sommeil et nuire au déploiement de ses ailes lui permettant de s’envoler avec confiance vers d’autres horizons, loin des jupes de sa mère et des baskets de son père.

Plusieurs questions et réflexions défilent dans ma tête depuis quelques jours.

Comment expliquer à un enfant ce qu’est un prédateur sexuel?

Comment dire à un enfant sans faire éclater sa bulle dorée que, dans la vie, personne n’est totalement digne de confiance?

Comment expliquer à un enfant qu’il ne doit pas aider un homme inquiet à la recherche de son chien disparu?

Nous tentons d’inculquer à nos jeunes l’importance d’entrer en relation avec autrui, de socialiser, de discuter au lieu de prendre la fuite, et d’être confiant dans la vie. À l’opposé, nous devons les prévenir que la vie n’est pas rose, que la confiance est une notion fragile et perméable, et qu’aider son prochain peut être un geste risqué, voire lourd de conséquences.

Nous ne sommes pas préparés à présenter à nos enfants, avec délicatesse et honnêteté, les deux côtés de la réalité.

«Ce soir, dans le ring de la vie, vous aurez droit à tout un combat. Du côté gauche, avec de grands yeux bleus de biche et une auréole magique, voici Espoir Labonté! Du côté droit, arborant un regard de feu et deux cornes acérées, voici Enfer Méchanceté!»

Soyons honnêtes, nous ne sommes pas très à l’aise de discuter des dangers avec nos enfants, car ils nous effraient nous aussi. On essaie de les protéger, tout comme on essaie de se protéger nous-mêmes de tous ces monstres, dissimulés ou non, rôdant ici et là, dans les rues de la ville et devant nos écrans, la réalité ayant rejoint la fiction et vice-versa.

Nous devons aborder avec nos enfants comment, quand et pourquoi se protéger face à autrui, mais sans leur présenter la réalité comme un tableau noir et rouge où l’inquiétude et la panique doivent régner.

Il faut seulement amener nos enfants à prendre conscience qu’ils pourraient peut-être faire face un jour à une personne voulant leur faire du mal, mais peut-être pas non plus. Notre but est de les outiller afin de les protéger, pas de les paniquer.

10 conseils pour discuter des possibles dangers de la vie avec notre enfant

• Ayez un ton calme et en contrôle.

• Donnez quelques règles de sécurité et utilisez des mots adaptés à son âge. Pour amorcer les questions de sécurité, vous pouvez utiliser un livre pour enfants abordant ce sujet.

• N’entrez pas dans les détails. Il se peut que votre enfant vous demande ce que fait la personne à l’enfant qu’elle a enlevé. Je ne suis pas psychologue, et j’avoue que j’aurais aimé savoir ce qui est suggéré de dire ou de faire. Si un psychologue lit cet article, j’aimerais bien connaître son opinion!

• Soyez honnête et dites-lui que les enfants n’ont pas à connaître tous les détails, ou que nous ne sommes pas à l’aise de répondre.

• Rassurez votre enfant régulièrement sur le fait qu’il peut avoir confiance en vous, que vous allez être là pour l’écouter, le soutenir et le guider.

• Soyez clair sur le fait qu’inconnu n’égale pas agresseur ou voleur d’enfants. On parle tous à des inconnus, que ce soit la caissière à l’épicerie ou aux parents d’un enfant jouant au parc en même temps que le nôtre.

• Allez au-delà de ses questions afin de cibler ses perceptions et ses émotions. Est-ce qu’il est inquiet? De quoi est-il inquiet exactement? Est-ce qu’il a peur?

• Faites attention de ne pas ridiculiser ou banaliser ce que votre enfant ressent. Débutez votre réponse par «je comprends que notre discussion peut te faire peur, c’est tout à fait normal, mais…» et rassurez-le.

• Retournez-lui la question, demandez-lui ce qu’il en pense.

• Écoutez-le, laissez-le parler sans tout commenter lorsqu’il ne vous pose pas de questions.

Ce que l’on veut, ce n’est pas apprendre la méfiance à nos enfants, mais la vigilance!

Le jeu: source de plaisir et d’apprentissage

On a parfois tendance à associer le jeu à une tonne de bébelles débordant du coffre à jouets. Pourtant, lorsqu’on observe un peu le comportement d’un enfant face à son espace de jeu, on se rend vite compte que le fouillis régnant dans sa salle de jeux n’est pas le résultat de plusieurs heures de plaisir avec cesdites bébelles. L’enfant a le réflexe de vider les boîtes, car devant l’abondance, il ne se retrouve plus et faire un choix lui est difficile. Il préfère davantage les contenants vides pour créer son propre jeu. C’est un peu comme un artiste peintre qui aurait le choix entre une toile dont les contours des images y sont déjà et une toile vierge ! 

À travers le jeu, l’enfant fait bien plus que du divertissement occupationnel. Grâce à ses cinq sens, il découvre, explore et apprend sur le monde qu’il l’entoure. L’enfant qui manipule un objet pour la première fois sans qu’on lui ait donné les instructions découvrira par essais et erreurs son fonctionnement, ce qui favorisera le développement de son autonomie et augmentera son estime de soi. 

Pensez aux bébés qui pèsent sur tous les boutons lorsque surgit un chien, qui les surprennent et provoquent la rigolade. Par la suite, ils vont continuer leur jeu afin de retrouver cet état de surprise. De plus, ce type de répétition (relation de cause à effet, association) dans un jeu permet à l’enfant de valider ses acquis et d’établir un schéma qu’il pourra transposer dans un autre contexte. Raison de plus pour laisser à nos enfants le temps de se familiariser avec un nouveau jouet avant de leur faire une démonstration ! 

Le jeu contribue au développement cognitif, langagier, social, moral, affectif et moteur. Le jeu ne doit pas être perçu comme une période de temps que l’on alloue aux enfants seulement lorsque nous sommes occupés à préparer le repas ou lorsqu’on a invité un de ses amis à la maison. Chez l’enfant, le jeu peut doit se vivre à différents moments de la journée et dans des contextes variés. 

L’enfant a le jeu dans le sang, alors laissez-lui quelques secondes sans distraction télévisuelle et il improvisera son propre jeu, selon ses intérêts et ce qui se trouve à sa portée. Les jeux non structurés (jeux libres) avec un ou plusieurs amis lui permettront aussi de socialiser, d’apprendre à gérer ses conflits ainsi que ses émotions. Pour se faire, il doit y avoir un adulte qui soutiendra et guidera le groupe dans ces apprentissages et dans la recherche de solutions, sans trop s’imposer.

De temps à autre, proposez-lui des jeux plus encadrés avec une consigne simple ou plusieurs selon l’âge de l’enfant. Il apprendra ainsi la notion de « chacun son tour », respecter une ou des consignes et augmenter peu à peu son niveau de concentration. De plus, il aura du plaisir à jouer avec vous et les autres membres de sa famille! 

On peut favoriser la communication et égayer les moments de routines et les déplacements en faisant de petits jeux. Par exemple ; des devinettes, des comptines avec des gestes, des grimaces, des jeux d’imitations et des livres « cherche et trouve ». 

Évidemment, l’enfant doit apprendre qu’il y a des moments pour jouer et d’autres où il faut être plus sérieux. Il ne faut pas, à mon avis, leur transmettre notre côté trop terre à terre, sérieux et probablement ennuyeux à leurs yeux, d’adultes pressés qui ont mis de côté la notion de plaisir. Nous devrions jouer et s’amuser nous aussi comme on le fait lorsque nous sommes en vacances ! 

Il ne s’agit pas d’être l’animateur de la vie de votre enfant, mais de garder en mémoire que le jeu peut se vivre de plusieurs façons, qu’il est essentiel au bon développement de votre enfant, qu’il favorise la communication et vous permet de passer du temps de qualité avec lui.

Quelques conseils pour favoriser l’autonomie, la créativité et le développement global de votre enfant:

* Éviter la pollution visuelle. Désencombrer les espaces de jeu. Il est préférable de proposer une variété de jouets et d’en mettre moins dans les boîtes. Par exemple, l’enfant n’a généralement pas besoin d’une boîte gigantesque de blocs, alors on peut en laisser dans une armoire pour les journées où il en aurait besoin davantage.

* Favoriser les contenants transparents afin que l’enfant voie le contenu. 

* Créer une mise en scène. Par exemple, placer les poupées et les toutous de façon à ce qu’ils aient chacun leur espace. Pourquoi ne pas les placer assis, avec une petite tasse devant eux ou encore couchés les uns à côté des autres ? C’est beaucoup plus inspirant pour l’enfant que de devoir vider le coffre au complet pour trouver la poupée souhaitée et la robe. Les animaux peuvent être accrochés aux parois de la boîte, ainsi l’enfant les voit au premier coup d’œil. 

* Ajouter des objets recyclés (vides et bien lavés). Par exemple ; une bouteille de shampoing ou de savon à lessive, une boîte de céréales ou un contenant de lingettes humides. 

* On peut créer des coins de jeux comme à la garderie. Il y a le coin symbolique (faire-semblant) où l’on peut retrouver la cuisinière et les accessoires, la trousse de docteur, trousse de coiffure, les déguisements, les poupées et les toutous. Il y a le coin blocs où l’on peut retrouver évidemment des blocs, mais aussi des voitures, des petits personnages, un établi et des outils. Il y a aussi le coin jeux de table, bricolages et dessin ainsi que le coin livres. Je vous suggère aussi d’avoir un espace pour les jouets musicaux. 

* Idéalement, avoir un espace de jeux où tout se déplace facilement est pratique lorsque la température à l’extérieur ne nous permet pas de sortir et que notre enfant a besoin de bouger et de se défouler ! 

* Le jeu, ce n’est pas que dans la maison ! On profite de l’extérieur pour se défouler et contribuer au développement psychomoteur de notre enfant. 

* Assurez-vous que les jouets à sa portée, utilisés sans une étroite surveillance soient sécuritaires. Pour se faire, vérifier la solidité des matériaux. Est-ce que les petites pièces des voitures ou les yeux des poupées risquent de se détacher ? Petit truc en ce qui a trait à la grosseur des objets et au risque d’étouffement. Si votre jouet peut passer à travers le trou d’un rouleau de papier de toilette, votre enfant de moins de trois ans, ou plus s’il a tendance à mettre les jouets dans sa bouche, ne doit pas jouer avec sans votre surveillance.

Garderie: l’importance de la relation parent-éducatrice

Un des aspects les plus importants de ma profession d’éducatrice, outre prendre soin de mes petits trésors au quotidien est de communiquer avec leurs parents. Au fil des années, j’ai observé et constaté la grande importance d’une bonne relation entre les éducatrices et les parents. Je suis éducatrice depuis plus de 10 ans, mais aussi maman de deux enfants, alors je comprends la réalité de ses deux métiers, car il ne faut pas se méprendre, être parent est un boulot à temps plein, même lorsque nos Bouts de choux sont à la garderie. 

C’est pour cette raison que j’ai envie de vous expliquer pourquoi, à mon avis, il est essentiel d’établir et maintenir une bonne relation avec les éducatrices de votre enfant ainsi que quelques conseils pouvant vous être utiles.

Je tiens à préciser que j’ai privilégié le mot «éducatrices» à éducateurs tout au long de ce billet, car les hommes exerçant ce métier sont très peu nombreux dans les garderies. 

Pourquoi faut-il établir une bonne relation parents-éducatrices ?

* Pour le bien-être de votre enfant. Tout comme vous, nous voulons lui offrir ce qu’il y a de mieux pour faire de son quotidien un moment agréable, harmonieux et stimulant au sein de cette mini-société où il y a plus d’enfants que d’adultes! 

* Pour faciliter l’observation, la compréhension et les interventions de l’éducatrice. Ce que vous nous dites nous aide à mieux comprendre certaines réactions de votre enfant et oriente parfois notre observation vers des éléments précis. Votre enfant est unique et nous voulons personnaliser notre approche à son égard en fonction de sa réalité. 

* Pour recevoir des informations sur votre enfant dans un contexte différent de la maison, échanger sur son développement ainsi que recevoir de petits trucs et conseils si tel est votre désir. 

* Pour permettre à l’éducatrice d’en savoir davantage sur la vie de votre enfant au sein de sa famille. De plus, elle pourra utiliser certaines informations pour entrer en relation avec lui ou encore, lui proposer de nouvelles activités en fonction de ses intérêts. 

* Votre enfant a confiance en vous, vous écoute et est sensible à votre non verbal. Vous êtes son modèle pour valider s’il doit ou non faire confiance aux gens qui s’en occupent en votre absence. Si votre enfant perçoit que son parent apprécie son éducatrice, il se sentira en sécurité ce qui lui permettra d’établir à son tour une relation harmonieuse avec elle. 

* Qui dit bonne relation, dit aussi bonne communication. Certaines informations sont importantes afin d’assurer le bien-être physique et psychologique optimal de votre enfant. Nous aimons être informé que votre enfant a mal dormi et la raison, qu’il a mal quelque part, qu’il a pris un médicament et à quelle heure (afin d’éviter une surdose d’acétaminophène par exemple), qu’il vit un deuil, que ses parents se séparent ou qu’un de ses parents est absent pour quelques jours. Bref, tout ce qui peut affecter sa santé physique et psychologique afin que l’éducatrice puisse adapter ses interventions afin de répondre adéquatement à ses nouveaux besoins. De plus, elle sera en mesure de mieux comprendre son changement de comportement et lui apporter l’aide et le soutien dont il a besoin.

Quelques conseils pour entretenir une bonne relation avec les éducatrices de votre enfant

· Percevoir l’éducatrice comme une alliée dans le développement de votre enfant.

· Comme dans toute relation saine, le respect et la politesse sont essentiels. Prendre le temps de saluer, échanger quelques mots au sujet de votre enfant et dire au revoir. Encourager aussi votre enfant à dire «bonjour» et «bye bye» en regardant son éducatrice.

· Reconnaitre quand c’est le bon moment pour aborder certains sujets qui requièrent plus de temps. Il faut se rappeler que tout en discutant avec vous, elle observe les enfants et intervient lorsque nécessaire, donc les conversations sont généralement courtes et il se peut qu’elles soient interrompues en raison d’une intervention ou de l’arrivée d’un autre parent. La communication quotidienne se fait naturellement lors de l’arrivée et du départ de votre enfant dans le «cadre de porte» et via son agenda. Vous pouvez aussi demander à l’éducatrice s’il serait possible d’avoir une rencontre privée avec elle si nécessaire. 

· Lorsque vous avez une interrogation ou un inconfort quelconque, n’attendez pas et discutez avec elle afin d’éviter tout malheureux malentendu.

· Répondre aux demandes relatives à votre enfant comme amener des couches, des lingettes ou des vêtements de rechange.

· Avoir confiance aux éducatrices qui prennent soin de votre enfant. L’enfant le ressent et ça le sécurise!

La parole est à vous chers parents

Avez-vous une belle relation avec les éducatrices de votre enfant? 

Est-ce que la communication se fait aisément ?

Il n’y a pas d’heure pour être ami

Cette semaine, notre grande Puce a décidé de profiter d’un moment seul, dans le noir, pour téléphoner à une amie. C’est très banal comme anecdote, j’en conviens, mais voici quelques précisions : Papa s’entraîne au sous-sol, sa petite soeur est au pays des rêves et moi, je prends une douche. Quelle heure est-il ? Seulement 5h40 le matin…  Notre Grande se pointe dans la salle de bain et me dit :

– Maman, j’ai appelé mon amie

– Hein…quoi ? C’est une blague ?

– Bin j’ai appelé mon amie

– Quoi ? Là ? Dis-moi que tu me niaises….

– Oui tantôt …

– Qui a répondu ma grande ?

– Bin.. son papa

– Est-ce qu’il était fâché ?

– Non..

– Il t’a dit quoi… ?

– Bin qu’il était un peu trop tôt pour appeler

J’étais estomaquée et confuse entre être furax ou rire de la situation. Quand j’ai raconté tout ça à son papa, même réaction. Elle a eu droit à un sermon, bien évidemment. On lui a fait prendre conscience que recevoir un appel à cette heure peut être une grande source de stress, car on s’imagine qu’il s’est produit un drame !

Nous avons écrit une lettre aux parents de cette amie pour nous excuser et ils nous ont répondu qu’ils avaient trouvé la situation très drôle et qu’il n’y avait pas d’heure pour être amis 🙂

Elle a bien retenu la leçon qu’il faut demander la permission avant d’appeler, c’est pourquoi le lendemain matin à 5h48 , elle me demande si elle peut téléphoner à cette même amie

– Ma grande, il est juste 8 minutes plus tard qu’hier !

Et vous, avez-vécu ce genre de situation ? Comment avez-vous réagi ?

L’apprentissage de la propreté, quand et comment!

En tant que parents, nous avons très hâte que la période des couches prenne fin et soit loin derrière nous. C’est aussi le signe que notre bébé grandit et qu’il devient de plus en plus autonome. Cet apprentissage ne se vit pas de la même façon d’un enfant à l’autre ni au même âge. Chaque enfant est unique, même dans l’acquisition d’un geste qui nous paraît aussi simple que de se soulager sur la toilette!

Voici quelques signes qui vous indiquent que votre enfant est prêt physiquement et psychologiquement:

1- Votre enfant est conscient qu’il a fait un besoin dans sa couche, il semble inconfortable, vous le mentionnent de différentes façons

2- Sa couche reste au sec pendant quelques heures

3- L’enfant peut s’assoir et se relever seul, avec équilibre

4- L’enfant veut s’assoir sur le pot ou sur la toilette

L’apprentissage de la propreté, c’est tout un défi et pas juste pour notre magnifique trésor, mais aussi pour nous, papa et maman! Nous devons tout nettoyer, laver et sécher à chaque incident de pipi sur le plancher, le divan, dans le lit et sans compter les matières fécales qui nous recouvrent les mains et empestent notre nez à chaque tentative de tout décoller avant le saut périlleux de la petite-culotte dans le lave-linge!

En plus, on subit et on enrage à chaque fois qu’un parent nous dit que ça y est, son enfant a réussi, alors qu’il a plusieurs mois de moins que le nôtre! Ne me dites pas que derrière votre joie, un peu fausse, vous n’y avez pas songé… Chaque personne y va de son conseil et parfois, en arrière-plan on entend la musique du jugement qui fait rage! Grr tout un coup dur pour notre orgueil parental!

De mon côté, je croyais que ces étapes se dérouleraient facilement vu que j’ai aidé quelques familles, dans le cadre de mon travail, à franchir ce cap. Je pourrais dire que malheureusement ce ne fut pas le cas pour une de mes filles.  En fait, grâce à ma grande fille, j’ai appris qu’en tant que parent, adulte, je ne peux choisir, imposer certaines choses, même si j’essaie très fort. Je me dois de proposer, suggérer, encourager, soutenir, féliciter et mon rôle s’arrête là. L’enfant décide d’y aller quand il sera prêt et ce n’est pas nous qui va lui dicter « Là aujourd’hui, tu es prêt, go! »

Ma plus vieille a été propre, de jour, un peu avant ses 3 ans pour ce qui est de l’urine, mais pour les matières fécales, environ un an plus tard. Tandis que ma plus jeune, ça s’est fait naturellement, par elle-même, vers 2 ans et 4 mois, autant de jour que de nuit pour les pipis et les cacas!

Ma grande s’est sentie prête quand nous avons lâché prise et que nous avons souligné que ces réussites et en tentant du mieux que l’on peut de rester neutre lorsque nous devions tout nettoyer! Ouf, pas facile à faire ça… J’ai aussi fait un petit tableau de récompenses qui au début, n’augmentait pas sa motivation, car elle refusait de fréquenter la toilette, mais après quelques réussites, elle a vu que c’était agréable d’être récompensé (petites activités et permissions), d’être félicité, en plus de ne plus avoir mal au ventre!

Voici quelques conseils en lien avec mon expérience:

1- Restez zen avec cet apprentissage. Ce n’est pas de vous qu’il s’agit, mais de votre enfant. Certains enfants, voyant qu’il y a trop d’emphase mise pour qu’ils aillent sur le pot, ne voudront plus y aller

2- Favorisez cet apprentissage lorsque vous êtes disponibles pour votre enfant autant pour l’encourager à se rendre aux toilettes ou au pot au bon moment que pour rester calmes et neutres lorsque vous devrez nettoyer les dégâts

3- Mettre à votre enfant des vêtements qu’il pourra enlever lui-même, rapidement,  lors d’une urgence toilette

4- Ne comparez pas votre enfant aux autres, rappelez-vous que chaque enfant est unique, qu’il y va à son rythme et qu’il mérite qu’on le respecte

5- Lorsqu’il s’échappe, on nettoie calmement et on le rassure en lui disant «Je sais que tu peux y arriver, tu feras mieux la prochaine fois»

Voici quelques liens intéressants:

Naître et grandir

Maman pour la vie

Educatout

 Voilà un petit partage de mon expérience, j’espère que ces quelques recommandations vous seront utiles!

Les histoires d’horreurs, ce n’est pas juste au cinéma

Je dois vous avouer que rarement je regardais les bulletins de nouvelles diffusés à la télé et que je feuilletais le journal surtout pour la section arts et spectacles. Vous avouez ça m’est difficile, mon orgueil vient de me renier, sérieux même lui me trouve pathétique. Pourquoi m’humilier aujourd’hui? Pour vous mettre dans le contexte de mon sujet, certainement pas pour le plaisir de ne pas me mettre en valeur intellectuellement et socialement.

Depuis que je fréquente les réseaux sociaux, je suis au courant de ce qui se passe à l’extérieur de ma petite vie, ce qui est très bien d’être informé et d’avoir plus d’un sujet dans son sac pour discussions futures, mais c’est aussi être confronté à des histoires d’horreurs, de meurtre ou de suicide d’enfants et ça j’ai de la difficulté à encaisser, car je ne peux pas me dire que c’est seulement dans les films et que c’est irréel. C’est pourquoi j’ai envie de partager avec vous ce que je ressens par rapport à mon rôle de mère dans une société où on ne peut se fier qu’à soi, et même encore… Apparemment, si on se fie aux événements passés, partout à travers le monde, dans les livres d’histoires et les vieux journaux.

J’aimerais tant que mes enfants restent petits pour pouvoir les protéger du monde extérieur. Depuis quelques années, j’ai l’impression que dès la naissance de nos enfants, un nuage noir, rempli de la cruauté de la race humaine se dandine au-dessus leur tête, les narguant déjà que leur vie sera parsemée d’embûches et de souffrances. En tant que parent, notre devoir est de les protéger au mieux de nos connaissances et de notre pouvoir. Je dois vous avouer que j’angoisse déjà sur la marche à suivre pour les outiller à avoir confiance en eux, à s’aimer, à respecter autrui et à se défendre, mais sans utiliser la violence. Et comment fait-on pour se défendre sans avoir recours à la violence? Comment apprendre à nos jeunes à ne pas être victime? Comment réagir en voyant le nombre de cas d’intimidation et malheureusement de suicide?

Quand je regarde la société, c’est avec déception que je constate que l’intimidation n’est pas seulement réservé au moins de 18 ans. Elle touche tous les âges, peu importe le sexe, la race et même, la situation financière. J’aimerais qu’il y ait des outils mis à la disposition de tous pour savoir quoi faire pour ceux qui vivent de l’intimidation, mais aussi pour empêcher nos enfants d’intimider les autres. Je crois que la façon d’affronter la vie vient de la famille, des valeurs véhiculées et des gestes posés. Nous ne devons pas baisser les bras en nous disant que quelqu’un d’autre le fera.

Les enfants sont à l’image de ceux qui les ont mis au monde. Pour pouvoir les aider, on devra aussi faire notre bout de chemin et leur montrer le bon exemple!

Il y a de plus en plus de ressources disponibles autant pour les parents que pour les jeunes. Je vais m’outiller et faire des recherches question de bien me préparer et préparer mes enfants à vivre avec les réalités de ce monde, de façon saine et harmonieuse!
Karine Cyr

Moments privilégiés avec nos enfants

Dans le cadre de mon travail d’éducatrice, on parle souvent de l’importance des moments privilégiés auprès de chaque enfant du groupe, mais qu’est-ce que ça veut dire, pourquoi et comment on le met en application dans notre contexte familial. Dans cet article, je vais vous expliquer tout ça chers parents!

Premièrement, voici une définition de mon cru:

Un moment privilégié est une période où notre enfant devient notre centre d’attention de façon volontaire de notre part. On se met totalement disponible à entrer en communication verbale et non verbale avec lui.  La communication est à la base d’une belle relation sincère et harmonieuse et je crois que c’est ce que l’on recherche en tant que parent.

Qu’en pensez-vous?

Pourquoi devrions-nous intégrer ces moments dans notre quotidien?

1- Parce que notre enfant est important pour nous.
2- Parce que nous désirons avoir avec lui un lien d’attachement sincère et significatif.
3- Parce que nous l’aimons tout simplement et être à ses côtés est agréable.

Lorsque notre enfant vient au monde, en général, il devient le centre de notre vie, il devient prioritaire à nos yeux. On répond d’emblée à ses besoins physiologiques, mais pas nécessairement de façon volontaire à ses besoins psychologiques et affectifs. Outre les câlins et les «je t’aime» à profusion, ils ont besoin de gestes concrets pour valider vos paroles et assimiler qu’ils sont importants pour vous. Très sécurisant pour un enfant de savoir que nous sommes là, qu’il peut nous parler seul à seul dans un endroit calme et où nous sommes totalement disponible pour lui. Se savoir important augmentera son estime et sa confiance personnelle. En plus, le fait de pouvoir se confier quand il en ressent le besoin diminuera son anxiété et le risque de se replier sur lui-même en cas de problème.

Les moments privilégiés passés auprès de notre enfant n’ont pas besoin d’être de longue durée. L’important, c’est que lors de ces périodes, on lui accorde toute notre attention et que l’on soit disponible pour lui. Quand je parle de disponibilité, je ne fais pas référence seulement à notre présence physique, mais aussi psychologique. Idéalement, une fois par jour ou plus.

Les moments de routine peuvent devenir un moment privilégié, alors soyez à l’écoute de vos enfants et disponible pour eux, ils vous en remercieront! Voici quelques exemples : lire un livre, faire un casse-tête, jouer à un jeu de société, faire un sport ensemble, faire un bonhomme de neige, bricoler, prendre une marche… L’important, c’est qu’il est la chance de s’exprimer sur les sujets de son choix si c’est ce qu’il désire. Parfois, les paroles n’ont pas raison d’être, juste le contact et la proximité suffise.

Le moment que je préfère avec mes filles, c’est le soir avant qu’elles s’endorment. Avec ma plus jeune, on lit une histoire et elle choisit deux ou trois comptines qu’elle veut que je chante. Avec ma plus vieille, on lit une histoire et on en discute. Puis, on fait un cour bilan de notre journée, en disant ce que l’on a aimé et moins apprécié. On termine sur une note positive, question d’avoir un sommeil plus agréable!

Notre marmaille est une priorité pour nous, mais si nous désirons être toujours là pour eux, être heureux et de bons modèles, n’oublions pas de nous accorder du temps pour nous et notre couple! On dit souvent « je n’ai pas le temps », mais il faut savoir en trouver pour soi sinon c’est notre corps et notre tête qui nous envoie le signal que si on continue de s’oublier, il se mettra lui même en arrêt. Tout le monde va bénéficier du fait que nous sommes heureux et épanouis, alors pourquoi nous s’en priver?

Que faites-vous pour vous, pour vous détendre, vous amuser?

Bonne réflexion 🙂

Karine Cyr