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Mes 10 conseils pour une maison familiale adaptée et bien ordonnée

Le calme régnait dans la maison. Je disposais enfin de quelques heures de répit. Mon plan: rédiger toute la journée. C’est en tentant de récupérer mes notes que la décision fut prise. Je devais ranger immédiatement mon bordel. Il m’aura fallu plusieurs heures pour en venir à bout!

Depuis quelques semaines, je ressens le besoin de désencombrer et de réorganiser l’espace. J’en ai marre que ma demeure ne soit pas adaptée à ma personnalité ni aux besoins de ma petite famille.

J’aime quand un lieu est épuré, j’ai l’impression de mieux respirer. Je peux me concentrer plus aisément sur ce que je considère important. Mon cerveau n’étant pas sollicité par une horde d’idées, sautant du coq à l’âne, en raison de la pollution visuelle.

Il faut dire que je ne suis pas dotée d’une grande capacité de concentration, tout comme ma fille de huit ans d’ailleurs, en raison d’un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Certains se retrouvent mieux dans leur bordel, mais ce n’est clairement pas notre cas.

Le temps et l’énergie que l’on peut perdre chez moi à tout simplement chercher les clés, le cellulaire ou même la spatule me désespèrent régulièrement. C’est pathétique de constater que notre désorganisation génère, certains matins, une augmentation du stress et d’air bête, de crainte d’être en retard au boulot. Ce n’est pas du tout ce que l’on veut, du moins je l’espère!

Nous voulons démarrer la journée du bon pied, dans une maison où toute la famille est de bonne humeur et zen, pas juste la fin de semaine. Pour nous rapprocher de cet idéal, je vous propose de débuter par le désencombrement et la réorganisation de votre demeure.


10 conseils pour une maison adaptée et bien ordonnée


1-
Établir une liste de chacune des zones à trier, une pièce de la maison à la fois pour éviter la crise de panique et le découragement.

2- Choisir la zone à trier en fonction du temps que l’on dispose et du contexte. Si on dispose de 30 minutes seulement, on choisira de trier le contenu d’un seul tiroir. Certains endroits se font plus facilement que d’autres en présence de nos enfants.

3- Prévoir des sacs ou des boites afin d’y mettre les objets que l’on garde, mais qui ne sont pas au bon endroit.

4- Planifier la réorganisation d’une première pièce, en fonction de nos besoins, une fois que nous avons terminé la phase triage pour toutes les pièces de la maison.

5- Penser pratico-pratique en fonction des activités vécues dans chacune des pièces ainsi que de ses occupants habituels. Prenons l’exemple de la cuisine. Logiquement, les couteaux tranchants doivent être hors de portée directe des jeunes enfants. Par ailleurs, pour favoriser l’autonomie de ces derniers, on peut prévoir un espace où ils pourront prendre seuls les ustensiles et les verres de plastique.

6- Faciliter le classement de la paperasse au quotidien en utilisant des enveloppes, des chemises ou des sacs transparents bien identifiés. Par exemple, afin de ne pas stresser à rassembler tous les papiers au moment de faire les impôts, nous les plaçons automatiquement dans un sac prévu à cet effet.

7- Prévoir des bacs de rangement pour y déposer les souvenirs de chacun. On n’oublie pas d’inscrire la date, l’âge et un commentaire s’il y a lieu, sur les dessins, bricolages, cartes de fête et autres.

8- Jeter au fur et à mesure tout ce qui n’est plus utile ou non digne d’intérêt. Je pense aux nombreux dessins et bricolages des enfants. Soyons réalistes, on ne peut tout conserver et certains ne sont pas significatifs. Afin de ne pas attrister notre enfant, on attend quelques semaines et à son insu, on les met dans le recyclage.

9- Prévenir la désorganisation en sollicitant la participation de tous, incluant les enfants : être constant dans le rappel de nos consignes afin qu’il n’oublie pas de desservir leur assiette après le repas, de mettre leurs vêtements sales dans le panier ou de ranger leur jeu lorsqu’ils ont terminé.

10- Étiqueter ou imager, pour les petits, les différents espaces de rangement afin de permettre à tous de contribuer efficacement au rangement quotidien, sans excuse comme « Je ne sais pas où ça va ».


Certains pourraient percevoir la réorganisation comme une grande perte de temps! Moi, je la considère comme un investissement de rentabilisation à long terme au niveau de mon temps et de mon énergie. Certes, je n’ai rédigé aucune phrase cette journée-là, mais je sais que ce travail de longue haleine me permettra éventuellement d’écrire plus régulièrement, dans un contexte plus chaleureux et agréable.

 

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Le jeu: source de plaisir et d’apprentissage


* Ce texte a initialement été publié sur le blogue Ma Famille Mon Chaos

Halloween : Manger et boire, en toute laideur!

http://www.publicdomainpictures.net/view-image.php?image=26395&picture=halloween-illustration

L’Halloween est une fête originale et fort attendue des enfants, mais aussi des plus grands! Elle permet à tous de la souligner, de différentes façons, avec plaisir et créativité. Pour certains, ce qui n’est vraiment pas mon cas, ressentir la peur est une activité très agréable! En ce qui me concerne, me gaver de barres chocolatées et de friandises, ÇA c’est plaisant!!!


Quel maquillage désirez-vous, Mme La Sorcière?

Avec les bonnes techniques, dotés ou pas d’un talent naturel pour le dessin, vous réussirez à obtenir un «Wow, maman c’est super beau. T’es trop cool! Je t’aime, merciii!!! », de vos petits chéris et un « Wow, t’es vraiment bonne! », de vos amis. Je parle ici par expérience, étant dépourvue de doigts de fée et d’un compas dans l’oeil,  requis pour créer des chefs d’oeuvre sur papier ou sur la peau.

C’est grâce au livre Merveilleux Maquillages (Éditions Scholastic) que mes filles ont reçu en cadeau que j’ai pu développer un minimum de confiance en moi à ce qui concerne les maquillages pour enfants, en plus de rendre les miens heureux et fiers de leur mère!

 

Désirez-vous boire un peu de mon sang, Dracula?

Servir à vos petits et grands invités de jolis ou dégoûtants breuvages, vous permettra de donner le ton à votre fête, en plus de les désaltérer!


*Ricardo nous propose, sur son site web, un lait au chocolat blanc, surnommé pour l’occasion Bave de crapaud.

*La compagnie Épicure nous propose un punch épicé, aussi bon chaud que froid, sur son site web: Potion de sorcières pour l’Halloween.


*Le site 1001 cocktails nous propose le drinkCerveau (Bloody Brain). Il ne semble pas appétissant du tout, mais comme on nous répète depuis notre enfance : « Il ne faut pas se fier aux apparences! »

Vous avez une faim d’ogre, M. L’Ogre?

Il est clair que bouffe et Halloween ne donnent pas nécessairement un résultat des plus appétissants…

*Sur le Blogue de Bob Le Chef, Mathilde Pigeon propose tout un menu dégueu pour les yeux, mais peut-être délicieux pour nos papilles (qui sait…?), déniché ici et là sur la toile, avec ses 20 suggestions de recettes pour ton party d’Halloween.

*Heureusement, le site PtitChef vient à la rescousse de nos petits mousses effrayés devant la laideur du côté obscur de cette fête avec ses 20 recettes monstrueusement bonnes.

*Pour un lunch santé, mais effrayant, Geneviève O’Gleman a concocté un menu spécial : Un lunch effrayant pour l’Halloween

 

Joyeuse Halloween et bon appétit !!!

10 façons d’être un modèle à suivre pour nos ados

 

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Lorsque Le Huffington Post Québec m’a invité à participer au projet “Tête à têtes” sur la santé mentale des adolescents, j’ai dit oui sans aucune hésitation. Je n’ai pas de contacts avec ce groupe d’âge depuis que je suis majeure, soit quinze ans. Par contre, j’observe et analyse les différents messages, souvent incohérents, que l’on envoie aux adolescents depuis leur plus jeune âge.

J’ai effectué un court sondage auprès des adolescents et des parents via les réseaux sociaux, afin de prendre le pouls sur la réalité des ados d’aujourd’hui. J’ai pu constater que leurs préoccupations sont les mêmes que j’avais à cet âge. Les thématiques sont presque les mêmes que celles des adultes, mais vécus différemment, comme l’amour, l’amitié et l’avenir. La seule différence entre les ados de ma génération ainsi que les précédentes et ceux des dernières années, c’est la présence des réseaux sociaux et du web dans leur vie.

Lorsque j’étais adolescente, j’observais les adultes et j’analysais leurs faits et gestes. J’utilisais mes observations pour réfléchir à qui je voulais être et surtout ne pas être, lorsque je serais en âge de quitter le nid familial et voler de mes propres ailes.

Je savais que je voulais exercer un métier dont je serais fière et motivée à me lever chaque matin pour m’y rendre. J’avais de l’ambition et je voulais croire que tout était possible. Je voulais être avec des gens confiants, déterminés et carburant avec cette énergie puissante et fort stimulante. Je trouvais pathétique et déprimante l’idée de passer ma vie active à rêver de ma retraite.

Je savais que je voulais être heureuse et entourée de gens dans ce même état d’esprit.

Je savais que je ne voulais pas accorder plus de temps aux tâches ménagères qu’aux gens que j’aime.

Je savais que je ne voulais pas que mes discussions sociales soient basées sur les commérages et les jugements.

Je savais que je ne voulais pas avoir besoin d’alcool ou de drogue pour relaxer et m’amuser.

Je savais que je ne voulais pas vivre dans la fumée causée par la cigarette.

Je savais que je voulais être libre de penser, de choisir et d’être qui je suis réellement, sans cachoterie ni artifice.

Je savais que je ne voulais pas d’une vie où mes sujets de prédilections seraient en lien avec le poids, l’importance de la minceur pour se balader en bikini, le maquillage pour dissimuler mes imperfections, les gestes à poser pour être l’amante rêvée de tous les mecs de la planète, les exercices à faire pour avoir des fesses du tonnerre à en faire baver la gent masculine et rendre dingue de jalousie les bonnes femmes. Bref, les sujets superficiels que l’on retrouvait dans les magazines féminins et les mêmes que l’on retrouve encore aujourd’hui dans les versions papier et électroniques, sous différentes formes.

Maintenant que je suis adulte à mon tour, je ne peux ignorer le fait que je suis un modèle de comparaison pour quelqu’un, quelque part.

Question d’augmenter mon niveau d’anxiété de performance quotidien ainsi que celui de mon amoureux, nous sommes aussi parents deux filles âgées de 5 et 8 ans. Dans quelques années, notre progéniture sera en mesure d’observer et d’analyser notre vie d’adulte. Elles se feront une idée, plus ou moins précise, de ce qu’elles veulent ou ne veulent pas pour l’avenir.

C’est pour cette raison que je crois qu’il est important, pour les adultes en général, mais davantage pour nous, les parents, d’être à l’image de qui nous sommes réellement, sans se laisser influencer par la une superficielle de certains magazines et des émissions de téléréalités promouvant la minceur, les gros «pipes», les gros «totons», la dérive du jugement, du bon goût et de l’intelligence de la race humaine.

10 façons d’être un modèle à suivre pour nos ados

1- Leur montrer «qui nous sommes réellement», mais avec indulgence et dignité à notre égard.

2- Acceptez, sans dissimuler ni critiquer, ce que nous considérons comme nos imperfections physiques, mais aussi psychologiques.

3- Reconnaitre et mettre en valeur nos forces, nos talents et nos passions.

C’est une excellente idée de mettre en évidence ce que nous trouvons joli de notre corps, mais mettons autant, sinon plus d’énergie, à prendre soin, à cultiver et à partager nos valeurs et notre intelligence.

4- Nous accorder le droit a l’erreur, sans se torturer et se mépriser, en le percevant comme une occasion d’apprentissage et non comme un échec.

5- Savoir s’excuser avec sincérité, sans s’apitoyer sur son sort, si on a commis une erreur affectant la vie d’autrui.

6- Reconnaitre et accepter le fait que nous ne savons pas tout. Nous aurons toujours des choses à apprendre et nos «enseignants» seront autant des adultes que des enfants, des hommes que des femmes, des riches que des pauvres.

7- Vivre un jour à la fois. C’est normal de planifier nos rendez-vous et nos prochaines vacances, mais il faut savoir s’adapter et improviser face à l’imprévu. L’imprévu n’est pas seulement d’ordre matériel, c’est aussi l’être humain, avec ses émotions, ses désirs et sa santé globale.

8- Être conséquent entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Si on dit à nos enfants qu’ils passent trop de temps devant leurs écrans, mais que c’est exactement ce nous faisons aussi, nous perdons toute crédibilité. Nous risquons d’engendrer de la frustration et de les voir manifester devant l’injustice qui gronde dans notre maison, avec raison à mon avis. C’est aussi la même chose en ce qui concerne les valeurs qui nous habitent, que l’on clame et les actions que l’on pose.

9- Agir avec autrui, ce qui inclut nos enfants, comme on désire que l’on agisse avec nous.

10- Savoir utiliser les différentes ressources mises à notre disposition quand nous avons besoin d’aide psychologique. Parler aussi ouvertement de notre dernier rendez-vous chez notre psy que celui de routine chez notre médecin de famille ou notre dentiste.

Bref, pour être un bon modèle pour nos enfants, on se doit d’être authentique, cohérent et conséquent.

 

 

 

 

* Ce texte a initialement été publié sur  Le Huffington Post Québec et il fait partie de la série Tête à têtes.

Parent en solo, en raison du boulot

Mon conjoint et moi étions des êtres presque inséparables les premières années de notre vie commune. Nos emplois respectifs nous permettaient, la majorité du temps, de déjeuner, de souper et de profiter de nos soirées ensemble. Quelques années plus tard, mon conjoint a changé de responsabilités au travail et les courts séjours à l’extérieur sont devenus plus fréquents, surtout à certaines périodes de l’année. En plus d’être confrontés à l’absence de l’être aimé, nous étions en apprentissage et en période d’adaptation dans notre nouveau rôle de parents.

Je dois vous avouer que les premières années furent parfois difficiles. Lorsque je me retrouvais seule dans notre lit conjugal, mon sommeil en était grandement affecté, me sentant moins en sécurité. Au réveil, je devais faire fi de mon état endormi pour gérer en solo la routine du matin avec nos deux filles. La course contre la montre pour arriver à l’heure au boulot était une source considérable de stress pour l’anxieuse que je suis. Puis après une journée éreintante au travail, la routine du soir débutait. Dans mon cas, cette dernière était vécue comme un marathon où, malgré l’épuisement qui sévissait, je me battais contre moi-même afin de rester debout, efficace et amusante aux yeux de notre progéniture. 

Le plus difficile quand je suis seule avec la marmaille, c’est de ne pas avoir accès immédiatement au support moral et à la présence de mon conjoint, le père de nos deux gamines. En sa présence, j’ai l’option de lui demander d’intervenir avant que mon piston saute, que l’impatience se transforme en hystérie et que celle-ci prenne possession de tout mon être. Quand je suis seule, j’ai l’obligation de faire face à nos petits anges cornus même si je ne suis pas dans un état d’esprit optimal, de mon point de vue, pour y parvenir.

Il y a quelques semaines, j’ai recueilli via les réseaux sociaux quelques témoignages de familles vivant une situation similaire à la mienne. Après lecture, réflexion et quelques constats, j’ai formulé ces quelques conseils.

5 conseils pour vivre ces périodes d’éloignement plus harmonieusement :

1- Communiquer avec respect

Le respect est à la base de toute relation harmonieuse, même lorsque nous sommes débordés et épuisés.

2- Choisir le bon moment qui convient à tous pour discuter.

Plus nos enfants sont jeunes, plus nous sommes ancrés dans une routine et moins nous avons de temps à consacrer pour tout le reste. Afin de permettre à nos enfants d’échanger quelques mots ou quelques grimaces avec l’autre parent grâce à la technologie, dans une ambiance zen et chaleureuse, déterminons à l’avance les moments idéaux pour nous contacter.

3-  Se mettre dans la peau de l’autre afin de comprendre sa réalité.

Il ne faut pas oublier que le parent qui s’absente vit lui aussi des difficultés. Il s’ennuie probablement de sa famille et peut-être qu’il se sent coupable de ne pas être présent pour eux. Le parent qui travaille à l’extérieur n’a pas nécessairement la vie plus facile que celui qui s’occupe des enfants à la maison. J’ai accompagné mon conjoint à quelques reprises et c’est ainsi que j’ai pu comprendre sa réalité. Nous n’avons peut-être pas d’enfants sous notre aile, mais nous avons d’autres obligations. Notre routine est complètement chamboulée et nous avons peu de temps libres, seul à la chambre d’hôtel. La source de l’épuisement diffère peut-être, mais le résultat est similaire.

4- Accepter le fait qu’en notre absence l’autre parent fera les choses à sa façon. 

Accepter, c’est respecter cette différence et reconnaître ouvertement sa valeur. La perfection n’existe pas et ce que moi je considère comme la bonne façon de faire auprès des enfants n’est probablement pas la même pour «Pierrette, Jeanne, Jacqueline». Veuillez noter ici ma piètre tentative de féminiser l’expression «Pierre-Jean-Jacques», car malgré le fait que plusieurs d’entre-nous militent pour l’égalité des sexes, certaines femmes croient encore détenir la seule et unique méthode par excellence pour éduquer leurs enfants. De mon point de vue, il n’y a pas qu’une seule façon d’éduquer nos enfants et ces derniers ont besoin autant d’une présence féminine que masculine qui s’affirment.

5- Percevoir ces moments comme une occasion de communiquer différemment avec l’être aimé

Nous sommes bien plus que des parents, nous sommes aussi des amoureux. Nous pouvons percevoir ces moments d’éloignements comme une occasion de communiquer différemment. Certes, on peut se parler de vive voix de la pluie et du beau temps, mais c’est terriblement ennuyant n’est-ce pas ? Pourquoi ne pas s’écrire comme lorsque nous étions au début de notre relation, à l’affût d’en apprendre davantage sur l’être aimé? On n’oublie que tout comme nous, notre partenaire vit, vieillit, explore et découvre mille et une choses influençant ses goûts, ses opinions et ses rêves. Pourquoi ne pas s’amuser entre amoureux via la webcam, une fois les enfants endormis, afin de ne pas oublier que nous sommes aussi des amants ?

Au début, cette réalité d’être seul avec nos enfants ou encore d’être loin de ceux-ci en raison du travail peut être vécue difficilement. Par contre, si nous abordons ces périodes d’éloignements de façon zen et  que nous communiquons avec l’être aimé, en toute franchise et honnêteté, nous réalisons que «loin des yeux» ne signifie pas «loin du coeur». 

Et si on parlait trop ?

Dans un contexte où le silence est une denrée rare et que les voix s’entremêlent aux nombreux sons ambiants, il n’est pas étonnant que les enfants ne nous écoutent pas systématiquement. Depuis quelques mois, je parle un peu moins  lors de mes interventions auprès de mes enfants et ceux de la garderie. Désormais, je contribue un peu plus à la réduction de la pollution sonore, j’investis dans ma santé psychologique et  celle des tout-petits en utilisant davantage la communication non verbale.

J’ai constaté au fil des ans que dans certaines situations, le fait d’utiliser des mots pour véhiculer notre message allait à l’encontre du résultat souhaité.

Le contexte de la sieste, autant à la garderie qu’à la maison, est souvent un moment propice aux interventions verbales incohérentes. On demande à l’enfant d’être silencieux, de notre belle voix parfois exaspérée, en faisant des “chut” pas très discret, désirant créer le plus rapidement possible un climat calme et propice à l’endormissement. Quand ça ne fonctionne pas, par réflexe on hausse le ton et on ajoute des mots “Julia silence, c’est le temps de faire dodo”.

Les enfants ne voient pas nécessairement la sieste comme une chance incroyable de reposer tout leur être et de favoriser leur bon développement. Ils la perçoivent comme un temps ennuyeux où ils ne peuvent pas jouer ni converser.

Quant aux enfants anxieux, plongés dans la noirceur et étant les seuls témoins de leur  cerveau bouillonnant de pensées et d’images, je peux comprendre que la sieste est un moment de grande agitation et où rejoindre les bras de Morphée n’a rien d’invitant ni de poétique. Il n’est pas étonnant que les enfants  tentent de rester éveillés, en contact avec nous, en gigotant, en parlant et parfois même en s’opposant vivement à ce besoin évident de repos.

Si on parle à notre tour, on contribue à leur état d’agitation, on leur confirme que leur technique d’obtention de l’attention fonctionne à merveille et on devient complètement incohérent, l’exemple à ne pas suivre. On demande oralement à l’enfant d’être en silence, généralement à plusieurs reprises, sans appliquer nous-mêmes cette consigne. On peut très bien être présent à leurs côtés, les aider à se détendre et les rassurer sans avoir recours à la parole.

J’aime beaucoup utiliser le non verbal pour souligner les réussites d’un enfant et l’encourager à poursuive ses bons comportements.

J’ai l’impression qu’un sourire, un pouce en l’air ou une main ébouriffant affectueusement les cheveux de l’enfant à plus d’impact positif dans l’immédiat, mais aussi à long terme que l’usage de la parole seulement. À mon avis, l’utilisation de simples petits gestes contribue à la continuité de ses bons comportements, au développement d’une bonne estime de soi ainsi que l’établissement d’une relation chaleureuse, respectueuse et de confiance avec nous.

Évidemment, ceci est une réflexion que je me suis faite à moi-même il y a quelque temps déjà et que j’essaie de mettre en application le plus possible quand le contexte s’y prête. Il y a longtemps que j’ai compris que la perfection n’existe pas et que malgré mon bon vouloir, je ne le suis pas non plus! Je fais encore des interventions incohérentes auprès de mes filles et que dire de mon niveau d’exaspération et d’impatience à certains moments. La grande différence, c’est qu’une fois qu’on prend conscience d’un élément à modifier, le changement commence déjà à s’effectuer selon notre niveau de motivation ou d’atteinte dans nos valeurs.

La prochaine fois que vous aurez l’impression de parler dans le vide avec votre enfant, au lieu depogner les nerfs et hausser le ton comme on le fait tous à un moment ou un autre, rejoignez votre enfant et obtenez son attention à l’aide de votre main sur son épaule. Une fois son regard dirigé vers vous, vous pourrez lui communiquer calmement avec des mots et ou des gestes ce que vous désirez, en n’oubliant pas le «s’il te plait». Cette technique est très efficace pour que votre enfant vous écoute, mais ne garantit pas qu’il fera tout ce que vous désirez, immédiatement et sans rouspéter! Par contre, une fois qu’il aura répondu positivement à une de vos demandes, vous pourrez lui témoigner votre reconnaissance en arborant votre plus beau sourire suivi d’un simple «merci» sincère.

Grosso modo, agissons avec nos enfants comme nous désirons que l’on agisse avec nous, soit avec respect et indulgence.

Être parent et vivre sa vie de couple, c’est souhaitable et formidable

C’était un dimanche soir comme les autres, chacun étant assis à une extrémité de notre divan datant d’une époque bien révolue, celle où nous étions que de simples amoureux. Puis d’un geste machinal, sa main s’est mise à tâter les coussins dans les moindres recoins à la recherche de cette extension moderne de notre bras, la manette de la tivi. Nous étions le 1er mai 2016 et nous regardions Tout le monde en parle comme on le fait chaque dimanche. Julie Snyder était la première invitée de la soirée et Guy A. Lepage lui posa quelques questions sur son mariage ainsi que sa rupture avec Pierre-Karl Péladeau. Lors de cette entrevue, la populaire animatrice conseilla ceci aux parents «On dit souvent : l’important c’est la famille, mais si tu ne travailles pas ta vie de couple, la vie de couple c’est le solage de ta famille pis ta famille a tiendra pas si le couple tient pu».

Mon regard s’est posé sur l’homme que j’aime depuis l’été de mes 17 ans. Déjà 16 ans que nous sommes en couple, 8 ans que nous sommes parents et 6 ans que nous sommes mariés. Le temps passe vite et dans cette course quotidienne parfois effrénée, nous avons dû nous ajuster de crainte de nous perdre de vue. Lorsque ses yeux ont regardé les miens, mes lèvres ont laissé échappés une pensée me trottant dans la tête depuis quelques semaines déjà “une chance que nous avons compris ça avant qu’il ne soit trop

À l’époque où nous étions un couple sans enfant, s’aimer rimait avec simplicité et liberté. Lorsque nous n’étions pas au boulot, on faisait ce qui nous plaisait, quand on le voulait, et ce presque à toutes heures du jour… et de la nuit.

Nous n’étions pas très familiers avec les conflits. Certes nous avions des désaccords, mais on avait le temps d’en discuter, d’exprimer chacun nos points de vue et trouver des solutions gagnantes pour tous les deux. Nous avions le temps, mais aussi l’énergie pour écouter attentivement l’autre. Nous avions l’ouverture d’esprit nécessaire pour se soucier de ses opinions et de ses émotions.

Puis, nous sommes devenus parents. Depuis ce jour magnifique où notre premier enfant, le fruit de notre amour, a vu le jour, notre attention se porte naturellement vers lui. Quelques années plus tard, ce fut autour du deuxième d’égayer notre vie et de recevoir à son tour toute notre attention bienveillante.

Désormais, le temps nous file entre les doigts et nos moments de spontanéités se doivent maintenant d’être planifiés. Nous avons de longues listes de choses à faire, nous devons penser productivité. Nous discutons tout en faisant la vaisselle, le lavage et le ménage en ayant l’impression que nous passons enfin du temps ensemble.

Nous sommes peut-être un à côté de l’autre, mais soyons honnêtes, nous ne sommes pas totalement disponibles et à l’écoute de l’autre. Notre cerveau est concentré sur la tâche en cour, celles qui suivront et sur nos enfants en action.

Le manque de temps pour le plaisir, pour nous et pour le couple affecte nos émotions et notre relation de couple. Il y a alors augmentation des conflits ou accumulation de petites frustrations quotidiennes menaçant d’exploser à tous moments.

Il y a quelques mois, nous avons constaté que nous agissions surtout comme des parents, accordant seulement une toute petite place à notre couple au sein de notre belle famille. La routine et probablement notre vision de la parentalité étaient au banc des accusés. Le processus de destruction du couple avait commencé quelques années auparavant, lentement, à notre insu.

Heureusement, nous n’avions aucun doute sur le fait que nous ressentions encore de l’amour l’un pour l’autre. La flamme était toujours là, mais plus discrète qu’autrefois. Nous avons décidé qu’il fallait permettre à cette petite flamme d’envahir tout notre être comme jadis, à l’époque où nous n’étions que deux.

C’est le constat que nous avons fait il y a quelques mois. Nous avons décidé qu’il fallait que notre couple reprenne sa place au sein de notre petite famille.

Désormais, nous nous accordons plus de temps de qualité ensemble. Au lieu de machinalement ouvrir la télé lorsque nos enfants sont couchés, nous discutons. Nous prévoyons plus fréquemment des moments sans les enfants pour faire autre chose que l’épicerie et les lavages.

Nous avons refusé d’accueillir le sentiment de culpabilité lorsque nous prenons du temps en couple, les enfants étant heureux d’être chez Grand-maman et Grand-papa ou chez Mononc et Matante.

Les clés du succès, pour demeurer un couple amoureux et uni après la venue de la cigogne, résident dans le fait d’être conscient que nous sommes bien plus que de simples parents. Que l’amour n’est pas une tâche à planifier et à ajouter dans nos listes de choses à faire. L’amour se vit naturellement au quotidien, à travers de petites attentions et des mots tendres à l’égard de l’être aimé. On se soucie réellement de l’autre, on se respecte, on se regarde dans les yeux, on se sourit tendrement et on se caresse amoureusement.

Être parent et vivre sa vie de couple, c’est souhaitable et formidable!

À la garderie comme à la maison, les enfants vivent des émotions et des difficultés

À l’automne dernier, la campagne télévisuelle  de naître et grandir sur les habiletés sociales m’a fait sourire et réfléchir. En tant que parent, gérer les émotions de nos petits est parfois difficile, voire éprouvant. Nous constatons alors que la gestion de nos propres émotions représente tout un défi! Imaginez l’ampleur de la tâche pour un jeune enfant qui n’a pas tout notre bagage, les mots justes pour s’exprimer,  la maturité requise pour réfléchir à ce qu’il ressent et raisonner sur ce qui est moralement acceptable ou non en société.

Dans le cadre de mon travail d’éducatrice, j’entends souvent des parents dirent «je ne sais pas comment vous faites, j’en ai juste un à gérer et je trouve ça difficile». Sachez que je vous comprends, je suis un parent moi aussi!

Lorsque nous devenons parents, nous ne sommes pas préparés à affronter les crises de colère ou de larmes en public, le harcèlement psychologique du type «moi je veux», les cris incessants et les mots nous blessant droit au cœur comme «je t’aime pas». Je me sens choyée dans mon rôle de parent d’avoir une formation et une expérience dans le domaine de la petite enfance qui m’est utile chaque jour avec mes propres enfants.

Qu’en est-il de la gestion des émotions dans un contexte de garderie ?

Comment interviennent les éducatrices lorsque des enfants sont en crises ou vivent des conflits avec leurs pairs ?

Que font-elles pour aider les jeunes enfants à développer leurs habiletés sociales ?

Les éducatrices favorisent et stimulent le développement global des enfants

Évidemment, il est primordial de stimuler les sphères sociale, morale et langagière dans l’optique du développement des habiletés sociales. Un enfant qui est capable d’exprimer avec des mots ce qu’il vit aura plus de facilité à interagir avec ses pairs, mais c’est aussi l’aisance dans les autres sphères de son développement (cognitive, affective, motrice) ainsi que dans la réponse positive de tous ses besoins de bases qui favoriseront la création d’un contexte favorable à l’apprentissage des habiletés sociales.

Elles observent les enfants et adaptent leurs activités et interventions au besoin de chacun

À la garderie, chaque moment de la journée est une occasion pour exploiter les différentes sphères du développement que ce soit lors des repas, des activités dirigées, des périodes de jeux libres, de transition ou à l’extérieur. Certaines périodes sont planifiées en fonction de l’analyse de nos observations tandis que pour d’autres, on saisit les occasions observées au quotidien en intervenant immédiatement en fonction de ce que vive les enfants (conflits, difficultés, succès…) en verbalisant leurs émotions, en soulignant leurs bons coups, en les soutenant et en les guidant dans leurs résolutions de problème ainsi qu’en proposant de nouvelles activités ou en étant flexible dans la routine afin de répondre à leurs besoins (besoin d’être seul, de dormir, de boire ou manger, de se défouler…).

Pour une même problématique, les éducatrices n’utiliseront pas automatiquement la même intervention en fonction du contexte (pourquoi, comment, quand, avec qui, où), de la fréquence du comportement, de l’éducatrice (forces, aisance, formations, préférences) et bien évidemment de l’enfant (personnalité, besoins, particularités).

Les techniques fréquemment utilisées au quotidien sont la discussion auprès des enfants concernés ou en grand groupe (causerie), l’ignorance, le retrait de la situation problématique (si elle ne correspond pas au besoin de l’enfant à ce moment-là en lui offrant une activité ou un lieu adapté), guider et soutenir à proximité ou non avec la parole ou le non verbal, la diversion et adapter les lieux, l’activité, la routine ou le jumelage des enfants.

Lorsqu’il s’agit de la sécurité d’un ou des enfants, le retrait est immédiat le temps que l’enfant retrouve un état de calme. Lorsqu’il s’agit d’une problématique récurrente, il y a un plan d’intervention mis sur place incluant généralement des mesures préventives ainsi que l’intervention à utiliser lorsque la problématique survient.

Elles favorisent les contextes pour guider et pratiquer les habiletés sociales avec les enfants en adaptant ou modifiant ses activités, les consignes ou la disponibilité du matériel afin de leur permettre de se familiariser à attendre son tour, à formuler de belles demandes et à expérimenter les étapes de la résolution de problèmes.

Certains outils comme Brindami (ateliers sur les habiletés sociales animées par «Brindami la souris», marionnette manipulée par l’éducatrice) et la collection de livres Au pays de Magiri que je vous recommande chers parents (mises en situation réalistes que vivent les jeunes enfants au quotidien avec leurs amis et familles avec pistes de solutions) sont fréquemment utilisés en petite enfance.

La clé du succès dans l’apprentissage des habiletés sociales réside dans l’expérimentation et la répétition dans différents contextes avec le soutien des différents intervenants !

Elles sont un modèle pour les enfants

Lorsqu’elles communiquent avec les enfants ainsi qu’avec les parents et collègues, elles utilisent les formules de salutation et de politesse. Lorsqu’elles s’adressent aux enfants, elles s’approchent doucement, se placent à leur hauteur et établissent un contact visuel leur démontrant qu’elles les respectent, les apprécient et s’intéressent à ce qu’ils ont à dire. Elles offrent des câlins, les couvrent de sourires et les écoutent. L’établissement de relations chaleureuses, respectueuses et de confiance avec les différents intervenants, dont vous chers parents, leur permettront de transposer de façon inconsciente ses gestes et paroles avec autrui.

Que ce soit à la maison ou à la garderie, les enfants vivent des émotions et des problématiques. Ce sont deux contextes différents, mais nécessitant le même soutien de gens de confiance et sur qui ils peuvent prendre exemple pour développer leurs habiletés sociales.

L’Association des haltes-garderies communautaires du Québec a mis en ligne récemment deux capsules intéressantes et abordant le même sujet que cet article. Si ça vous intéresse: Les habiletés sociales et J’exprime mes besoins à ma façon !

Et vous chers parents, vivez-vous des difficultés à la maison en ce qui concerne l’apprentissage ou la gestion des habiletés sociales de votre enfant ?