Lettre à toi, mère moderne

Chère mère moderne,

Toi qui lira peut-être ces quelques lignes en diagonale entre deux brassées de lavage ou assise dans la cour, à côté de ton enfant te concoctant un festin royal avec cet ingrédient craquant sous-estimé, le sable, sache que je pense souvent à toi, à ce que tu vis et ressens.

Ma vie ne ressemble plus tout à fait à celle d’avant et une partie de moi s’est également transformée. Probablement que tu as fait le même constat que moi la journée où tes cernes sont devenus aussi imposants que ta montagne de vêtements à plier, te narguant de ton incapacité à tout faire à la perfection en une seule journée.

Tu sais, outre la fatigue, les tâches ménagères, les crises quotidiennes et les trop nombreux conflits à désamorcer entre mes deux enfants, je constate que ce qui m’épuisait le plus dans ma vie de mère, c’était l’immense culpabilité que je ressentais de ne pas être à la hauteur selon mes critères irréalistes et sévères.

Pourtant, mes enfants étaient heureux et épanouis. Moi, pas vraiment. Je ne pouvais m’inspirer et profiter des moments de bonheur de ma progéniture, étant trop occupée à noircir de longues listes de choses à faire afin d’avoir une maison propre, d’offrir à ma marmaille des repas sains et équilibrés, d’assurer leur santé en allant bouger dans la cour, de les éduquer, de les divertir, et j’en passe, l’énumération étant fastidieuse, ennuyante et franchement démoralisante.

Mère moderne, te reconnais-tu dans ce portrait réaliste que nous avons peint et créé de nos propres mains?

Et si on décidait toutes les deux de mettre fin au sabotage de notre propre vie depuis que le statut de «mère» s’y est ajouté?

Et si nous choisissions d’être heureuses et épanouies en y mettant la même énergie que nous le faisons avec plaisir et dévouement envers nos enfants?

N’oublie pas que tu es la personne la plus importante de ta vie, et ne me dis pas que c’est faux et que ce sont tes enfants, car si tu t’écroules d’épuisement ou que la vie ne représente qu’une routine dont chaque tâche est accomplie de façon automatique, machinale, sans saveur ni plaisir, tes enfants en seront affectés eux aussi.

Les enfants ont beaucoup à nous apprendre et, malheureusement, on l’oublie souvent. Voici quelques exemples de messages qu’ils nous envoient, mais qu’on ignore ou décode faussement.

Quelques heures ou minutes après avoir complété ton ménage hebdomadaire, tu trouves de petites empreintes de marmots dans le miroir ainsi que des jouets éparpillés ici et là, allant du sous-sol au deuxième étage.

Ton enfant aime sentir que cette maison lui appartient aussi et y laisse sa trace. En tant qu’adulte, tu peux faire la route des vins. Eh bien lui, il veut faire la route des jouets!

Tu prends le temps de plier chacun de ses vêtements et de les placer minutieusement dans ses tiroirs. Plus tard, tu ouvres le tiroir contenant ses vêtements de nuit et constates que le fouillis y règne. Ton trésor de 3 ans te répond avec le sourire qu’il voulait son pyjama des Minions.

Comment peut-il trouver ce qu’il cherche dans des vêtements pliés à la perfection, cachant les images qui charment ses yeux et son petit cœur?

Tu lui as préparé le repas santé par excellence qui va combler tous ses besoins nutritifs, et lui présente le tout de façon magistrale dans son assiette préférée. Il arrive avec énergie à la table, affamé depuis une heure. Du moins, c’est ton estimation plus ou moins fiable, car la mesure a été prise avec ton horloge interne de patience, ton petit te disant d’un ton répétitif et généralement désagréable : «J’ai faim!!!» Il regarde l’assiette, utilise son ustensile pour amuser ses aliments, à défaut d’éprouver lui-même du plaisir à les porter à sa bouche.

Je ne t’écris pas ça dans le but que tu arrêtes de te soucier de son alimentation et des tâches ménagères, mais de lâcher prise parfois sur certaines choses, afin de prioriser plus souvent ton bien-être, et ce, sans culpabilité.

Mère moderne, tu es importante pour ta famille! Elle adore te voir rayonner de joie et entendre ton rire résonner dans leurs oreilles. Elle préfère de loin ta présence chaleureuse et ta bonne humeur au bruit de l’aspirateur ou au ménage impeccable de la salle de jeu.

La fête des Mères étant à nos portes, je te souhaite, mère moderne, de chasser la culpabilité de ton quotidien, de te percevoir comme une personne importante dans ta vie et dans celles des gens de ton entourage, et de te prioriser comme tu le fais si bien quand il s’agit de tes enfants.

Tu es beaucoup plus qu’une mère, tu es un être humain extraordinaire!

Mère moderne, bonne fête des Mères!

Ces femmes qui ne veulent pas d’enfants

La maternité est un sujet qui sera éternellement d’actualité. C’est une source incroyable de discussions et de débats en raison des valeurs de chacun. Peu importe les choix que l’on fait, d’avoir des enfants ou non, on devra continuellement se justifier. C’est la réflexion qui m’est venue suite au visionnement du documentaire Non, je ne veux pas d’enfants, maintenant disponible sur Illico .

Ce documentaire aborde le choix de certaines femmes de ne pas vouloir d’enfant. Je suis d’accord avec ce fait, bien évidemment. Par contre, il a créé chez moi quelques réflexions et haussements de sourcils suite à certains commentaires des femmes invitées, de différents âges, mais ayant tous en commun le fait de ne pas vouloir d’enfant.

Une participante justifie son choix, entre autres, en mentionnant qu’elle est végane et qu’elle essaie de réduire le plus possible son empreinte écologique. Il serait absurde d’ajouter un être humain de plus ! C’est certain qu’un enfant va augmenter ton empreinte écologique, ma chère, mais tant qu’à ça un chat ou un chien aussi, non ?

Ceci dit, avoir des enfants et être écolo sont deux domaines qui peuvent très bien cohabiter de nos jours, c’est même tendance ! Tu ne veux pas avoir d’enfants, je respecte ton choix, mais s’il-te-plaît, assume-toi et dis seulement qu’au fond de tes tripes tu ne ressens pas ce désir.

Je dois mettre quelque chose au clair. Le temps où seules les femmes s’occupaient de la marmaille et que l’homme était surtout pourvoyeur, ne savait pas changer une couche ni partir une brassée de lavage, est révolu. Maintenant, les hommes prennent un congé de paternité et certains prennent même le parental. Alors j’aimerais que le discours change et que, dorénavant, on dise «parentalité» au lieu de «maternité» lorsqu’il s’agit des enfants!

Mesdames, je vous l’accorde…

Être parent, ce n’est pas se simplifier la vie. Ce n’est pas non plus un avantage pour notre portefeuille. Le parent n’est pas le centre d’attention principale pour l’autre parent, ni de quiconque en général. Le parent a peu de temps pour lui, ses amis et ses projets personnels. Le parent doit s’absenter plus souvent de son travail. Le parent doit faire certains sacrifices.

Mesdames, ce que vous devez savoir

Être parent, c’est développer des capacités au niveau de l’organisation, de la planification et de la gestion. C’est aussi apprendre que dans la vie, on ne peut pas tout contrôler. C’est aussi apprendre à faire des choix selon nos priorités, à lâcher prise sur l’inutile et admettre que l’on ne sait pas tout.

C’est aussi apprendre à connaître nos limites et revoir notre façon de percevoir la vie. Être parent, c’est pour la vie, mais on peut prendre de petits congés de temps à autre grâce à des gens de confiance et aller se ressourcer, sans les enfants.

Être parent, c’est un emploi à temps plein et pour toute la vie, mais plus tu gagnes en ancienneté, plus tu disposes de jours de repos et de pauses quotidiennes.

Le plus important, mesdames, c’est que peu importe le choix que nous faisons d’avoir ou non des enfants, il faut s’assumer et être honnête !

Maternité et amnésie du plaisir social: 5 raisons d’y remédier

Le plaisir est souvent associé à l’enfance et à l’insouciance. Quand on est enfant, on apprend à travers le jeu et tout est source de plaisir et de rigolade, de la simple flatulence un peu trop bruyante à la course d’après bain dans notre plus simple appareil. J’ai parfois l’impression qu’il y a une corrélation entre la parentalité et la notion que le plaisir entre copains et copines, sans les enfants, n’appartient qu’à ceux qui n’ont pas de responsabilités ou qui ne se préoccupent pas du bien-être de leurs enfants.

Lorsque j’aborde l’idée du plaisir, je ne fais pas référence à la sexualité. Pas que ce n’est pas agréable, au contraire, mais le sujet d’aujourd’hui concerne nos choix, parfois inconscients, orientés par l’idée de ce qu’est une bonne maman.

Celle-ci s’occupe de la maisonnée et de la marmaille avec un sourire sublime et en soignant son apparence, afin de suivre ce que certains magazines féminins lui suggèrent depuis son adolescence. Ils lui rappellent sous différentes rubriques qu’elle se doit d’être jolie, mince et sexy à toute heure du jour et de la nuit.

Lorsque nous prévoyons fonder notre famille, nous disons à qui veut l’entendre que nous allons continuer de voir nos amies, seules comme des grandes, sans les enfants et le conjoint ; que nous allons tout faire, ou presque, identique à notre vie prématernité.

Peu à peu, nous rejetons les invitations, car notre vie familiale nous procure plusieurs raisons de les balayer du revers de la main.

Vous ne voulez pas brimer vos enfants et votre amoureux de votre présence. Vous avez l’impression que vous devez être présente à la maison, lorsque vous n’êtes pas au travail, pour veiller au bon déroulement des opérations.

C’est bien connu que lorsque maman est absente, les enfants pleurent leur abandon au point de se déshydrater et que papa se frappe la tête sur les murs. En état de panique et ne sachant que faire, il appelle la magnifique voisine question de le guider dans cette lourde tâche!

Évidemment, la majorité des hommes ne réclameront pas la voisine, mais plutôt leurmôman, ou utiliseront la technologie pour vous poser les questions d’usage, étant légèrement désorientés. Les premières fois, vous vivrez peut-être cette situation, mais par la suite, tous seront à l’aise.

Nous avons choisi le père de nos enfants car, en plus de l’amour que nous lui portons, nous le trouvons intelligent et apte à s’occuper de nos enfants. Alors laissez papa s’occuper d’eux de temps à autre. Les enfants ont besoin de passer du temps aussi avec papa. Ce dernier ne fait peut-être pas les choses comme vous, mais la différence ne signifie pas que ce n’est pas valable, au contraire. Seulement que c’est différent.

Remettons les pendules à l’heure actuelle, soit celle moderne où les femmes réclament l’égalité des sexes et où les hommes sont très heureux de s’amuser avec leurs petits. Maintenant, plusieurs hommes sont fiers de cuisiner de bons petits plats signés Ricardo ou Marilou, ce qui me rend très heureuse, ne possédant pas cette aisance devant les chaudrons que l’on associe systématiquement au genre féminin.

5 raisons de sortir entre amis, sans la marmaille, de temps à autre

1- Vous avez besoin de retrouver l’être insouciant enfoui en vous. Vous reviendrez à la maison avec le sourire et moult souvenirs qui vous feront rire de temps à autre, sans que votre famille comprenne!

2- Vous avez besoin de vous confier librement auprès de personnes dignes de confiance, sans censure ou presque, sur ce que vous vivez à la maison et au travail.

3- Vous avez besoin de lâcher votre fou sans avoir à vous soucier du modèle que vous offrez à vos enfants ou à l’idée de leur faire honte…

4- Vous avez besoin de faire le plein d’énergie positive de temps à autre, d’où l’importance de bien choisir ses amis!

5- Vous devez démontrer à vos enfants qu’être parent n’est qu’une sphère parmi d’autres ! Elle prend une énorme part du gâteau et elle est primordiale, essentielle à nos yeux, mais il reste de la place pour ce qui occupait une très grande importance lorsque nous étions enfants, les amis ! Nos trésors doivent trouver qu’être parent, c’est vraiment génial, surtout si un jour on veut avoir le statut de grands-parents!

J’ai réalisé que la notion de plaisir entre amis réagit comme un muscle. Lorsque nous sommes une longue période sans en bénéficier, il s’atrophie. Lorsque nous le remettons en marche, le mouvement ne nous semble pas naturel, notre cerveau a gardé sa mauvaise habitude de tout analyser en fonction de ce qui utile ou non pour notre famille.

Lorsqu’on s’aperçoit que dans notre famille, nous oublions fréquemment un membre, soit nous-même, et qu’avoir du plaisir est utile à notre santé mentale, nous nous délivrons soudain de cette mentalité archaïque qu’une bonne maman se doit d’être dévouée corps et âme à sa famille pour franchir une nouvelle ère.

Une bonne maman est capable de s’amuser avec et sans la petite famille, sans culpabilité, et avec équilibre dans les différentes sphères de sa vie, tout comme les papas!

La parole est à vous chers parents! Quelle place occupe les sorties entre amis dans votre vie ?

Syndrome de la poule pas de tête

Lorsque j’étais enfant, ma famille disposait de quelques animaux, dont un chien, des lapins, un cochon et des poules. Ces dernières nous fournissaient de bons cocos et éventuellement, elles subissaient le triste de sort de la majorité des volailles soit remplir les bedons de toute la famille. Je me souviens de cet étrange spectacle qui savait m’étonner et me faire rire. La naïveté d’un enfant qui n’a pas encore réalisé ce que ce procédé impliquait. Par contre, l’image de la poule qui vient de perdre sa tête et qui court partout pour ensuite s’effondrer m’a profondément marqué. Cette image a ressurgi dernièrement lorsqu’à bout de souffle, entre deux tâches, j’ai fait le constat que ma vie se résumait à une course qui prenait fin que lorsque mes enfants étaient dans les bras de Morphée.

Avez-vous cette impression que parfois le parent que nous sommes agit par automatisme, à la vitesse de l’éclair, au point d’en oublier de respirer, de sourire et de profiter du moment présent? Ce «syndrome», dont je doute de sa réelle existence devrait exister dans la littérature populaire au-delà de sa simple expression. Je crois que ce sont surtout les femmes qui en sont atteintes, voulant correspondre à l’image de la mère parfaite, répondre aux nombreuses attentes qu’elles se sont elles-mêmes imposées en fonction de ce qu’elles interprètent comme messages véhiculés par la société en général et l’entourage.

Autrefois, la mère de famille devait exceller dans son rôle de mère et de ménagère de la maison. À notre époque, en plus de «tenir maison» et de s’occuper de la marmaille, elle doit travailler à l’extérieur. Donc, elle doit maintenant réussir dans minimum deux sphères de sa vie, ce qui implique une augmentation de l’anxiété de performance pour plusieurs d’entre nous. Je tiens à préciser que certains hommes aussi vivent ce stress quotidien et aussi, que chaque personne vit cette conciliation travail-famille différemment selon son type de personnalité. Une personnalité anxieuse, de nature perfectionniste, le vivra plus difficilement qu’une personne de nature zen.

Certaines personnes semblent être heureuses dans cette course effrénée connue des perfectionnistes de ce monde, se sentant vivantes et importantes. D’autres, au contraire, se sentent épuisées et déconnectées de la réalité et de leurs objectifs de vie. Quand ce marathon devient un mode de vie qui nous rend malheureux, il affectera aussi nos proches qui ne bénéficieront plus de nos sourires et feront face à un air de boeuf de façon quasi perpétuelle. On ne s’en sort pas des animaux, il faut croire qu’ils sont une source d’inspiration directe et ce, depuis le début des temps.  😉

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, quand la chaleur extérieure se réchauffe, naturellement, j’ai envie de profiter davantage de la vie avec ma famille et prendre les choses plus à la légère. Mes chères «poules pas de tête», lâchons prise de nos nombreuses listes de choses à faire et accordons notre temps et nos pensées à l’essentielle, soit avoir du plaisir dans notre vie et dans ce que nous accomplissons.

Souriez et lâchez votre fou plus souvent!