10 façons d’être un modèle à suivre pour nos ados

 

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Lorsque Le Huffington Post Québec m’a invité à participer au projet “Tête à têtes” sur la santé mentale des adolescents, j’ai dit oui sans aucune hésitation. Je n’ai pas de contacts avec ce groupe d’âge depuis que je suis majeure, soit quinze ans. Par contre, j’observe et analyse les différents messages, souvent incohérents, que l’on envoie aux adolescents depuis leur plus jeune âge.

J’ai effectué un court sondage auprès des adolescents et des parents via les réseaux sociaux, afin de prendre le pouls sur la réalité des ados d’aujourd’hui. J’ai pu constater que leurs préoccupations sont les mêmes que j’avais à cet âge. Les thématiques sont presque les mêmes que celles des adultes, mais vécus différemment, comme l’amour, l’amitié et l’avenir. La seule différence entre les ados de ma génération ainsi que les précédentes et ceux des dernières années, c’est la présence des réseaux sociaux et du web dans leur vie.

Lorsque j’étais adolescente, j’observais les adultes et j’analysais leurs faits et gestes. J’utilisais mes observations pour réfléchir à qui je voulais être et surtout ne pas être, lorsque je serais en âge de quitter le nid familial et voler de mes propres ailes.

Je savais que je voulais exercer un métier dont je serais fière et motivée à me lever chaque matin pour m’y rendre. J’avais de l’ambition et je voulais croire que tout était possible. Je voulais être avec des gens confiants, déterminés et carburant avec cette énergie puissante et fort stimulante. Je trouvais pathétique et déprimante l’idée de passer ma vie active à rêver de ma retraite.

Je savais que je voulais être heureuse et entourée de gens dans ce même état d’esprit.

Je savais que je ne voulais pas accorder plus de temps aux tâches ménagères qu’aux gens que j’aime.

Je savais que je ne voulais pas que mes discussions sociales soient basées sur les commérages et les jugements.

Je savais que je ne voulais pas avoir besoin d’alcool ou de drogue pour relaxer et m’amuser.

Je savais que je ne voulais pas vivre dans la fumée causée par la cigarette.

Je savais que je voulais être libre de penser, de choisir et d’être qui je suis réellement, sans cachoterie ni artifice.

Je savais que je ne voulais pas d’une vie où mes sujets de prédilections seraient en lien avec le poids, l’importance de la minceur pour se balader en bikini, le maquillage pour dissimuler mes imperfections, les gestes à poser pour être l’amante rêvée de tous les mecs de la planète, les exercices à faire pour avoir des fesses du tonnerre à en faire baver la gent masculine et rendre dingue de jalousie les bonnes femmes. Bref, les sujets superficiels que l’on retrouvait dans les magazines féminins et les mêmes que l’on retrouve encore aujourd’hui dans les versions papier et électroniques, sous différentes formes.

Maintenant que je suis adulte à mon tour, je ne peux ignorer le fait que je suis un modèle de comparaison pour quelqu’un, quelque part.

Question d’augmenter mon niveau d’anxiété de performance quotidien ainsi que celui de mon amoureux, nous sommes aussi parents deux filles âgées de 5 et 8 ans. Dans quelques années, notre progéniture sera en mesure d’observer et d’analyser notre vie d’adulte. Elles se feront une idée, plus ou moins précise, de ce qu’elles veulent ou ne veulent pas pour l’avenir.

C’est pour cette raison que je crois qu’il est important, pour les adultes en général, mais davantage pour nous, les parents, d’être à l’image de qui nous sommes réellement, sans se laisser influencer par la une superficielle de certains magazines et des émissions de téléréalités promouvant la minceur, les gros «pipes», les gros «totons», la dérive du jugement, du bon goût et de l’intelligence de la race humaine.

10 façons d’être un modèle à suivre pour nos ados

1- Leur montrer «qui nous sommes réellement», mais avec indulgence et dignité à notre égard.

2- Acceptez, sans dissimuler ni critiquer, ce que nous considérons comme nos imperfections physiques, mais aussi psychologiques.

3- Reconnaitre et mettre en valeur nos forces, nos talents et nos passions.

C’est une excellente idée de mettre en évidence ce que nous trouvons joli de notre corps, mais mettons autant, sinon plus d’énergie, à prendre soin, à cultiver et à partager nos valeurs et notre intelligence.

4- Nous accorder le droit a l’erreur, sans se torturer et se mépriser, en le percevant comme une occasion d’apprentissage et non comme un échec.

5- Savoir s’excuser avec sincérité, sans s’apitoyer sur son sort, si on a commis une erreur affectant la vie d’autrui.

6- Reconnaitre et accepter le fait que nous ne savons pas tout. Nous aurons toujours des choses à apprendre et nos «enseignants» seront autant des adultes que des enfants, des hommes que des femmes, des riches que des pauvres.

7- Vivre un jour à la fois. C’est normal de planifier nos rendez-vous et nos prochaines vacances, mais il faut savoir s’adapter et improviser face à l’imprévu. L’imprévu n’est pas seulement d’ordre matériel, c’est aussi l’être humain, avec ses émotions, ses désirs et sa santé globale.

8- Être conséquent entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Si on dit à nos enfants qu’ils passent trop de temps devant leurs écrans, mais que c’est exactement ce nous faisons aussi, nous perdons toute crédibilité. Nous risquons d’engendrer de la frustration et de les voir manifester devant l’injustice qui gronde dans notre maison, avec raison à mon avis. C’est aussi la même chose en ce qui concerne les valeurs qui nous habitent, que l’on clame et les actions que l’on pose.

9- Agir avec autrui, ce qui inclut nos enfants, comme on désire que l’on agisse avec nous.

10- Savoir utiliser les différentes ressources mises à notre disposition quand nous avons besoin d’aide psychologique. Parler aussi ouvertement de notre dernier rendez-vous chez notre psy que celui de routine chez notre médecin de famille ou notre dentiste.

Bref, pour être un bon modèle pour nos enfants, on se doit d’être authentique, cohérent et conséquent.

 

 

 

 

* Ce texte a initialement été publié sur  Le Huffington Post Québec et il fait partie de la série Tête à têtes.

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Parent en solo, en raison du boulot

Mon conjoint et moi étions des êtres presque inséparables les premières années de notre vie commune. Nos emplois respectifs nous permettaient, la majorité du temps, de déjeuner, de souper et de profiter de nos soirées ensemble. Quelques années plus tard, mon conjoint a changé de responsabilités au travail et les courts séjours à l’extérieur sont devenus plus fréquents, surtout à certaines périodes de l’année. En plus d’être confrontés à l’absence de l’être aimé, nous étions en apprentissage et en période d’adaptation dans notre nouveau rôle de parents.

Je dois vous avouer que les premières années furent parfois difficiles. Lorsque je me retrouvais seule dans notre lit conjugal, mon sommeil en était grandement affecté, me sentant moins en sécurité. Au réveil, je devais faire fi de mon état endormi pour gérer en solo la routine du matin avec nos deux filles. La course contre la montre pour arriver à l’heure au boulot était une source considérable de stress pour l’anxieuse que je suis. Puis après une journée éreintante au travail, la routine du soir débutait. Dans mon cas, cette dernière était vécue comme un marathon où, malgré l’épuisement qui sévissait, je me battais contre moi-même afin de rester debout, efficace et amusante aux yeux de notre progéniture. 

Le plus difficile quand je suis seule avec la marmaille, c’est de ne pas avoir accès immédiatement au support moral et à la présence de mon conjoint, le père de nos deux gamines. En sa présence, j’ai l’option de lui demander d’intervenir avant que mon piston saute, que l’impatience se transforme en hystérie et que celle-ci prenne possession de tout mon être. Quand je suis seule, j’ai l’obligation de faire face à nos petits anges cornus même si je ne suis pas dans un état d’esprit optimal, de mon point de vue, pour y parvenir.

Il y a quelques semaines, j’ai recueilli via les réseaux sociaux quelques témoignages de familles vivant une situation similaire à la mienne. Après lecture, réflexion et quelques constats, j’ai formulé ces quelques conseils.

5 conseils pour vivre ces périodes d’éloignement plus harmonieusement :

1- Communiquer avec respect

Le respect est à la base de toute relation harmonieuse, même lorsque nous sommes débordés et épuisés.

2- Choisir le bon moment qui convient à tous pour discuter.

Plus nos enfants sont jeunes, plus nous sommes ancrés dans une routine et moins nous avons de temps à consacrer pour tout le reste. Afin de permettre à nos enfants d’échanger quelques mots ou quelques grimaces avec l’autre parent grâce à la technologie, dans une ambiance zen et chaleureuse, déterminons à l’avance les moments idéaux pour nous contacter.

3-  Se mettre dans la peau de l’autre afin de comprendre sa réalité.

Il ne faut pas oublier que le parent qui s’absente vit lui aussi des difficultés. Il s’ennuie probablement de sa famille et peut-être qu’il se sent coupable de ne pas être présent pour eux. Le parent qui travaille à l’extérieur n’a pas nécessairement la vie plus facile que celui qui s’occupe des enfants à la maison. J’ai accompagné mon conjoint à quelques reprises et c’est ainsi que j’ai pu comprendre sa réalité. Nous n’avons peut-être pas d’enfants sous notre aile, mais nous avons d’autres obligations. Notre routine est complètement chamboulée et nous avons peu de temps libres, seul à la chambre d’hôtel. La source de l’épuisement diffère peut-être, mais le résultat est similaire.

4- Accepter le fait qu’en notre absence l’autre parent fera les choses à sa façon. 

Accepter, c’est respecter cette différence et reconnaître ouvertement sa valeur. La perfection n’existe pas et ce que moi je considère comme la bonne façon de faire auprès des enfants n’est probablement pas la même pour «Pierrette, Jeanne, Jacqueline». Veuillez noter ici ma piètre tentative de féminiser l’expression «Pierre-Jean-Jacques», car malgré le fait que plusieurs d’entre-nous militent pour l’égalité des sexes, certaines femmes croient encore détenir la seule et unique méthode par excellence pour éduquer leurs enfants. De mon point de vue, il n’y a pas qu’une seule façon d’éduquer nos enfants et ces derniers ont besoin autant d’une présence féminine que masculine qui s’affirment.

5- Percevoir ces moments comme une occasion de communiquer différemment avec l’être aimé

Nous sommes bien plus que des parents, nous sommes aussi des amoureux. Nous pouvons percevoir ces moments d’éloignements comme une occasion de communiquer différemment. Certes, on peut se parler de vive voix de la pluie et du beau temps, mais c’est terriblement ennuyant n’est-ce pas ? Pourquoi ne pas s’écrire comme lorsque nous étions au début de notre relation, à l’affût d’en apprendre davantage sur l’être aimé? On n’oublie que tout comme nous, notre partenaire vit, vieillit, explore et découvre mille et une choses influençant ses goûts, ses opinions et ses rêves. Pourquoi ne pas s’amuser entre amoureux via la webcam, une fois les enfants endormis, afin de ne pas oublier que nous sommes aussi des amants ?

Au début, cette réalité d’être seul avec nos enfants ou encore d’être loin de ceux-ci en raison du travail peut être vécue difficilement. Par contre, si nous abordons ces périodes d’éloignements de façon zen et  que nous communiquons avec l’être aimé, en toute franchise et honnêteté, nous réalisons que «loin des yeux» ne signifie pas «loin du coeur». 

Être parent et vivre sa vie de couple, c’est souhaitable et formidable

C’était un dimanche soir comme les autres, chacun étant assis à une extrémité de notre divan datant d’une époque bien révolue, celle où nous étions que de simples amoureux. Puis d’un geste machinal, sa main s’est mise à tâter les coussins dans les moindres recoins à la recherche de cette extension moderne de notre bras, la manette de la tivi. Nous étions le 1er mai 2016 et nous regardions Tout le monde en parle comme on le fait chaque dimanche. Julie Snyder était la première invitée de la soirée et Guy A. Lepage lui posa quelques questions sur son mariage ainsi que sa rupture avec Pierre-Karl Péladeau. Lors de cette entrevue, la populaire animatrice conseilla ceci aux parents «On dit souvent : l’important c’est la famille, mais si tu ne travailles pas ta vie de couple, la vie de couple c’est le solage de ta famille pis ta famille a tiendra pas si le couple tient pu».

Mon regard s’est posé sur l’homme que j’aime depuis l’été de mes 17 ans. Déjà 16 ans que nous sommes en couple, 8 ans que nous sommes parents et 6 ans que nous sommes mariés. Le temps passe vite et dans cette course quotidienne parfois effrénée, nous avons dû nous ajuster de crainte de nous perdre de vue. Lorsque ses yeux ont regardé les miens, mes lèvres ont laissé échappés une pensée me trottant dans la tête depuis quelques semaines déjà “une chance que nous avons compris ça avant qu’il ne soit trop

À l’époque où nous étions un couple sans enfant, s’aimer rimait avec simplicité et liberté. Lorsque nous n’étions pas au boulot, on faisait ce qui nous plaisait, quand on le voulait, et ce presque à toutes heures du jour… et de la nuit.

Nous n’étions pas très familiers avec les conflits. Certes nous avions des désaccords, mais on avait le temps d’en discuter, d’exprimer chacun nos points de vue et trouver des solutions gagnantes pour tous les deux. Nous avions le temps, mais aussi l’énergie pour écouter attentivement l’autre. Nous avions l’ouverture d’esprit nécessaire pour se soucier de ses opinions et de ses émotions.

Puis, nous sommes devenus parents. Depuis ce jour magnifique où notre premier enfant, le fruit de notre amour, a vu le jour, notre attention se porte naturellement vers lui. Quelques années plus tard, ce fut autour du deuxième d’égayer notre vie et de recevoir à son tour toute notre attention bienveillante.

Désormais, le temps nous file entre les doigts et nos moments de spontanéités se doivent maintenant d’être planifiés. Nous avons de longues listes de choses à faire, nous devons penser productivité. Nous discutons tout en faisant la vaisselle, le lavage et le ménage en ayant l’impression que nous passons enfin du temps ensemble.

Nous sommes peut-être un à côté de l’autre, mais soyons honnêtes, nous ne sommes pas totalement disponibles et à l’écoute de l’autre. Notre cerveau est concentré sur la tâche en cour, celles qui suivront et sur nos enfants en action.

Le manque de temps pour le plaisir, pour nous et pour le couple affecte nos émotions et notre relation de couple. Il y a alors augmentation des conflits ou accumulation de petites frustrations quotidiennes menaçant d’exploser à tous moments.

Il y a quelques mois, nous avons constaté que nous agissions surtout comme des parents, accordant seulement une toute petite place à notre couple au sein de notre belle famille. La routine et probablement notre vision de la parentalité étaient au banc des accusés. Le processus de destruction du couple avait commencé quelques années auparavant, lentement, à notre insu.

Heureusement, nous n’avions aucun doute sur le fait que nous ressentions encore de l’amour l’un pour l’autre. La flamme était toujours là, mais plus discrète qu’autrefois. Nous avons décidé qu’il fallait permettre à cette petite flamme d’envahir tout notre être comme jadis, à l’époque où nous n’étions que deux.

C’est le constat que nous avons fait il y a quelques mois. Nous avons décidé qu’il fallait que notre couple reprenne sa place au sein de notre petite famille.

Désormais, nous nous accordons plus de temps de qualité ensemble. Au lieu de machinalement ouvrir la télé lorsque nos enfants sont couchés, nous discutons. Nous prévoyons plus fréquemment des moments sans les enfants pour faire autre chose que l’épicerie et les lavages.

Nous avons refusé d’accueillir le sentiment de culpabilité lorsque nous prenons du temps en couple, les enfants étant heureux d’être chez Grand-maman et Grand-papa ou chez Mononc et Matante.

Les clés du succès, pour demeurer un couple amoureux et uni après la venue de la cigogne, résident dans le fait d’être conscient que nous sommes bien plus que de simples parents. Que l’amour n’est pas une tâche à planifier et à ajouter dans nos listes de choses à faire. L’amour se vit naturellement au quotidien, à travers de petites attentions et des mots tendres à l’égard de l’être aimé. On se soucie réellement de l’autre, on se respecte, on se regarde dans les yeux, on se sourit tendrement et on se caresse amoureusement.

Être parent et vivre sa vie de couple, c’est souhaitable et formidable!

Amour et parentalité : contre vents et marées

Lorsque j’étais gamine, le mariage ne faisait pas partie de mes rêves. Je n’étais pas de celles qui rêvaient de ressembler à une princesse et encore moins d’être le centre d’attention.

Je dois aussi vous avouer que je ne me voyais pas avec des enfants.

Puis, à la fin de l’adolescence, j’ai rencontré l’homme de ma vie.

J’entends déjà rouspéter certaines personnes désillusionnées face à l’amour: «Franchement, elle est vraiment naïve pour croire que ce gars-là sera l’amour de sa vie. Réalise-t-elle qu’une vie, c’est vraiment long et qu’un des deux va se tanner de se lever tous les matins avec le même corps à regarder et à toucher? Attends que l’homme de sa vie la sacre là pour aller en rejoindre une autre, elle va tomber de haut pis lâcher sa vision de l’amour version Disney».

Vous savez quoi, mes rabat-joie? J’accepte le fait que l’amour, la vie en général quoi, ne se contrôle pas et que oui, tout peut se terminer un jour. Si on ne fait rien par crainte de souffrir, qu’on a peur d’avoir peur, eh bien, on ne vit pas. Vivre implique qu’une multitude d’émotions, positives et négatives, nous transporte chaque jour, et les éviter c’est renoncer à de magnifiques moments de bonheur.

Lorsque j’ai rencontré l’homme de ma vie, il ne fallut pas plus que quelques semaines pour que je sache que c’était lui. Celui avec qui je me voyais, assis sur notre balcon, nos rides sillonnant nos visages et nos cheveux blancs célébrant l’âge d’or, discuter de nos petits-enfants rendus grands.

Je n’avais que 17 ans et, déjà le plan, que je m’étais fixé quelques mois auparavant se modifiait. J’ai rapidement ressenti l’appel de la maternité, mais j’ai dû le mettre en attente afin de terminer mes études et travailler dans mon domaine. Je n’ai pas l’habitude d’attendre très longtemps lorsque je veux quelque chose, mais heureusement, mon amoureux était là pour me raisonner et me dire d’être patiente, deux tâches ardues.

Après 5 ans de vie de couple, il me demanda de l’épouser. Au départ, on s’était dit que l’on était fiancés et que c’était suffisant. J’avais une bague, je la portais fièrement et je n’avais pas besoin de plus. Lui non plus.

Puis, un bébé plus tard, je me suis dit que s’il me demandait à nouveau de l’épouser officiellement, j’en serais très heureuse.

Finalement, nous avons décidé de nous marier après 10 ans d’amour. Ce mariage fut la plus belle journée de ma vie, venant tout juste après la naissance de nos deux enfants.

Est-ce que la vie de couple est toujours agréable et facile? Bien sûr que non. Il y a des périodes plus difficiles, plus nombreuses depuis l’arrivée de nos enfants. Ce qui n’est pas étonnant, surprenant, car nous avons moins de temps à roucouler ensemble, yeux dans les yeux, juste nous deux, sans les enfants gravitant autour de nous.

Nous ne pouvons pas non plus ignorer le fait que la communication est parfois chaotique, nos paroles se perdant dans le flot des rires et des cris de nos petits anges cornus. C’est comme le jeu du téléphone: entre le message envoyé et celui reçu, il y a parfois une incohérence et une absurdité amplifiée par nos perceptions. Alors les conflits ou les frustrations s’accumulent et, parfois, le piston saute.

Quand le piston saute à répétition, l’ambiance devient toxique. C’est là qu’il faut faire un choix: rester et se parler, ou se quitter. C’est l’amour qui entre en ligne de compte. Dans les moments plus difficiles, on se dit nos quatre vérités, on pleure, puis on se rapproche. Notre amour se solidifie et, chaque fois, on prend la décision de poursuivre.

On a compris il y a longtemps que tant qu’il y a de l’amour et du respect, on veut être ensemble contre vents et marées. Nous savons que la clé du succès, c’est de passer du temps ensemble et de se parler honnêtement, malgré l’agitation de la marmaille à nos côtés.

Je peux affirmer qu’après plus de 15 ans ensemble, notre amour est toujours là, plus fort et différent à la fois.

À toi mon chéri, mon premier amour, sache que ma vie à tes côtés avec nos enfants formidables et dynamiques me comble de bonheur, même si parfois mes yeux cernés et mon manque d’enthousiasme semblent indiquer tout le contraire. On a beau être amoureux, il reste que l’on est des êtres humains, avec des jours plus heureux que d’autres.

Pour citer Cabrel, « Je t’aimais, je t’aime, je t’aimerai».

Miroir, miroir… clique j’aime et commente son corps

Il y a quelques mois déjà, je naviguais sur le célèbre réseau social Facebook et mon regard s’est posé sur le commentaire d’une mère, sur un forum quelconque pour les parents, dont à mon avis il y en a beaucoup trop sur Facebook. Ceux-ci ne font malheureusement pas toujours ressortir les qualités parentales de tous !

Une mère écrivait que son garçon d’environ 7 ou 8 ans se trouvait laid et a eu l’idée de publier une photo de lui en demandant la collaboration des autres parents pour lui écrire combien ils le trouvaient joli, et que par la suite elle lui lirait les commentaires.

Là, mon coeur s’est arrêté de battre, mes yeux sont sortis de leurs orbites, tel Jean-Luc Mongrain en état de crise d’indignation, en regardant directement la caméra ! Quoi ? Pardon, est-ce une blague madame ? Dites-moi que ce que je lis est une mauvaise blague, s’il-vous-plaît !

Malheureusement, cette mère était très sérieuse !

J’ai envie de laisser aller ma révolte et mon découragement face à notre société et son immense besoin de se percevoir à travers autrui en utilisant les Facebook, Twitter et Instagram !

Certaines personnes publient mille et une photos d’eux-mêmes et de leurs enfants, attendant impatiemment que leurs proches leur disent combien ils ont la famille la plus belle et la plus mignonne qui soit. Parfois, nous avons même droit à un selfie de madame en maillot, en faisant une moue se voulant sexy, dans le but de se faire dire des commentaires remplis d’éloges sur sa silhouette. Les hommes ne sont pas en reste avec leurs photos de nombril au vent, ou encore avec les muscles mis en évidence.

Cette maladie du miroir social m’inquiète au plus haut point quand il s’agit du modèle que certains inculquent à leur progéniture. Tu doutes de toi-même, de ton image, ce que tu vaux. Rien de mieux, de plus facile que de consulter la communauté virtuelle qui est reconnue pour son authenticité et son opinion de bon goût !

Au lieu de montrer à nos enfants à se percevoir selon l’opinion des autres, demandez-leur ce qu’ils aiment chez eux, physiquement, mais aussi et surtout dans leur personnalité, leurs qualités. C’est normal de ne pas aimer certaines parties de notre corps ou encore un trait de notre personnalité. Il ne faut pas nier ce que nos enfants ressentent, mais les écouter, les aider à s’accepter et à dédramatiser.

Il faut leur apprendre à miser, à se concentrer, sur leurs points forts. Apprenez-leur à s’aimer à travers leur propre miroir, leurs propres yeux, et à développer leur estime de soi pour la belle personne qu’ils sont à l’intérieur et à l’extérieur.

Soyez un modèle pour eux, regardez-vous dans le miroir avec un sourire, pas avec le regard d’un inspecteur à la recherche du bourrelet en trop ou grimaçant devant les vergetures sillonnant vos cuisses.

Même chose pour les étrangers, jetez aux ordures votre analyste corporel qui a tendance à dire tout haut ce qu’il devrait garder pour lui :«Ouach, as-tu vu la madame qui a des bourrelets au genou», ou encore «il est donc ben laid, lui, avec ses bas blancs et ses oreilles de Dumbo».

Pour aider nos enfants à s’aimer, il faut tout d’abord s’aimer soi-même !

Bonne réflexion !

Du coq à l’âne ou l’art de maitriser la courtepointe sociale avec la marmaille

Connaissez-vous ces moments où vous êtes en pleine discussion, sérieuse ou pas du tout, avec un adulte et que votre enfant ou celui de votre interlocuteur interrompt la conversation, car il est en situation de danger imminent? Bien sûr, lorsque je parle de danger, je fais référence au fait que nos enfants sont en train de se déshydrater et que le seul remède est d’engloutir des pops-sicles, mais pas n’importe lesquelles et que choisir la couleur de ces sirops glacés prend une éternité tolérable à leurs yeux, mais insoutenable aux nôtres! Puis quelques minutes plus tard, tout en voix et tout coller réclament de ce pas de sauter dans la piscine, mais que malgré le oui forcé de notre part, ils réclament notre aide pour trouver LE maillot de bain qui jonche notre pile de vêtements à réparer et que là, on se débat contre l’hystérie qui nous tenaille, mais que nous refoulons question de montrer que nous maitrisons la situation, qu’on explique d’un ton faussement zen, telle la maman de Caillou, à notre trésor que nous avons des invités et que la couture ne figure pas sur la liste des choses à faire de la journée, il se lance au sol et fasse sa crise!

C’est ici que nous souhaitons la bienvenue au malaise et que nous nous excusons à nos invités! Puis, nous ignorons leur danse du bacon trop cuit au soleil et essayons de reprendre les conversations abandonnées au cours de cette dernière heure, mais finalement, nous changeons de sujet pour aborder la réalité de tous parents et de sa marmaille, tout en sirotant une  gorgée de vin devenue trop chaude! C’est ça les vacances en famille! 🙂

La réalité de tous parents, c’est qu’une discussion entre adultes devient comme une courtepointe de sujets un peu décousus entre eux. Nous avons des débuts de conversations qui ont effleuré notre curiosité et chacun repart chez soi en se disant que la prochaine fois, question de comprendre toute l’histoire, nous reprendrons les conversations là où les enfants ont pesé sur le bouton pause.

J’écris ce texte avec un verre de vin à mes côtés et avec un sourire en coin en me remémorant mon après-midi avec une amie, ses deux enfants et les miens. Mon récit essoufflant est inspiré de ce moment parfois cocasse et parfois inconfortable, mais tellement près de la réalité des familles. Les enfants ont mille et une choses qui leur passe par la tête et ils ont besoin de verbaliser ce qu’ils pensent au moment où ils le pensent et oui, avec un ton impatient, avec une pointe d’urgence, car ils ont besoin de vider leur boîte à penser, maintenant. Imaginez combien ils nous en coûtent, à nous les adultes, pour éviter d’interrompre nos proches lorsque nous avons quelque chose à dire et ce, quand on parvient à se retenir! Alors, soyons indulgents envers ses apprentis des relations sociales et apprenons-leur, par l’exemple, à être patient et à démontrer, par quelques signes que ce soit, qu’ils veulent nous parler sans avoir à utiliser les mots mettant fin abruptement à notre conversation en cours.

Avis à tous mes proches, oui je préfère vous écrire des messages sur le web, que de vous téléphoner, car les mêmes scénarios se produisent!!! Au moins, à l’écrit, on peut savoir une histoire au complet sans pause, car les pauses, ça me rend impatiente, comme un enfant qui veut tout, tout de suite!!! 😉

 Chères familles, je vous souhaite une belle courtepointe de discussions entre amis cet été!

Bonnes vacances à tous!

Être parent, c’est accepter d’être réaliste

Beaucoup d’entre nous sommes devenus parents par choix, de façon délibérée, souvent follement impatients, voire obsédés. Dès le test de grossesse positif, on se voyait déjà avec notre petite famille presque parfaite, lumineuse et avec musique d’ambiance, le gazouillis des oiseaux. Puis, bébé est arrivé amenant avec lui le manque de sommeil et les nombreuses discussions avec monsieur et madame tout le monde sur comment on doit élever notre progéniture, ce que l’on doit faire ou ne pas faire. Les doutes et les angoisses d’être le parent parfait aux yeux des autres nous avait envahit avant même que bébé fasse ses premiers pas. Puis, le temps a passé et on a appris à lâcher prise un peu plus chaque jour, question de survie mental et constatant que bébé allait incroyablement bien! Notre enfant a grandi et pour la majorité d’entre nous, avons décidé d’ajouter un bambin de plus dans la maisonnée. Quoique que notre rêve idyllique de la famille parfaite s’est fait légèrement plus discret dans notre vision de l’avenir, nous avons malgré tout, involontairement, continuez d’y croire. Jusqu’au jour où notre bulle nous a éclaté en plein visage, nous ramenant illico à la réalité brute devant une foule de spectateur à l’oeil critique  et aux doigts graisseux. Nous démenant, une fois de plus, à calmer nos démons d’enfants hystériques et fatigués à quitter ce sanctuaire de la malbouffe en essayant de garder son sang froid et sa tête haute.

La réalité d’être parent est généralement très loin du film que l’on s’était fait dans notre tête au moment où on en était qu’à la conception, même si les parents aux yeux cernés et aux propos parfois déprimants nous avait mis en garde «qu’avoir un enfant c’est merveilleux, mais que ça change une vie et un couple». Avoir des enfants a fait de moi une meilleure personne, plus solide et plus réaliste. Dès que je suis devenue maman, m’a priorité fut mes enfants, tout en essayant de ne pas me perdre de vue. Puis, comme bien des gens, je suis entrée dans la vie routinière de la conciliation travail-famille. La routine, c’est bien, c’est rassurant et on en a besoin, mais…c’est ennuyant! On a parfois l’impression de perdre peu à peu sa vitalité et sa spontanéité. 

 Il y a quelques mois, je me suis aperçue que je n’investissais plus dans mon épanouissement personnel et que faire quelque chose de concret, juste pour moi, me manquait. J’avais l’impression que je n’avais pas de temps à me consacrer et que ma priorité devait être mes enfants. J’ai laissé mijoté le concept quelques temps, puis une idée a refait surface dans ma vie. Et si je faisais un cour universitaire ? Je me suis souvenue qu’apprendre était un plaisir pour moi et que j’aimais m’isoler pour lire et étudier. Je ne me voyais pas quitter la maison après le souper pour aller m’assoir sur les bancs d’école, alors je me suis tournée vers l’université à distance. Donc, depuis janvier j’ai débuté un certificat en psychologie à raison d’un cour par session pour le moment. Tout se déroule bien et j’ai dû apprendre à travailler avec l’agitation coutumière régnant dans ma maison!

Ma famille n’est pas parfaite, tout comme moi d’ailleurs. J’accepte de plus en plus de lâcher prise sur ce que les autres gens pourraient penser, car ce qu’ils pensent leur appartient et que de toute façon, ce qui compte à mes yeux ce sont mes enfants et ce que je leur lègue comme valeurs, en étant un modèle pour eux. Je suis fière du modèle que je leur offre qu’un parent est aussi une personne qui a de nombreux besoins physiques et psychologiques. J’aspire avec eux et mon conjoint à avoir une vie saine, équilibrée et harmonieuse. Est-ce facile ? Pas du tout, je suis et je serai probablement toujours entrain d’essayer d’y parvenir. Je suis réaliste maintenant et je vis un jour à la fois… ou presque. 😉