La nuit porte-t-elle vraiment conseil ?

On connait tous le proverbe « la nuit porte conseil » utilisé par quiconque devant un esprit tourmenté pour l’inviter à aller au lit se reposer afin de refaire le plein d’énergie physique, éclaircir dans sa tête les possibilités/solutions s’offrant à lui devant ses soucis.

Quand je me suis mise au lit la veille, mon corps me faisait encore subir, après quelques heures de douleurs, le fait que j’avais ignoré ses avertissements au profit de tâches ménagères banales, récurrentes, mais essentielles telles que la vaisselle et la lessive. Physiquement, ce n’est clairement pas moi qui avais le contrôle, mais je savais que psychologiquement c’était moi qui étais aux commandes et que c’était à moi de choisir le plan de match pour la suite des évènements.

La meilleure option était d’offrir à mon « adversaire temporaire » ce qu’il réclamait depuis que mes mains avaient terminé de laver les assiettes pleines de miettes de mes fillettes, sans négociation, soit offrir le repos à ce corps me donnant l’impression d’avoir subi une ruée de coups lors d’une bagarre dans une ruelle par des agresseurs fantômes. Je me suis endormie immédiatement, sauf qu’au courant de la nuit, deux situations hors de mon contrôle ont perturbé mon sommeil; mes deux filles qui l’une après l’autre, après un bref retour dans les bras de Morphée, me réclamaient et sollicitaient le déplacement de mon être jusqu’à leur chambre.

Lorsque la musique sonnant le réveil pour mon conjoint et ma fille devant se préparer pour une journée au boulot/à l’école, j’ai eu besoin d’une quarantaine de minutes pour émerger et m’assoir dans mon lit, telle une épave échouée à la fin du jour précédent et constatant, au levé du suivant, que son corps était dans le même état; rien ne s’était amélioré et ayant pour seule consolation qu’au moins rien ne s’était détérioré.

Difficile de débuter une nouvelle journée avec du soleil dans le cœur quand même Dame Nature n’a pas jugé bon de se pointer, ayant même le culot de m’informer via l’appli. Météo Média que ce n’était pas du tout dans ses plans de venir faire acte de présence dans mon coin, car après tout, un nouveau jour n’est pas une raison suffisante de célébrer et répandre ses puissants rayons! ÇA, c’est son opinion, pas la mienne!

Malgré que je sois généralement de nature optimiste, il m’arrive parfois dans des situations comme celle que je vis en écrivant ces lignes, de me sentir envahit par le désespoir, laissant le doute en mes capacités de résilience, d’adaptation, se faufiler et ouvrir la porte de mes craintes refoulées face à l’obtention de la vie que j’ai rêvée par le passé puis modifiée à maintes reprises dans les derniers mois démontrant que je suis pleinement consciente de ma nouvelle réalité et de mon fort désir de m’y adapter. Par contre, tout comme mon corps, mon esprit à ses limites et sur certains aspects, il refuse toutes négociations.

Après cette vague de découragement, mon combattant intérieur, mon véritable allié, depuis le jour de ma naissance prématurée, est venu réitérer sa fidélité et son engagement à combattre avec fierté et dévouement à mes côtés. L’espoir m’a envahi de nouveau, c’est alors que je me suis levé, j’ai salué ma gang, j’ai préparé mon smoothie énergie d’un vert douteux et j’ai trainé mon corps manquant de coopération jusqu’à ma lampe de luminothérapie.

La nuit porte-t-elle vraiment conseil ?

J’aurais tendance à répondre par l’affirmative, à condition d’accepter la présence de son combattant intérieur… et de ses proches bien aimés et bien aimants.

Mon combattant m’a dit, avec un accent français : « Donne m’en cinq » en grimaçant un clin d’oeil, fier de ma décision, brandissant dans les airs sa main prête à recevoir la mienne. J’ai souri et tout en tapant dans sa main, j’ai répliqué :

« Je n’ai pas dit mon dernier mot, tiens-toi bien, on fonce dans la vie nous aussi! »