Une vie zen : Est-ce vraiment ce que je veux ?

Quand je dis zen, ce n’est pas juste faire quelques séances de yoga par semaine, je parle d’un mode de vie complètement calme et serein. La zénitude, sérénitude : 24h/24, 7 jours/7, beau temps mauvais temps…

La vie va si vite. Mais pas moi. Du moins, plus maintenant, selon les réactions de mon corps et de ma tête. Par contre, mon coeur et mon âme semblent d’avis contraires; ils vagabondent sans cesse dans tout mon être, à la recherche d’une issue, mais il n’y en a pas!

À l’intérieur de moi, ça rugit comme un lion prêt à attaquer sa proie et ça gronde comme le tonnerre qui se déchaîne et dont nous ne pouvons ignorer la prestance. Ça tremble aussi, comme un tremblement de terre de faible intensité, avec de petites fluctuations de temps à autre, et ce depuis très longtemps. En fait, du plus loin que je me souvienne pour être bien franche!

Tout mon être semble confus, peut-être même en désaccord sur la tangente à prendre afin que mon corps, ma tête, mon coeur et mon esprit soient en parfaite harmonie, en équilibre, en homéostasie.

J’ai besoin de bouger, de laisser courir mon lion dans la savane; de permettre à mon énergie de se libérer, mais mes muscles sont comme les chaînes d’un pont-levis lorsque le gardien aperçoit l’ennemi, elles se rétractent et l’envahisseur frappe un mur.

J’ai besoin de me détendre, de prendre de grandes bouffées d’air frais… Mais le tonnerre qui m’habite préfère de loin la musique rythmée, expressive et explosive, que le chant des baleines du sud de la Californie. Alors, après quelques minutes à me faire à croire que dans une autre vie je devais probablement être une moniale bouddhiste, ne parvenant plus à me retenir davantage, je laisse échapper un soupir qui en dit long sur mon niveau d’impatience. Puis, je me relève en maudissant mon être d’être aussi immature en entretenant une vieille querelle dont j’ai l’impression qu’aucune des parties en cause ne se souvient du quoi, où, quand, comment et surtout, POURQUOI ils en sont arrivés là…

Il y a de fortes chances que vous aussi vous ayez oubliés quelque chose… Mais de quels «partis en cause» parle-t-elle ? Je parle de mon corps, ma tête, mon coeur et mon âme!

Au fond de moi, je sais que c’est à moi que revient le mandat d’agir à titre de médiatrice entre ces divers partis; de les écouter, de leur faire des propositions, de leur apprendre à faire des compromis, sans maugréer… Difficile à faire et vachement épuisant par moment, surtout quand chacun dit ce qu’il pense en faisant fi des conventions usuelles de politesse.

Bref, dans ce tumulte intérieur, je me demande sincèrement comment devenir une personne sereine, zen et inébranlable devant l’adversité.

Peut-être aussi que cette façon de vivre (sérénitude / zénitude) au jour le jour n’est tout simplement pas faite pour moi… En fait, j’en suis certaine, car ça ne respecte pas le besoin de certaines parties de mon être…

Et si je faisais fausse route en ce qui concerne ma vision de ce que c’est «être zen»?

Après tout, mon image d’un Yogi vêtu de blanc et s’enfilant une ligne de rayon de soleil chaque matin, lors de son levé, buvant que de l’eau pure de l’Himalaya, mangeant que luzerne et tofu, et s’adonnant à une séance de yoga matin, midi et soir me semble quelque peu exagéré…

Bon, j’sais ben que ce que j’ai écrit n’était que pure fiction, mais c’était ma façon de représenter l’intensité poussée à l’extrême que certaines personnes en déroute peuvent choisir comme mode de vie survie. Et moi, je ne veux pas «survivre» à ma vie, je veux la VIVRE!

Pour moi, zen, c’est être bien, être serein. J’ai regardé la définition de sérénité, sur Larousse.fr:

« État de calme, de tranquillité, de confiance sur le plan moral. ».

Peut-on réellement être, en permanence, dans cet état ?

Moi personnellement, je n’y crois pas.

Ce qui capte mon attention dans la définition, c’est « confiance sur le plan moral », donc avoir confiance en soi, en ses capacités… Si on réussit à avoir une véritable confiance sur le plan moral, nous devrions, selon ma logique du moins,  nous sentir en sécurité, donc de ne pas être en mode « survie », alors d’être en mesure de prendre le temps de chercher diverses suggestions et solutions qui sont à notre portée.

À partir de là, pour une vie saine et adaptée à nous, à nos besoins, on peut piger, tel un menu à la carte, une idée, un concept qui nous interpelle, ici et là, un peu partout, sans se restreindre à une seule proposition. Notre vie ressemblera peut-être à un repas gastronomique cinq services ou encore, à un véritable buffet!!!

En y réfléchissant bien, la sérénité (ou la zénitude) c’est quand on se sent profondément bien, paisible, en paix avec soi-même et j’oserai même dire léger. Puis, ce qui nous procure cet état de bien-être est propre à chacun de nous. Chacun à sa propre recette: ingrédients spécifiques, quantités uniques. Les grands chefs disent, il me semble en tout cas, que c’est important de connaître ses bases en cuisine, mais qu’il faut aussi user d’intuition, de créativité et d’audace pour inventer un plat aux saveurs incroyables. Cela s’applique aussi à la vie…

Et la mienne, je la veux colorée et rafraichissante, avec des pauses « thé vert, livres ouverts et contemplation de l’univers »!

Et toi, ta vie, tu la veux comment ?